Cate Blanchettréélue présidente. mais cette fois-ci elle le sera à Venise et non pas à Cannes. En attendant de la voir dans Bernadette a disparu de Richard Linklater et dans les séries tv Mrs America et Stateless... On l'attend aussi dans le prochain Guillermo del Toro, Nightmare Alley. Bref, la grande Cate a du temps. Venise est un agréable passe-temps.



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Le sang est mélangé. La peau n’a pas de couleur. Rosario Dawson peut se revendiquer africaine et noire, antillaise et latino, indienne, irlandaise et bien américaine. A 29 ans, elle s’est fait une spécialité de jouer les garces, les pécheresses, les filles politiquement pas correctes, se déhanchant avec jubilation et sortant la langue à la moindre occasion. Son allure de tigresse, son sourire carnassier, son cocktail détonnant de comportement désinhibé et de féminisme exacerbé rendent animal chacun de ses rôles. Enfin ceux que le grand public connaît. Car Dawson alterne petits films et gros blockbusters, personnages dramatiques et séries B de genre. Douée pour le chant, la danse, - d’ailleurs son jeu s’en ressent tant il est subtil dans le mouvement et la gestuelle – cette métisse a eu une enfance plutôt précaire, entre squats et divorce de ses parents.

C’est le cinéaste indépendant et culte, expert en portraits d’adolescents, qui la repère. Elle rentre donc dans le milieu du cinéma par la porte du cinéma le plus en marge des grands circuits, mais pas des grands festivals. Kids aura été le déclic. De là elle va apprendre son métier. Son charisme, on ne peut pas dire qu’elle est plastiquement belle mais elle allume bien, sert des cinéastes « testostéronés » comme Robert Rodriguez, Quentin Tarantino, Oliver Stone ou Spike Lee. Pour Hollywood elle incarne la sirène, la vampire, la démone. Will Smith, Taye Diggs, Kurt Russell, Clive Owen, Edward Norton, Colin Farrell succomberont à ses formes et ses provocations. Le sexe ne faisant pas tout (même si elle a l’habitude de sortir avec les mecs de la série Sex & the City) : elle passe d’échecs en succès, sans que ça n’atteigne trop sa cote d’amour auprès d’un public de fans toujours plus nombreux.

Vedette conjoncturelle plus que star incontournable, Dawson doit désormais se faire voir dans des films moins typés. De duo avec des stars comme Prince ou OutKast aux comédies musicales ("The Two Gentlemen of Verona" dans Central Park ou Rent pour le grand écran), elle reste malgré tout liée au personnage salivant de Gail dans Sin City. L’incarnation pure et simple de la pute dominatrice.

Jusque là elle avait surtout été un second rôle. Avant Rent elle n’était même pas payée un million de dollars. Elle déchaînait les hormones males mais n’affolait pas les rédacteurs en chef. A la fois vulgaire en apparence et pas du tout bad girl dans les faits. Rosario peut ainsi jouer les marginales ou les flics (pour la discrimination positive elle est idéale) mais ne fait jamais les unes de magazines ni les têtes d’affiche des films qui font parler d’eux. Toujours dans l’ombre des visages « frais » du moment, ou représentant la partie obscure de ces vedettes dans la lumière, l’actrice passe de la comédie romantique au drame le plus sombre, de l’action trash à l’aventure fantaisiste. Elle se fond dans les univers comme elle joue sur le melting-pot en vogue à Hollywood. Elle nomme sa structure de production, Trybe. Comme tribu. United Colors of Dawson. Elle est assez adepte des films choral. Mais aussi des projets réalisés par des acteurs, comme un poème expérimental d’Ethan Hawke ou une comédie romantique ou un mélodrame d’Edward Burns. Elle retrouve ce dernier chez Spike Lee, avec qui elle avait déjà tourné. Histoires de fidélités ?

Ou simplement rencontres et complicités artistiques. La filmographie est déjà riche, variée bancale mais intrigante, entre navets et pépites, méga hits (Men in Black II) et masterflops (The adventures of Pluto Nash). Will Smith est une star, Eddie Murphy ne l’est plus. Actrice plus connue des abonnés aux vidéoclubs que des cinéphiles, elle cherche malgré tout des projets costauds, ambitieux, ce qui rend l’aboutissement parfois biaisé. C’est le cas d’Alexander, où, en fantasme hétéro bestial, elle intervient à temps pour nous réveiller dans ce long périple et nous entraîner dans les délires hallucinés de son héros de mari. Elle est addict aux rôles de dures. Dans le cultissime Josie & The Pussycats, satire de l’industrie musicale, elle joue une sorte de Spice Girl déjantée aux côtés d Rachel Leigh Cook, Tara Reid et Parker Posey. Dans l’estimable A Guide to Recognize Your Saints, elle partage le plateau avec Shia LeBeouf, Chazz Palminteri, Robert Downey Jr, Dianne Wiest et Eric Roberts. Elle y est l'ex petite amie d’un écrivain qui revient sur son passé. Le film met en scène des thématiques comme le racisme, le sexe, la violence...

A croire qu’on imagine toujours Dawson dans ce type de décors. A l’instar de son rôle de Mimi Marquez dans Rent, où le pathos du réalisateur étouffe la prestation talentueuse de l’actrice dans cette Bohème revisitée. Elle y est malade, mourante, épuisée, sensible, vulnérable, déterminée. Sans aucun doute le rôle charnière de sa vie. Mais comme toute sa filmographie, les réalisateurs n’ont jamais été à la hauteur de ce qu’elle pouvait donner ; ils se contentent souvent de son numéro qu’elle leur fait. Que les producteurs demandent.

vincy


 
 
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