Isabelle Huppert n'en finit plus de jouer les femmes maléfiques, veuves ou seules, perverses ou simplement manipulatrices. Si on peut se lasser de ces rôles répétitifs au cinéma, elle sait aussi créer l'admiration avec ses performances au théâtre (en ce moment mise en scène par Bob Wilson dans Mary said what she said). A l'écran, on la reverra dans La Daronne de Jean-Paul Salomé, une comédie policière, et Luz de Flora Lau.



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Nonchalant, bougon, imperméable, limite autarcique, on lui prête souvent mauvais caractère. Bill Murray est avant tout l’un des acteurs les plus drôles du monde. Dans son genre, il est imbattable. N’attendez pas de lui une quelconque débauche d’énergie, rien à voir avec les shows surexcités des Jim Carrey ou Robin Williams. En interview ou ailleurs, l’homme reste pondéré, propre sur lui, mais la répartie ne fait jamais défaut, immédiate et cinglante. La distance ironique est portée au rang d’art. Le visage et le corps impassibles, la barbe et le mot justes, affichés avec le je-m’en-foutisme débonnaire et précis du clown triste. Un peu soupe au lait, un peu Bacri, ceux qui travaillent avec lui louent pourtant son extraordinaire générosité, son talent d'improvisateur et son imagination. Malgré son age, la carrière de Murray est plus prometteuse que jamais. Depuis Lost in Translation (d’autres diront Un jour sans fin), toutefois, il est passé du coté des acteurs qui n’attendent plus leur grand film.

Jusqu’ici, la personnalité définitivement particulière de Murray lui aura valu une carrière atypique. Sa vocation d’acteur, cependant, n’a pas toujours été là. Après un passage chez les jésuites, le jeune homme s’imagine médecin. « Heureusement », les années soixante ne sont pas célèbres pour l’abnégation estudiantine et Bill est renvoyé de sa fac lorsqu’on le trouve en possession de marijuana. Au début des années 70, il rejoint, Second City, une troupe d’improvisation théâtrale où sévit déjà son grand frère, Brian Doyle-Murray (futur partenaire sur le SNL et aperçu dans quelques sitcoms). En 1976, il quitte Chicago pour New York où il rencontre, sur la pièce « National Lampoon Radio Hour », ses futurs partenaires, Dan Aykroyd, John Belushi et Gilda Radner. Tandis que ses trois amis créent, avec d’autres, le fameux « Saturday Night Live », sur NBC, il tente sa chance sur une chaîne concurrente avant de les rejoindre, en 1977. Il fait alors, de fait, partie de la génération de comiques américains les plus influents, jusqu’à nos jours. Peut alors commencer sa carrière au cinéma.

Bill, comme ses huit frères et sœurs, avait commencé à gagner sa vie dès le plus jeune âge, comme caddie, sur les parcours de golf. Rien d’étonnant alors, qu’après un premier rôle crédité dans Arrête de ramer, t'es sur le sable, d’Ivan Reitman, son premier succès soit Caddyshak, un film de Harold Ramis situé dans le milieu du golf, co-écrit par son frère Brian. Il est définitivement remarqué pour son interprétation de Jeff Slater dans Tootsie (1982), de Sydney Pollack, aux cotés de Dustin Hoffman. Il improvise tous ses dialogues, dans chacune des scènes. Une performance en soi. En 1984, il est élu star de l’année, pour sa contribution à l’immense succès de Ghostbusters.
S’en suit une période de déprime et de remise en question. Il quitte tout pour suivre des études à la Sorbonne, à Paris. Il revient en 1986, en apparaissant dans le film de Franck Oz La petite boutique de horreurs. Après quelques films moins remarquables, dont le très inutile Ghostbusters II, il connaît, en 1993, son plus beau succès d’estime en comédie romantique et fantastique, Un jour sans fin, où il retrouve son camarade Harold Ramis. Il est ce personnage ovni, lunaire qui comme le lapin d'Alice au pays des merveilles, court après sa propre vie. Il enchaîne avec Ed Wood, de Tim Burton et Mad Dog And Glory, avec De Niro.

Murray devient culte à la fin des années 90 avec des rôles plus décalés, chez de vrais auteurs comme les frères Farrelly,ou Jim Jarmush (entouré de deux rappers, l'absurde lui va si bien!). Sa collaboration avec Wes Anderson marque un tournant, trouvant son "Scorsese" avec ses personnages romanesques, héroïques, "losers", amoureux, plaqués, entre gloire et souffrance, que ce soit dans Rushmore, The Royal Tenenenbaums, The Life Aquatic. Il est à chaque fois plus au centre de l'écran. Il est aussi le père malgré lui, celui qui transmet. A Jason Schwartzmann ou Owen Wilson. Loufoque et tragique, à moins que ce ne soit lié.
En 2003, il accepte la proposition de Sofia Coppola et tourne ce qui restera selon lui comme « Le rôle le plus satisfaisant de (sa) carrière. ». Il faut reconnaître qu'il y est touchant et attirant, hilarant et déprimant. Cette histoire de décalage (horaire, culturel, générationnel, etc...) le symbolise si bien... Lost in Translation est son bijou. Il y joue du Bill Murray, à la perfection.
S'il prépare actuellement Basic Instinct 2, essayant d'oublier les terribles souvenirs du tournage de Charlie's Angels, Bill Murray, frustré d'être sans Oscar, a écidé, une fois de plus, de se sortir lui-même de ce système qui ne lui a pas assez dit qu'il l'aimait. Atypique, culte, génial. Star, mais pas trop. Sinon il se traiterait de con lui-même.

axel


 
 
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