Isabelle Huppert n'en finit plus de jouer les femmes maléfiques, veuves ou seules, perverses ou simplement manipulatrices. Si on peut se lasser de ces rôles répétitifs au cinéma, elle sait aussi créer l'admiration avec ses performances au théâtre (en ce moment mise en scène par Bob Wilson dans Mary said what she said). A l'écran, on la reverra dans La Daronne de Jean-Paul Salomé, une comédie policière, et Luz de Flora Lau.



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AU NOM DU VICE





Il y a quelques chose de bizarre chez cette femme. brune pétillante et déterminée, on sent, inconsciemment, qu'il ne faut pas lui marcher sur les pieds. Momies, rentrez dans vos Pyramides! Rachel Weisz n'a rien de la libraire sage (Weisz ne se prononce pas wise après tout) et jolie, qu'elle semble paraître.
Anglaise de naissance, ses parents sont austro-hongrois. Réminiscence d'un empire disparu. Lui était inventeur (détecteur de mines, respirateurs artificiels), elle psychanalyste. Et le patronyme se prononce vice. Tout un programme génétique.
Dire qu'elle est insatiable est un euphémisme : adolescente elle cumulait le mannequinat et ses études. A Cambridge, elle fonde une compagnie de théâtre (Talking Tongues, Les langues bien pendues en quelques sortes) qui remporte un prix au prestigieux Festival d'Edinburgh. C'est bien sur scène qu'elle se sent chez elle.

Mais le cinéma ne passera pas à côté d'elle. Elle alterne petites productions art et essai, gros barnums européens et cachets à 7 chiffres hollywoodiens. Celle qui aimerait avoir le talent de Katharine Hepburn pour la comédie, la dramatisation d'une Bette Davis et la sensualité brûlante de Liz Taylor n'a pourtant pas la popularité qui devrait lui coller à la peau. S'il y a quelques mauvais films dans son parcours, on note surtout que ses bons choix n'ont pas rencontré le succès espéré.
Pas facile de faire le pont entre un cinéma européen (essentiellement en costumes d'époque) et une culture américaine du blockbuster (elle trouve Hollywood toxique) Si elle a joué avec les mâles les plus en vogue (Ben Affleck, Jude Law, Keanu Reeves, Paul Bettany, Ralph Fiennes, Brendan Fraser, Edward Norton, John Cusack...), ce n'était jamais dans leurs films les plus marquants. Pourtant sa filmographie ne fait pas honte : Bertolucci, Annaud, Szabo, LaBute, Aronofsky, Meirelles ... Plutôt à l'aise dans le registre dramatique, les films noir ou les polars, l'épique ou l'aventure, Rachel Weisz, a priori discrète, se régale des faux semblants. Ses rôles sont souvent duaux, ambivalents. Elle n'hésite pas à jouer les manipulatrices, les soldats ou tout simplement double jeu (Confidence, Runaway Jury). Le genre de fille à qui on donnerait le bon dieu sans confessions. Ses yeux de Chimène nous font oublier qu'elle peut aussi planter un poignard dans le dos, avec le sourire. Ou au contraire nous aimer derrière son indifférence.

Evidemment, tout le monde la connaît dans la saga des Momies, hits internationaux, séries B dopées aux effets spéciaux, où Weisz n'est pas qu'un faire valoir, comme souvent, mais bien une héroïne de BD. Plus proche de Turner dans la série des Diamants que des femmes d'Indiana Jones. Elle dénote, justement, en brune intello, ni torride, ni fatale, dans ce type de productions. Mais ça fonctionne.
Son volontarisme est sans limite. Même s'il échoue parfois. Elle n'empêchera pas ses parents de se séparer alors qu'elle fit tout pour les réconcilier. A 14 ans, on lui proposa de jouer avec Richard Gere. Au même âge, elle voit déjà un psy. Différente de ses camarades de classe, elle dit non à l'un et au revoir l'autre. Cassante, Rachel weisz se construit toute seule, avec précocité. Et voracité. Elle est très vite repérée par les plus grands metteurs en scène de théâtre de Londres : Sean Mathias (pour qui elle jouera une prostituée dans Bent, film sur les déportés gays), Sam Mendes... Absente des palmarès de cinéma, la comédienne récolte les prix, très jeune, pour ses prestations sur scène. Elle retourne alors chez le psy. Elle ne comprenait pas pourquoi elle avait besoin d'être si désirée. Pourquoi elle était si différente des autres. Elle ne termine jamais ce qu'elle commence, refuse de nombreux projets. Le cinéma ne la comble jamais. Alors elle revient au théâtre. "The Shape of Things" (elle a produit la version cinématographique de cette pièce de Neil laBute qu'elle affectionne particulièrement) la réconcilie davantage avec son métier que la plupart de ses films américains. Dans cette pièce, elle est merveilleuse de charisme, de colère, toute en nuance. Le vécu aide, parfois. Sur scène elle joue la jalousie et l'amertume. Dans les coulisses, Sam Mendès la plaque pour Kate Winslet.
Grâce à ses histoires de Momies à dormir debout, elle peut accepter ces prises risques, des projets insolites, même au cinéma, comme Beautiful Creatures. Au point de désormais partager la vie du plus bizarre des cinéastes américains, Darren Aronofsky. Elle est attirée par les personnalités iconoclastes. Le psy a du se régaler.
Pourtant, c'est avec des films sages qu'elle s'est rendue indispensable aux yeux des cinéphiles. Craquante, intense, elle enrichit chaque scène de sa seule présence, même si les dialogues sont fades, même si les partenaires sont ailleurs. "Vous devez jouer chaque scène honnêtement et oublier ce que les gens vont en penser. Plus vous le faîtes sérieusement, plus c'est drôle à faire."
Pourtant, elle ne rigole pas souvent, en tout cas au cinéma. Tragédienne ou mélodramatique? Elle s'est aussi imposée dans le cinéma fantastique (Constantine, The Fountain, The Mummy). Elle a tourné dans une comédie (Envy, ratée). Mais c'est, en effet, dans des drames romantiques qu'elle a su se faire remarquer dans des rôles fébriles, ardents, passionnés. On pense à Sunshine. Car ses origines et son talent lui ont permis de faire fi des frontières pour incarner des femmes russe, allemandes, française... Mais Rachel Weisz aura connu son plus beau rôle, aux yeux du public, en la personne de ... Rachel.
Dans About a Boy (Pour un garçon), elle devient la femme idéale d'un célibataire endurci et cynique. Irrésistible, elle piégera le bel Hugh Grant dans ses filets. Inévitable surtout.
Car, si vous la connaissez peu, elle mérite d'être vue et admirée. La lumière la magnifie facilement. Son minois de petite chatte donnerait envie de caresser l'écran. Mais faites gaffe, elle griffe!

vincy


 
 
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