Sara Forestier passe derrière la caméra pour son premier long métrage M, un film bancal, imparfait, naïf, fragile mais empli d'une irrépressible envie de faire du cinéma. La jeune comédienne a fait du chemin depuis L'Esquive et son prix de jeune espoir féminin en... 2004.



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LE BEAU BRIDGES





Il n’y a pas de hasard. Que Jeff Bridges obtienne le plus de prix avec un film intitulé Crazy Heart semble évident. Etalon sauvage du cinéma américain, l’acteur trimballe sa grande carcasse depuis plus de 40 ans. Un brin sauvage, jamais blasé, il n’a jamais arrêté de travailler, mais n’a pas, non plus, atteint le statut de star « bankable », malgré ses inombrables nominatons aux Oscars (dès son premier film !), ses quelques énormes succès, et surtout son grand talent.

Jeff Bridges. Beau gosse. Fidèle, en amitié comme an amour. Cool. Et pas que dans l’attitude. Idéaliste. Un grand duc. Pas seulement chez les Coen. Un acteur capable de tout jouer, dans des films de tous les genres. Du thriller à la science-fiction, du Western au mélo, de la comédie au drame psychologique. Il a d’ailleurs été Prince et ami d’un clochard, anarchiste et pilote de course, boxeur et pianiste, cambrileur et entrepreneur optimiste, survivant et extra-terrestre, Président et chanteur country, … L’acteur est à chaque fois convainquant.

Cela tient à son jeu. Minimaliste, intérieur, loin de la méthode Actor’s studio. Il préfère l’approche naturelle, à l’opposé des stars qui explosent dans les années 70 : Hoffman, De Niro, Pacino… S’il est reconnu par ses pairs, le fait de ne pas faire le show joue contre lui. Il est longtemps sous-évalué, entretnant involontairement l’image d’un acteur culte, un secret qu’on se garde entre cinéphiles.

Car Jeff Bridges tourne avec des monstres sacrés de la mise en scène. John Huston, John Frankenheimer, Bob Rafelson, Robert Benton, Michael Cimino, John Carpenter, Hal Ashby, Sidney Lumet, Francis Ford Coppola, Alan J. Pakula, Peter Weir, Terry Gilliam, Ridley Scott, Albert Brooks… Impressionnante liste qui l’a aussi rendu populaire et respecté, durant plus de 40 ans. Du Saturday Nigh Live (en 1983) aux différents hommages de l’American film Institute où il est invité pour célébrer l’un de ses multiples amis, Jeff Bridges n’a jamais connu de traversée du desert. Sans doute parce qu’il vole des scènes aux « plus grands », ce qui en fait, aussi, un second-rôle de choix. Mais pas une star. Plutôt anti-héros que super-héros. Il le reconnaît : en n’interprétant aucun gros bras sauvant le monde, et en privilégiant la variété des styles de cinéastes ou des rôles à la quantité de dollars. Jeff aime déstabiliser le public en faisant des virages à 90 degrés entre deux films. Il en a refusé des « hits ». De Rambo, à Speed, de Voyage au bout de l’enfer à Liaison Fatale, de Love Story aux Dents de la mer. On pourrait aussi citer Totall Recall, Officiers et Gentleman, Indiana Jones et les Aventuriers de l’Arche perdue, Tequila Sunrise… Sans compter les chassés-croisés avec son grand ami Nick Nolte. Ils ont auditionné tous les deux pour Apocalypse Now (capitaine Willard) et tous deux furent considérés pour le duo/duel de Heat. Bridges reçu même la proposition de jouer dans 48 heures… que Nick Nolte accepta. Bridges n’est pas une star. Aussi, même quand les cinéastes le choisissent, le studio en impose un autre. Ce fut le cas L’armée des 12 singes où Bruce Willis lui prit le job. Ou encore Escape from New York qui échoua finalement à Kurt Russel, un de ses grands amis

Mais dès ses débuts, il donne le ton. Celui d’un acteur libre. Son premier rôle de cinéma, l’ironiquement nommé The Last Picture Show, lui permet de jouer un personnage aussi imprudent qu’imprévisible. Cela lui collera à la peau. Pourtant, le jeune Bridges prend son métier en dilettante. Le cinéma n’était qu’une de ses occupations. « Un caprice. » Car Mister Bridges est un artiste complet. Chanteur, musicien, dessinateur, peintre, photographe… Il a commencé à prendre des clichés sur les plateaux, entre deux scènes, dans les années 80.

Depuis The Iceman Cometh en 1973, il prend du plaisir à jouer. Et avec le temps, appréciera les répétitions, qui aujourd’hui font partie de ses revendications pour un tournage. Il compose des personnages marquants et attachants dans un cinéma d’auteur américain en pleine renaissance. Toujours un peu à la marge, il est trop jeune ou pas assez « sécurisant ». L’homme préfère vivre, fumer des cigares, jouer de la guitare, s’occuper de ses actions humanitaires..

Il minimise beaucoup son talent. « Jouer c’est surtout prétendre. » De même il réfute le fait d’avoir été sous-estimé. Il pense, au contraire, qu’il a été très chanceux. Durer c’est le plus rare dans ce métier. Avec le temps, son visage, son sourire narquois, son regard en coin,son charme inaltérable ont marqué nos esprits.

Starman irrésistible. Il peut-être charismatique et perpétuellement optimiste en constructeur automobile (Tucker). Ou pianiste séduisant et succombant à sa chanteuse vénéneuse (Susan et les Baker Boys. Animateur radio cynique en voie de rédemtion aux côté d’un poète (The Fisher King). Un passager d’avion survivant à un crash qui se croit éternel au point de défier son allergie aux fraises (Fearless). Un pirate de jeux vidéos (Tron) ou l’ennemi juré d’Iron Man. Chanteur en pleine déchéance (Crazy Heart) ou le vibrant rival de King Kong. Se retrouver en slip la tête dans les chiottes, ou, tout aussi dignement, père rockeur et drogué.

Jeff Bridges a cependant tort quand il croit que le public ne peut pas l’identifier à un rôle, un personnage. Ce qui expliquerait son statut permanent de médaillé d’argent, d’outsider triomphant. Il y en a qui vient immédiatement en tête. Le Dude. Ce « plouc » californien et shooté aux joints inventé par les déjantés Fr ères Cohen. The Big Lebowski, ou l’histoire d’un glorieux losers faisant l’amour avec une Walkyrie (rousse). Le mec le lus proche de Bridges. « Beaucoup de ses fringues sont les miennes. Les sandales en plastique aussi. »

Mais, même avec ce look de beauf, Bridges reste le plus beau.

vincy


 
 
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