Anne Hathaway revient à son rôle d'arnaqueuse chic dans Le coup du siècle, un an après Ocean's 8. Outre Serenity, visible sur Netflix, elle était assez rare. On la verra à la fin de l'année dans Dry Run, le nouveau Todd Haynes, film qui vise les Oscars. Et l'an prochain, elle sera la grande sorcière de The Witches de Robert Zemeckis. Hathaway a aussi tourné dans un polar avec Ben Affleck.



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Récemment, un site internet américain proposait à ses visiteurs un match entre Cillian Murphy et Jonathan Rhys-Meyers. Lequel des deux préférez-vous? Un peu comme comparer Nadal à Federer... D'autant que les deux n'ont pas grand chose à voir, hormis leur rivalité artificielle pour embellir les couvertures de magazines hype. Combat de belles gueules, ne boxant pourtant pas dans la même catégorie. JRM ayant une tendance plus perceptible pour le carnet d'adresse chic. En surface, il faudrait mieux opté pour un duo avec Gaspard Ulliel. Les cicatrices, souvent gommées sur les photos par la magie informatique, sont dues à de nombreuses chutes anodines, mais aussi au dessus de son ventre (ulcère). Déjà, né avec de sérieux problèmes du coeur, l'obligeant à passer de nombreux mois dans les hôpitaux, le nourrisson avait été baptisé en vitesse, de peur qu'il ne claque fissa. Incubateur. Remplacé par quelques clopes, censément interdites. Les reins sont fragiles aussi. Bref l'Irlandais, car JRM est "irish", ne voit pas la vie comme une belle mer plate. Dès que son paternel quitte sa mère et ses trois plus jeunes frères, son enfance devient tourmentée, pour ne pas dire tumultueuse, avant d'abandonner l'école à l'âge de 16 ans. Comme il n'est décidé à rien, il prend ce qu'on lui propose. Un casting pour La Guerre des boutons? Il est l'un des deux finalistes, et, vaincu (par Gregg Fitzgerald), laisse tomber une éventuelle perspective de comédiens. Il acceptera quand même une pub pour de la soupe...
Ses vrais débuts datent de 1994. Mineur. A Man of no importance. Titre bien destiné. Apparition à l'écran. Il avoue très vite qu'il n'aime pas jouer. Mais que ce métier le laisse à l'écart des mauvaises influences, et le garde loin des prisons. La passion viendra avec l'âge. Mais il relativise en permanence : "Etre un acteur est le job le plus facile. Il suffit dire ses phrases." Mitchum n'en disait pas plus... "Je n'ai jamais été à une école de comédien et je n'irai jamais. J'apprends des gens qui sont dans la place." Ce casse-cou franc du collier séduit l'un des rares cinéastes du pays qui travaille à Hollywood. Jordan l'engage pour incarner l'assassin de Michael Collins, alias Liam Neeson, figure emblématique de l'Irlande. "Il ressemble à un jeune Tom Cruise", écrit le réalisateur, qui voit en lui un acteur particulièrement doué. Il faudra encore quatre années pour que JRM décroche les étoiles. Il tournera divers petits rôles, excepté l'un des principaux de The Disappearance of Finbar. Il est Finbar, ami fidèle qui rêve de gloire footballistique et qui revient déchu. L'étrangeté de tout cela est qu'il aime ces films où son identité se noie, disparaît ou n'existe plus. Il tournera avec Tom Cruise, 12 ans après les propos de Jordan. Et 6 ans après son footballeur raté de Finbar, il deviendra le coach brillant d'une équipe de foot qu'il mènera à la victoire...

