A 55 ans cette années, Benoit Poelvoorde continue de surprendre. Après Au poste! et Le Grand bain en 2018, le comédien ne va plus quitter les cinémas cette année. Cette semaine il est dans Deux fils, premier long de Felix Moati. Mais on l'attend aussi dans Raoul Taburin de Pierre Godeau, Adoration de Fabrice Du Welz et Venise n'est pas en Italie d'Ivan Calbérac.



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BLUNT AMBITION





C’est “la meilleure jeune actrice avec laquelle j’ai travaillé depuis un moment, peut-être depuis toujours”, déclarait Meryl Streep à son sujet.
En 2006, la première assistante du diable qui s’habille en Prada volait malgré elle la vedette à sa consoeur et amie, Anne Hathaway, accumulant les nominations et les éloges pour sa performance en esclave de la mode snob et revêche, un brin pathétique, totalement hilarante.
Déjà, avec sa toute première apparition sur les grands écrans, Emily Blunt (aucun lien avec le chanteur à la voix suraiguë) avait conquis un certain public. Pawel Pawlikowski a écumé les castings, écoles et cours de théâtre d’Angleterre pendant huit mois avant de dénicher les deux interprètes principales de My Summer of Love, petit bijou de cruauté languide qui raconte une passion entre deux adolescentes livrées à elles-mêmes dans la province anglaise. Co-révélation de l’année 2004 avec Nathalie Press, Emily Blunt y incarne une Tamsin à la fois froide et sensuelle, fragile et manipulatrice, complexe et fascinante.

Son amour du jeu est sincère et les sirènes des cocktails mondains et de la presse people passent au second plan. Aussi la voit-on peu s’afficher dans les soirées. Peut-être parce qu’elle doit sa vocation à une souffrance qui la prédestinait difficilement au métier d’actrice. Enfant, elle dut lutter contre un bégaiement terrible qui lui rendait toute réelle conversation impossible. Avec tout ce que cela implique : la frustration de ne pouvoir exprimer ce qu’elle est, l’introversion, la solitude. Jusqu’à ce qu’un professeur particulièrement bien inspiré l’encourage à s’inscrire au cours de théâtre et lui propose en guise d’exercice d’adopter un autre accent. C’est la révélation. En changeant de peau, Emily remporte une victoire immédiate sur elle-même et gagne, à douze ans, une passion pour les planches. Et comme elle est douée, le reste vient tout seul.
Deux ans avant de passer ses A-levels (équivalent britannique du baccalauréat), elle entre à l’école Hurtwood House, connue pour prodiguer les meilleurs cours de théâtre du pays. L’année qui suit, elle est sélectionnée pour jouer dans une pièce au festival d’Edinburgh de 2000. C’est là que celui qui deviendra son agent la remarque et décide de la prendre en charge. Elle a dix-sept ans, sa carrière est lancée. Un an plus tard, elle donne la réplique à Judi Dench et reçoit le Evening Standard Award de la révélation théâtrale féminine. Suivent quelques pièces, dont Roméo et Juliette, puis elle se tourne vers le petit écran, avec des choix heureux (Henry VIII) et moins heureux (l’outrancier Boudica), avant de faire son entrée dans le monde du cinéma indépendant avec My Summer of Love.

Pour sélectionner ses rôles, elle sait privilégier la curiosité à l’importance dans la hiérarchie du casting. Après Le Diable s’habille en Prada, elle intègre la prestigieuse distribution de La Guerre selon Charlie Wilson pour un rôle très secondaire. Elle s’essaye à divers genres mais les films qu’elle choisit ne lui rendent pas toujours hommage. Ainsi, elle s’égare dans un thriller aux allures de teen movie (Wind Chill), incarne une psychotique dans Irresistible, plonge dans les abîmes émotionnels d’une prof de français rongée par un désir coupable (The Jane Austen Book Club), prête son visage à une reine d’Angleterre dans l’anecdotique The Young Victoria et joue les demoiselles en détresse dans le très décevant Wolfman. De ses derniers films, on retiendra surtout Sunshine Cleaning, sympathique fantaisie macabre et comédie sociale.

Karine


 
 
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