A 55 ans cette années, Benoit Poelvoorde continue de surprendre. Après Au poste! et Le Grand bain en 2018, le comédien ne va plus quitter les cinémas cette année. Cette semaine il est dans Deux fils, premier long de Felix Moati. Mais on l'attend aussi dans Raoul Taburin de Pierre Godeau, Adoration de Fabrice Du Welz et Venise n'est pas en Italie d'Ivan Calbérac.



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A KNIGHTLEY’S TALE





Difficile de croire qu’une jeune actrice puisse entamer une foudroyante carrière de sex-symbol en apparaissant simplement vêtue d’un maillot de football XXL et de protège-tibias en plastiques. Et pourtant. A vouloir tâter du ballon aussi brillamment qu’un célèbre N°7 de l’équipe nationale d’Angleterre et du Real Madrid, Keira Knightley a su calmer les ardeurs d’une cohorte de hooligans avec bien plus d’arguments qu’une matraque de "Bobbys". Cette pure beauté so british n’a pourtant rien d’une jeune novice innocente. Née en 1985 dans le Middlesex (Royaume-Uni) d’une maman dramaturge et d’un papa acteur, Keira attise l’inquiétude de ses parents en exigeant dès son troisième anniversaire, l’embauche d’un agent censé lui ouvrir les portes de la célébrité. Aussitôt dit aussitôt fait. Trimbalant sa jupette " Burberry" et son minois malicieux, Keira découvre à 7 ans, les séances de tournages étriquées de la télévision britannique pour de multiples rôles de fillette proprette et angélique.

Son apprentissage dans le cinéma sera tout aussi ingrat. Engagé par George Lucas sur Star Wars: Episode 1 pour jouer l’un des membres de l’entourage de la Reine Amidala, Keira Knightley est tenue par contrat de ne pas dévoiler qu’elle y incarne également le double royal de Natalie Portman. Même mésaventure en 2001 sur le désespérant The Hole de Nick Hamm où son naturel et sa détermination (elle y apparaît très nue et très érotique à seulement 15 ans) passent inaperçu face à la "vulgarité" magnétisante de Thora Birch. C’est pourtant d’un projet anodin et original via l’Angleterre que viendra son salut. Et la gloire. Accentuant très habilement son côté "garçon manqué", Keira transperce les filets dans la très social-comedy Bent It Like Bechkam (2002), expédiant en touche l’actrice principale, Parminder Nagra. Le succès du film aidant, les sujets de sa majesté n’ont d’ yeux que pour elle. Les yankees d’Hollywood Boulevard aussi.
Première victime innocente à céder aux appels équivoques de la belle londonienne, Jerry Bruckheimer lui offre un pont d’or avec le rôle d’une gracieuse fille de gouverneur kidnappée par un infâme corsaire déjanté dans le blockbuster produit par Disney, Pirates des caraïbes (2003). Nullement écrasée par les mastodontes Johnny Depp et Geoffrey Rush (dans une production somme toute honnête mais divertissante), Knightley alpague les mâles les plus réticents, s’attirant au passage les foudres des adolescentes pré pubères par un baiser langoureux échangé avec Orlando"Legolas" Bloom. Le ticket pour la suite en 2006 est d’ores et déjà assuré. Un contrat avec le célèbre bijoutier Asprey et la maison Dior également.

L’énième retour sur ses terres anglaises en 2003 ne passe pas inaperçu. Noyée dans l’impressionnant casting de Love Actually, première réalisation de Richard Curtis (scénariste de Quatre mariages et un enterrement…), Keira s’offre son quart d’heure de gloire grâce à une mémorable scène de déclaration d’amour, au nez et à la barbe des Hugh Grant, Liam Neeson et Emma Thompson, Mais déjà Outre-atlantique, un Bruckheimer dépité par cette"gloire" hors de ses frontières rappelle sa bien-aimée pour un projet taillé sur mesure. Juste le temps de changer Gore Verbinski par Antoine Fuqua, les acteurs Johnny Depp/Geoffrey Rush par Ioan Gruffudd/Clive Owen et voilà Knightley métamorphosée en Guenièvre punchy et rebelle dans un King Arthur 2004, barbare et indigeste. Troquant sa baballe adidas et ses maillots usés pour un attirail d’armes moyenâgeuses et un décolleté plongeant, l’ex clone de Mr. Victoria Bechkam s’amuse à embrocher les "infidèles" avec une fougue et un amusement digne de Jean Peters ou Geena Davis.
Dés lors la machine est lancée. La débutante frêle et dyslexique d’autrefois (qui souffre aujourd’hui encore d’angoisses maladives sur les tournages) fait place à une actrice sereine et combative n’hésitant pas à lutter bec et ongles pour collaborer avec le beau monde d’Hollywood. Adrien Brody (pour le thriller The Jacket), Tony Scott (pour Domino) et Brad Pitt (producteur de Pride and Prejudice) n’ont pas longtemps résisté à la déferlante Knightley. La rumeur aussi s’empare d’elle, l’annonçant un jour James Bond Girl aux côtés de Pierce Brosnan, et l’autre à parlementer avec Spielberg pour Jurassic Park IV en plus d’une collaboration avec Jude Law et Dreamworks.

Reste à savoir si la volonté féroce de Knightley d’évoluer vers des personnages plus adultes et plus complexes trouvera un bon écho chez les réalisateurs (plutôt attirés par sa plastique que par son jeu) et parmi son public (plutôt adolescent). Et si elle se relèvera capable au final d’assumer ce basculement de carrière périlleux. A la voir incarner avec un naturel déconcertant la fille "new age" de Robin des Bois puis Lara Antipova dans " Docteur Jivago" pour la télévision britannique ou Helena de "The Seasons Alter" de Shakespeare, son talent et ses capacités ne font aucun doute. Et qui sait si demain les futurs réalisateurs ne prendront pas pour habitude de lancer à leurs jeunes et débutantes actrices une phrase d’encouragement et de gentillesse aussi clinquante que"Joue-la comme Keira".

jean-françois


 
 
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