Un an après The Greatest Showman, et près de deux ans après avoir enterré Wolverine, Hugh Jackman revient dans la peau d'un candidat à la présidentielle américaine piégée par ses infidélités dans The Front Runner, passionnant thriller politique. A 50 ans, la star australienne est attendu cette année dans Bad Education et pourrait être la tête d'affiche du prochain film de Baltasar Kormaku, The Good Spy.



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L'ARTISAN





  Quel est le point commun entre Bad Taste, film de potache, joyeusement loufoque et outrancier et Le Seigneur des Anneaux, projet pharaonique, magnifique de sobriété et de solennité ?
L'amour démesuré pour le septième art, la foi d'un passionné, le travail d'un artisan qui réalise son film en supervisant le moindre détail sans aucun compromis. Certes Peter Jackson utilise désormais l'argent hollywoodien, subit la pression des studios mais il sait s'isoler dans sa verte Nouvelle Zélande, et toujours fignoler ses petits ou ses grands films en quasi-autonomie. Il aime mettre la main à la pâte, créer de ses propres mains un univers personnel et décalé. La Terre du Milieu, le monde imaginaire des deux jeunes filles de Créatures Célestes, la cité perdue de Forgotten Silver : Peter Jackson invente des univers uniques, des paradis oniriques visuellement magnifiques mais qui comportent toujours en eux une fêlure : la guerre du bien contre le mal dans Le Seigneur des Anneaux, le meurtre dans Créatures Célestes, la jalousie et le désastre financier dans Forgotten Silver.

Né le 31 octobre 1961 à Pakuera Bay, petit hameau proche de Wellington, Peter Jackson a toujours su qu'il ferait du cinéma. Dès l'âge de 8 ans, avec la caméra Super 8 de ses parents, il met en scène ses propres films, élabore longuement des effets spéciaux déjà impressionnants copiés sur ceux de Ray Harryhausen, animateur de génie de Jason et Les Argonautes, son idole revendiquée. En 1983, il réalise son premier court-métrage, Roast of the day qui épate le petit monde du cinéma néo-zélandais. La Commission Néo-Zélandaise du Film lui octroie une aide financière pour le budget de son premier film. Peter Jackson est un perfectionniste et il lui faudra 4 longues années à lui et son cercle de fidèles amis pour finir Bad Taste. Sorti en 1987 dans l'anonymat le plus complet, Bad Taste devient rapidement culte. Le cinéma gore et ses litres de sang versés devient, grâce au génie inventif de Peter Jackson, le prétexte à une comédie hilarante et jouissive. Peter Jackson fait donc une entrée fracassante dans le petit monde du cinéma de genre.
Meet The Feebles - une version trash du Muppet-Show - confirme l'humour " particulier " du cinéaste et son ton non-politiquement correct. Meet The Feebles, son moins bon film n'était qu'un projet d'attente avant son premier chef d'œuvre : l'insensé, le fou, le jubilatoire Brain Dead.

Sommet du cinéma comico-gore avec mille idées de mise en scène par séquences, aucune retenue pour faire rire - le héros fracasse la tête d'un bébé enragé contre une balançoire -, aucun respect - un prêtre se bat avec une croix contre des morts-vivants hargneux, une mère mange un berger allemand - se finissant par un massacre à la tondeuse à gazon, Brain Dead accumule les Prix dans les Festivals de films fantastiques et confère à Peter Jackson un statut de cinéaste culte.

Heureusement, plutôt que de s'enfermer laborieusement dans un style et se répéter à l'infini, Peter Jackson change radicalement de genre pour son film suivant : le divin Créatures Célestes. En sus de révéler Kate Winslet, Peter Jackson démontre sa capacité à créer une atmosphère à la fois onirique et angoissante qui séduit les critiques et le public. David Lynch en tant que président du jury du Festival de Venise, lui octroie le Lion d'Argent et le scénario inspiré d'un tragique fait divers est même nominé aux Oscars. Avec ce film, la renommée de Peter Jackson dépasse donc largement les frontières de son île et de son habituel public.

Hollywood, aspirateur de talent, fait naturellement les yeux doux au nouveau barbu surdoué du 7e art. Peter Jackson pense déjà à l'adaptation du Seigneur des Anneaux mais doit auparavant faire ses preuves. Robert Zemeckis, le réalisateur de Forrest Gump l'initie aux rites hollywoodiens et souhaite produire Fantômes contre Fantômes.
Peter Jackson refuse une somme astronomique et préfère réaliser le film chez lui, avec un budget plus réduit. Il fonde sa propre société d'effets spéciaux WETA LD et obtient - chose rare pour un premier film produit par Hollywood, le final cut. De ce fait, Fantômes contre Fantôme n'est pas un produit calibré mais un film fantastique décalé et original avec un final particulièrement angoissant. Le film est rentable. Peter Jackson vient de démontrer que l'on peut garder son indépendance à Hollywood.
Son désir d'adapter Le Seigneur des Anneaux se précise mais il songe d'abord réaliser un autre film qui lui tient à cœur : un remake de King Kong. Le projet ne se concrétisera pas avant 2004/2005 (post Oscars) par la faute de Roland Emmerich et de son Godzilla au sujet trop proche. Peter Jackson ne reste pas inactif et tourne un docu-menteur génial sur l'histoire du cinéma : Forgotten Silver. Il invente un vrai-faux réalisateur de génie, Colin McKensie, inventeur du cinéma parlant et des films en couleur pour mieux parler de sa passion et de son art. Le pionner, le cinéaste inventif du film, prêt à tout pour mettre au monde des univers insensés c'est bien sûr lui, Peter Jackson.

Après ce coup de bluff, ce film de maître de l'illusion, il se lance enfin dans le plus grand défi de sa vie : réaliser chez lui, selon sa vision, Le Seigneur des Anneaux. Ce rustre, barbu paysan de l'hémisphère sud, réussit à convaincre le studio le très new yorkais New Line de lui donner carte blanche pour un pari unique dans les annales du cinéma : 15 mois de tournage, trois films tournés simultanément, 9 heures minimum d'un grand spectacle fidèle à l'œuvre de Tolkien et non calibré.
Peter Jackson est donc resté un artisan. Comme George Lucas en son temps, il a démontré que l'imagination au cinéma est parfois au pouvoir.
Pendant trois ans, chaque noël, un jovial barbu apportera un cadeau aux cinéphiles… Enorme hit, la trilogie sera un phénomène spectaculaire, populaire et marketing. Hollywood s'incline. Car hormis, les finances, rien n'est Américain : le casting est surtout anglo-australien, les effets faits maison, les décors néo-zélandais... Il insuffle un lyrisme, une majesté, un rythme qui permettent à l'oeuvre complexe de Tolkien d'exister dignement au cinéma. Le public applaudit, les Oscars le couronnent. Il rejoint ainsi les Cameron et Raimi, anciens papes de la série B à hémoglobine devenus respectables et rentables. Il peut désormais sortir son King Kong. Toute ressembanlce entre le grand singe et le réalisateur serait purement fortuite!!!

yannick, vincy


 
 
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