Guillaume Canet ne savait rien du scénario et a du improviser durant six jours pour interpréter le rôle d'un père devenu fou pour retrouver son Garçon. Après le succès correct de Rock n'Roll, le cinéaste retrouve ainsi le plaisir de jouer: on l'attend chez Gilles Lellouche, Cédric Anger et Olivier Assayas.



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AN ACTOR METHOD





Les cinéphiles ont connu Michael Fassbender dans le rôle de Bobby Sands, terroriste irlandais incarcéré dans le film choc Hunger, qui ouvre Un Certain regard. La plupart du temps à poil dans ce film dénonçant les tortures infligées aux prisonniers de Maze au début des années 80, sa prestation est surtout remarquée pour les 40 dernières minutes du film : un corps qui maigrit jusqu'à n’avoir que les os sur la peau. En grève de la faim, on le voit épuisé et dévitalisé. Son squelette saillant, son ventre creux, sa peau meurtrie font le reste.

Car pour comprendre Fassbender, il faut observer son corps. Quand il lit un scénario, il imagine le mouvement de son personnage. Il le modèle, le sculpte, l’exhibe. Son corps est son instrument. Qu’il soit musclé, en costume, amputé, à poil, rigide, Fassbender le rend charismatique. Quelque soit le genre de film : car il joue aussi bien dans des blockbusters saignants que dans des mélos larmoyants. Il attire particulièrement les rôles adultérins. L’acteur aime les personnages ambivalents, tel un prince charmant (en apparence) incapable de résister à ses pulsions. Fassbender pourrait jouer les héros, mais les tourments (ou l’accent) le trahissent. Chez lui, le silence peut ainsi être une force de résistance ou une digue qui prend l’eau. De même, la parole peut le condamner ou le sauver. Il aime la musicalité des mots. Il apprécie la musique, tout court. Il se rêvait chanteur de rock dans les années 60 : le déhanchement et les cris. Il n’est jamais aussi à l’aise que lorsqu’il descend aux enfers, que ce soit en prison ou à New York, dans la Grèce antique ou à la sortie de l’holocauste.

Quand Hunger sort, le comédien n'est pas tout à fait inconnu du grand public. On l'a vu dans 300, le péplum sanglant de Zack Snyder et dans Angel, le mélo romantique et kitsch de François Ozon. Cet Irlandais, la trentaine magnifique, né en Allemagne et ayant grandit en Irlande, vient des planches, où il a même produit, mis en scène et joué une version de Reservoir Dogs. Il a tenu aussi le rôle de sergent dans la série "Frères d'armes", produite par Tom Hanks et Steven Spielberg. On a pu aussi l'apercevoir dans un pub pour une bière brune irlandaise. Loin du romanesque Heathcliff dans Les hauts de Hurlevents, où il donne la réplique à Natalie Portman, il enchaîne les thrillers horrifiques : Town Creek, avec la gloire montante Henry Cavill, de Joel Schumacher ou Eden Lake, avec la séduisante Kelly Reilly, de James Watkins.

Mais c’est de nouveau à Cannes qu’il fait sensation. La coqueluche du festival 2009 c’est lui. Amant ordinaire, mais mystérieux et magnétique, dans le très beau Fish Tank d’Andrea Arnold. Et Lieutenant britannique infiltré dans la Wehrmacht dans le très populaire Inglorious Basterds de Quentin Tarantino. Pour étaler son talent, il n’y a pas mieux que ce grand écart. On lui pardonnera donc ses autres écarts dans Centurion, péplum insipide où, ce coup-ci, il est en tête d’affiche, ou dans Jonah Hex, navet fantastique malgré son casting étoilé.

Il perce en 2011. Son physique s’affirme. Son jeu mûrit. Ses choix le consolident. Il est le dérangé Magneto dans X-Men : le commencement, gros hit mondial, face à James McAvoy, l’autre grande révélation du cinéma britannique de ces dernières années. Il incarne le rival de Freud, Carl Jung dans A Dangerous Method, œuvre clinique de David Cronenberg. Et surtout, il retrouve le réalisateur Steve McQueen pour Shame. Un addict au sexe. Une drogue destructrice. Il se met à nu et transcende le film. Incandescent, il remporte le prix d’interprétation au Festival de Venise.

Michael Fassbender est désormais courtisé par les plus grands. Steven Soderbergh l’engage pour Haywire, un thriller d’action. Ridley Scott en fait la star de Prometheus, le prequel d’Alien. En attendant qu’il recroise le chemin de Steve McQueen avec Twelve Years of Slave.

Il continue d’explorer ainsi ses multiples facettes. Captant chacun des reflets sous la lumière des projecteurs. Et cherchant à comprendre la part d’ombre qui les nuance. De la même façon, il apprécie la vie hors des plateaux. Il a bien compris qu’Icare s’était brûlé les ailes, attiré et aveuglé par le soleil. L’instinct fait le reste.



vincy


 
 
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