Il fallait juste un déclic. Après avoir joué un objet sexuel d'une femme espagnole démoniaque - son tournage le plus désastreux - il passe de Madrid au Maroc pour interpréter un jeune Samson sans intérêt. Il voyage, mais ne s'envoie vraiment pas en l'air. Lorsqu'il rejoint le casting de Telling Lies American - Kevin Bacon, Brad Renfro, Calista Flockhart -, il ne se doute pas des soucis de production de la comédie (la plupart des comédiens ne seront pas payés). De même pour B.Monkey. Acteurs classes - Asia Argento, Rupert Everett... - réalisateur du fameux Il Postino, polar a priori intéressant, et résultat tellement mauvais qu'il mettra des années à sortir en cachette à l'étranger. Deux années ont passé depuis qu'il a quitté l'Irlande, et il ne s'affiche que dans des films qui vont directement sur les rayons vidéos.
Cependant quelque chose se dessine. Dans les désirs que projettent les cinéastes sur son physique androgyne et dans l'acceptation des personnages qu'on lui soumet. La perversion sexuelle qu'il dégage, entre provocation involontaire et allumage assumé, fragilité de celui qui se perd dans le stupre et beauté de celui qui jouit dans le glamour. Il crève l'écran avec Velvet Goldmine, catalysateur cinétique de son image à venir. Bisexuel, strass et stress, pas forcément sympathique, mais un brin pathétique, arriviste romantique et gloire déchue, le charisme rock d'un Bowie prêt à tous les délires scéniques... Todd Haynes grimpe les marches cannoises, et aux côtés de la génération ascendante, Ewan McGregor, Christian Bale et Toni Collette, Rhys Meyers monte enfin vers les étoiles promises. Il y chante quelques unes de ses chansons, se fout à poil littéralement, et se révèle aux critiques. Perte d'innocence sexuelle (film de Mike Figgis tourné dans la foulée).
Une fois dépucelé par le celluloïd, adulé par les homos, adoré par les filles en fleur, JRM est élevé en grade. Les médias en font une coqueluche "jeune" et "in". Pages mode garantie pour le moindre petit film. Il fera même une pub pour un distributeur de sape haut de gamme. L'hermaphrodite va devenir, avant l'heure, le symbole du métrosexuel. "Nombre de mecs sont très élégants, mais je n'arrive pas à distinguer la beauté masculine de la beauté féminine. La beauté, c'est la beauté." S'il adore s'habiller, il déteste acheter les fringues et se contente d'une valise. Quand on le dit qu'il n'y a plus de stars.... Lui préfère jouer avec les rumeurs, les préjugés des autres, renvoyant à chaque fois le contraire de ce que l'on peut croire.
Pourtant il continue d'être choisi pour une allure : la vanité, l'arrogance, le narcissisme.Et il exècre les lèches cul. "Je pense que l'important est de rester près de vos racines et d'être sincère avec vous même, d'être honnête." Il vit toujours dans son coin d'Irlande.... "Je ne veux pas jouer les jeux hollywoodiens et prétendre être quelqu'un d'autre. Je souffre encore de l'insécurité et cette situation la rendrait pire." Timide, distant, il apparaît hautain, quand en fait il semble paniquer à l'idée qu'on le reconnaisse. Manque de chance, quand on le croise, on ne voit que lui. Qui joue à quoi?
Sa filmo s'étoffe mine de rien. Ang Lee (un western romanesque), un Shakespeare revisité (avec Anthony Hopkins), Prozac Nation (avec Ricci, Biggs, Lange, Heche) s'interposent au milieu de tas de navets. La télévision lui offre presque de meilleures opportunités comme le remake de The Magnificient Ambersons (d'Alfonso Aurau) ou encore la minisérie fantastique de la BBC, Gormenghast. C'est une femme, Gurinda Chadha, qui lui offre, avec une comédie inattendue sur le foot et la communauté Sikh de Londres, son premier succès mondial. Entraîneur de foot qui les fait toutes craquer, persévérant et généreux, à l'opposé de ce qu'il véhiculait jusque là, ce seconde-rôle de Joue-la comme Beckham va briser la spirale infernale et l'accumulation de personnages glauques dans des flops sordides. De la difficulté à se faire une place dans ce job. "Il y aura des hauts et des bas, mais l'important est de se souvenir que tu as ton propre destin, qu'il est beau en soi..." Il n'a pas peur, de rien, car que peut-il arriver, à part la mort?, de grave? "Pour les acteurs, tout est physique. Vous êtes basiquement le produit que vous devez vendre. Le plus dur quand on joue c'est finalement de réaliser que tout cela ne compte pas. Je vais essayer de le faire et de ne pas trop me prendre au sérieux..."

Heureusement, il aime de plus en plus son métier et commence à prendre du plaisir à jouer. Développant ainsi son potentiel : méchant, séducteur, sensible, dominateur... Passant de la Foire aux Vanités de Mira Nair au péplum d'OIiver Stone, Alexander. Cassandre, c'est lui. Et sa voix lui offrira une fin funeste. C'est en 2005 que tout se précipite. D'abord lorsqu'il rafle la mise devant 200 autres candidats, en devenant Elvis pour la TV. Après le glam-rock, le rock originel. Déhanchement inclus. Toujours sa fascination pour les frontières du bien et du mal, de la lumière et de l'ombre, de l'ascension et de la chute. Question de chance, parfois. Suffit d'un coup de vent dans le bon sens... C'est ainsi qu'il ouvre le nouveau chapitre de sa carrière, avec Match Point, un très bon Woody Allen, où il est un ancien joueur de tennis professionnel, prêt à tous les compromis et les mauvais calculs pour accéder à un statut social "digne". Un peu comme ce gamin irlandais qui voudrait oublier les orphelinats et les turbulences de la puberté? Le film est présenté à Cannes, le beau gosse tient enfin un premier rôle dans un bon film, à dimension populaire, où il est tantôt le chat, tantôt la souris.

Après ce double service gagnant, il enchaîne avec Mission : Impossible III, aux côtés de Tom Cruise, basculant dans l'aventure, le thriller, le fantastique, sans trop se soucier de la qualité des scripts et privilégiant les partenaires de plateau. Reste que le cinéma de genre est, comme pour Cillian Murphy, charmé par cette beauté endiablée, ni vraiment innocente, ni complètement ensorcelante.
Jonathan Rhys-Meyers essaie juste de faire le lien entre son vécu et ses aspirations. Mais avant tout il tient à sa vision relativiste et intègre des choses. Quitte à croire à sa destinée, dans le sens du chemin à suivre jusqu'à la fin du film, il espère que les gens "parleront de lui comme quelqu'un de bien".

vincy


 
 
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