C'est l'automne de Gilles Lellouche. Un an après Le sens de la fête, il revient avec L'amour est une fête, aux côtés de son fidèle partenaire Guillaume Canet. On le verra aussi dans le prochain film de Jeanne Herry, Pupille. Il a aussi tourné Zone Franche, comédie de Mohamed Hamidi, et Nous finirons ensemble, le nouveau Canet, suite des Petits mouchoirs. Mais c'est surtout avec le grand bain dont il est seulement réal, et où Canet fait partie du casting, qu'il frappera fort dès octobre.



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LE TALENT NE DORT JAMAIS





The Goonies, film pour ados des années 80, réalisé par Richard Donner et produit par Steven Spielberg, marque les premiers pas de l’acteur Josh Brolin au cinéma. Il devient, à 17 ans, le « grand frère » d’une joyeuse bande de garçons pré-pubères partant à l’aventure d’un trésor caché. Le succès est au rendez-vous et le film traverse le temps pour devenir culte. Fils de l’acteur de second plan James Brolin, beau-fils de Barbara Streisand et futur mari de Diane Lane, Josh, enfant du show business malgré lui, aura mit vingt ans pour imposer son jeu, sa « gueule » et son charisme à Hollywood. Cet amour de la comédie se dessina, comme c’est souvent le cas, au lycée, lorsque le jeune Brolin décroche un rôle dans une adaptation d’Un Tramway nommé désir. Le virus s’insémine profondément pour ne plus le quitter.
Si son parcours, entre éloignement volontaire et persévérance de rigueur, fut chaotique, il exprime le travail d’un artiste bien dans ses bottes se bonifiant avec le temps. Un peu comme le bon vin…

Du théâtre, de la série B et beaucoup de persévérance…
Peu après les Goonies, Josh Brolin enchaîne quelques films générationnels sans grande envergure et s’essaye à la télévision. Rien de transcendant, si ce n’est qu’il tient le premier rôle des séries Private Eyes (1987 à 1988) et L’équipée du Poney Express (1989-1992) où il interprète la légende de l’Ouest, James Butter Hickok. Cette situation, bien que confortable, ne dure pas et, à la surprise générale, il décide de s’éloigner peu à peu du cinéma comme de la télévision pour tenter l’aventure du théâtre. Il crée en 1990 le Reflections Festival au GeVa Theatre de Rochester dans l’état de New York. Cinq ans d’une expérience enrichissante formant le jeune Brolin aux planches, à la mise en scène (« Songe d’une nuit d’été », « les Sorcières de Salem »…), à la rigueur du jeu en live. Cette formation lui aura permis d’enrichir son expérience d’artiste, nécessaire pour acquérir l’assurance qui lui manquait pour revenir au cinéma.

La reprise, en 1994, n’est pourtant pas étincelante. Josh Brolin enchaîne les tournages sans se démonter, tourne The Road Killers avec Christophe Lambert (1994), Gang in blue de Melvin & Mario Van Peebles (1996) et nous offre deux seconds rôles remarqués dans Flirter avec les embrouilles de David O’Russell (1996) et Mimic de Guillermo Del Toro (1997). La suite n’est pas au beau fixe puisqu’il enchaîne désillusions artistiques comme publiques. Rien n’y fait, Brolin semble abonné aux séries B et autres navets de circonstance (Slow Burn, Coastlines, D.C. Smalls…). Seul Hollow Man de Paul Verhoeven (2000) redresse un peu la barre mais reste très en deçà des œuvres précédentes du cinéaste néerlandais.

Enfin sur le devant de la scène…
Les années 2000 marquent un véritable tournant dans la carrière de cet acteur talentueux qui aurait pu enchainer sans fin séries B, shows TV où autres apparitions éclaires dans quelques films de renoms. Une série qui fait « couac » (Mister Sterling, 2003) et quelques errances filmiques plus tard, le ténébreux Brolin reçoit l’« invitation » de Woody Allen pour un petit rôle dans Melinda et Melinda (2004), saute à l’eau dans un thriller aquatique avec Jessica Alba et Paul Walker (Bleu d’enfer, 2005) puis incarne avec brio le personnage d’un mac dans le très remarqué The Dead girl de Karen Moncrieff (2006). Les rôles s’épaississent enfin faisant de Brolin un second rôle de plus en plus demandé. L’année 2007 sera son année. Il était temps, Josh a 39 ans. Ses choix, toujours judicieux, surfent sur le courant parfois hasardeux du film d’auteur américain avec têtes d’affiche. Médecin de nuit dans le jouissif Planète Terreur de Robert Rodriguez (2007), flic ripoux mémorable dans American Gangster de Ridley Scott (2007), participation au long-métrage de Paul Haggis (Dans la Vallée d’Elah, 2007). Le pari semble définitivement gagné lorsqu’il tape dans l’œil des frères Coen. Conscients du potentiel, les frérots lui offrent le rôle principal dans No Country for Old Men au côté de Javier Bardem. Son personnage, un ancien vétéran du Vietnam poursuivit par un tueur à gages sans pitié, dégage une intensité dans l’urgence parfaite comme contrepoint au personnage implacable joué par Bardem. Le film, triomphe du genre, lui permet d’atteindre la reconnaissance du public, de la critique et de ses pairs. Le cinéaste Oliver Stone voit tout de suite en lui un formidable George. W. Bush et l’engage pour qu’il interprète, en 2008, le 43e président des Etats-Unis dans W. – L’improbable Président. En sortant de la caricature facile, il donne une vérité tragique au personnage. Suffisant pour Gus Van Sant qui en fera son Dan White dans Harvey Milk (2009). Le constat est sans appel : il tourne avec les plus grands cinéastes américains, ne surjoue jamais, se confronte à Tommy Lee Jones, Javier Bardem, Sean Penn, Denzel Washington, Russel Crowe… et obtient une nomination méritée pour l’oscar du meilleur second rôle dans Harvey Milk.

Installé, reconnu et demandé, Josh Brolin croule sous les projets. Il aurait tort de s’en priver, surtout qu’il n’est pas prêt à changer de recette. Présence au casting des derniers films de Woody Allen (You Will Meet a Tall Dark Stranger, 2010) et des frères Coen (True Grit, 2010), il monte les marches au festival de Cannes 2010 pour sa participation au Wall Street 2 d’Oliver Stone. Première oblige, il devient à 42 ans, tête d’affiche d’une adaptation d’un super-héros estampillé DC Comics avec Johan Hex. En cas de succès, il changera une nouvelle fois de registre pour devenir un acteur « bankable » et pas seulement le mec qui joue très bien les salaud ou les paumés. Sa présence, annoncée mais pas encore certifiée, dans le Men in Black III de Sonnenfeld avec Will Smith démontrerait, si elle se confirme, le chemin parcouru par ce fils d’acteur aujourd’hui incontournable.

geoffroy


 
 
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