Ryan Reynolds continue son parcours de héros décalé, passant du jouissif Deadpool au fantasque Pikachu dans l'univers Pokémon. C'est le seul capable de rivaliser avec l'indétrônable Avengers pour le moment. Reynolds est attendu chez Michael Bay et Shawn Levy, dans The Hitman's Wife's Bodyguard et Deadpool 3. Une carrière résolument populaire entre comédie et thriller qui en fait l'acteur le plus cool du moment.



Edouard Baer
Leïla Bekhti
Claire Burger
Tim Burton
Michael Caine
Guillaume Canet
François Civil
Suzanne Clément
François Cluzet
Kevin Costner
Marion Cotillard
Russell Crowe
Catherine Deneuve
Chris Evans
Colin Farrell
José Garcia
Eva Green
Chris Hemsworth
Jonah Hill
Scarlett Johansson
Milla Jovovich
Robert Downey Jr
Michael Keaton
Nicole Kidman
Keira Knightley
Brie Larson
Gilles Lellouche
Barbara Lennie
Julianne Moore
Lupita Nyong'o
Marisa Paredes
Benoit Poelvoorde
Ryan Reynolds
Mark Ruffalo
Niels Schneider
Alexander Skarsgard
André Téchiné
Simon Yam



Brigitte Bardot
François Truffaut
Gérard Lanvin
Sophie Marceau
Kirsten Dunst
Keanu Reeves
Ryan Gosling
Johnny Depp
Penelope Cruz
Leonardo DiCaprio




 




 (c) Ecran Noir 96 - 19



© EuropaCorp Distrib.   







 Coeurs transis ou coeurs brisés, en
 un clic fixez sa cote.
 
Votes : 227Cote : 62 %


 
YOLANDE OF FREEDOM





Deux fois césarisée, et des cachets limités à 50 000 euros. Il y a une énigme autour de Yolande Moreau. Adorée, culte, drôle, triste, loin du glamour, authentique, la comédienne est un personnage, un de ces caractères trempés qui peuvent être une gueule à second rôle autant qu’une vedette de films d’auteur.

La cinquantaine bien mûre, elle a d’abord joué les prolos, rolex montre replique boulangère ou patronne de PMU. La faute à Varda qui l’a amenée au cinéma, en jouant une bonne dans un court métrage puis dans Sans toi ni loi. Elle continue d’ailleurs à jouer de temps en temps cette classe moyenne voire asservie, comme concierge ou préposée à la Poste.

Mais elle s’est anoblit : sorcière, reine, comtesse, bourgeoise ou conservatrice de musée. Désormais il y a une deuxième grande Moreau dans le cinéma français. La Yolande.

Une femme belge qui vient du One Woman Show. Sale affaire, du sexe et du crime est créé en 1982. Spectacle improbable où à la fois mime et clown, actrice et humoriste, elle séduit au fil des tournées la France entière. Cela conduira à ce film expérimental improbable et jouissif : Quand la mer monte… Premier César. Le décalé, elle en a fait son affaire. Elle était cancre mais vénérait la poésie. Capable de faire rire en pleurant à l’écran. Apte à faire passer toutes les subtilités de l’humanité même en odieuse criminelle. Elle vit à la Campagne, elle vit simplement. Marié, maman, grand maman même, Yolande Moreau cultive son potager, comme tout ce qu’elle fait, délicatement.

Son corps de géante, rond et massif, entraîne tout le reste. Son visage aux multiples expressions peut glisser de la joie à la tristesse. Mais elle vise plutôt le bonheur. Elle accepte d’être en dehors des sentiers battus, mais refuse de connaître le caniveau.

A la fin des années 80, après des années de théâtre pour enfant, de participations et figurations, Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff la découvrent et l’invitent dans la troupe de Lapin chasseur. Tout se déclinera en format petit écran, et grosse audience, sur Canal +, dans la série Les Deschiens, portrait acide de la France profonde.

Dans la foulée, elle devient Mme Wallace dans Le fabuleux destin d’Amélie Poulain. Tout le monde la remarque. Sa part dramatique et romantique est mise en lumière. Des auteurs comme Dominique Cabrera, Brigitte Roüan, Catherine Breillat, Albert Dupontel, Costa-Gavras ou Joann Sfar sont conquis par cette apparence du délire qui masque l’humilité de la tragédienne qui est en elle.

Yolande Moreau est surtout libre, surtout à ce tarif, replique montre panerai de choisir les films dont elle a envie – même si les budgets sont casse-gueule – ou d’écrire les projets qui lui tiennent à cœur. Dans Quand la mer monte… elle vadrouillait, bricolait, mais son exigence et son envie d’aller chercher le public illuminaient les zones d’ombres. Elle a gardé son sourire de gamine.

Pourtant, en elle, brûle une foi dans son métier. Qu’elle soit une Louise tueuse de capitalistes ou une Séraphine peintre enfermée dans sa folie, la comédienne n’est jamais caricaturale. Son jeu est plutôt impressionniste, par petites touches, par gestes.

Inconditionnelle de Bukowski, grande lectrice, elle n’en oublie pas les mots. Le plaisir gourmand d’un texte. « Je suis pas une littéraire » prévient-elle pourtant. « Je fonctionne à l’instinct. Ma rencontre avec Jérôme Deschamps, c’est après une photo dans Libé. Je préfère écrire en images. »
Et les images qu’elle aime sont celles d’un Kaurismaki, à la marge, coloré, triste, passionnel, déjanté, rock. Un reflet déformant de ce qu’elle symbolise désormais au cinéma. Elle est un emblème de notre époque où le cynisme est conspué et l’humanisme idéalisé.

L’humain, voilà le matériau qu’elle préfère. La monstruosité et la beauté qui s’en dégagent. Ni star inaccessible, ni simple comique de proximité, Yolande Moreau, en bonne héroïne loachienne, est une grande dame débonnaire et généreuse, préférant un coup de cœur à un salaire disproportionné. Une résistante au système, en quelques sortes. C’est dans l’air du temps.

vincy


 
 
haut