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THE LUCKY ONE





Elle a un charme dévastateur, la petite canadienne. Une maturité qui sied bien aux mélos et aux drames psychologiques, une fraîcheur encore juvénile qui la met à l’aise dans les comédies ou les films d’action. Toujours un zest cérébrale dans ses rôles. Un peu précoce. Elle joue Shakespeare à 13 ans. Issue d’un milieu modeste, rien ne la prédestinait au conte de fée hollywoodien.

Pourtant tout démarre très vite. Après quelques rôles au début des années 2000, elle enchaîne deux succès radicalement opposés. Lolita malgré moi, une comédie un peu incorrecte, et le mélo à l’eau de rose, vénéré ou détesté, N’oublie jamais, font mouche au box office. Son baiser sous le déluge avec le beau Ryan Gosling reste d’ailleurs imprimé dans les mémoires. Rachel McAdams est vite remarquée. Elle n’a rien d’une bimbo, ni d’une torturée. L'actrice a un bagage solide mais n’a pas eu trop à galérer dans des films honteux ou ignorés. Elle déboule dans un jeu de quilles où les élues sont nombreuses, d’Anne Hathaway à Amy Adams, de Scarlett Johansson à Keira Knightley, sans oublier la génération d’avant encore bien accrochée.

Après les sirènes hollywoodiennes la formatent un peu. Là où, délirante, elle nous emballe dans l’énorme hit Serial Noceurs (on ne le dira jamais assez, ce film met en valeur les femmes et pas les deux mâles au premier plan), on l’oublie durant deux ans malgré sa présence dans quatre films. Pourtant pas anodins comme Red Eye, un Wes Craven sous tension où son visage expressif fait des merveilles. Elle ne simule même pas, frappant vraiment son partenaire, grimaçant réellement en buvant une boisson trop froide. Ce côté naturel, frais, la rend forcément cinégénique. Rachel sait ce qu'elle veut cependant. Ne pas s'enfermer dans un genre. Capable de jouer une femme au bord de la crise du nerf dans une comédie a priori consensuelle. Ou une femme soldat, qui a des couilles mais aussi surtout pas mal de failles, dans The Lucky Ones. Elle préfère jouer un drame comme Married Life, avec l’ex-James Bond Pierce Brosnan que d’accepter le rôle de Vesper Lynd (finalement joué par la vénéneuse Eva Green) dans le nouveau 007 de l’époque, Casino Royal. Elle ne fait que prouver, choix après choix, que son talent s’adapte à tous les genres. Séductrice ou intello, romanesque ou comique, elle est capable de varier ses nuances et de rendre crédible très rapidement un personnage, surtout quand elle est face à des grosses pointures.

Et en 2009, elle a eu des partenaires de choc. Russell Crowe, Eric Bana, Robert Downey Jr. Trois films qui font explosé sa côte et qui la propulse « Meilleure actrice» par les exploitants américains, quatre ans après avoir aflé le même prix en tant que second-rôle. Un thriller politique trépident, Jeux de pouvoir, où en journaliste novice, elle montre qu’elle a du chien. Un mélo fantastique et romantique, Hors du temps, où en épouse patiente, elle révèle une sensibilité craquante. Ironiquement le rôle a failli être destiné à Eva Green. Un divertissement rythmé, Sherlock Holmes, où, même en retrait, elle prend un plaisir visible à s’amuser (elle a effectué la plupart de ses cascades). Ce dernier film est un carton mondial. Et conforte sa place parmi les 100 femmes les plus sexys du moment depuis quelques années.

Rachel aime les histoires qui font pleurer car elle pleure en les lisant. Elle aspire à travailler avec de grands cinéastes, mais veut éviter de se mettre la pression. Elle pèse 4 millions de $ par films mais reste ancrée au Canada. Etoile montante, elle va miser gros sur Morning Glory, film dont elle a le premier rôle, face aux vétérans Harrison Ford et Diane Keaton. Et normalement elle sera l’héroïne du prochain David Fincher, Ness. Rachel McAdams a l’avenir devant elle…

vincy


 
 
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