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BORN ON THE THIRD JULY





C'est au fin fond des années 80 que le jeune Tom Cruise a fait ses premiers pas au cinéma. Il se mélange à une jeune génération qui comprend Ralph Macchio, Rob Lowe, Sean Penn, Tim Hutton... Nul ne sait si l'un d'eux deviendra une star.
L'itinéraire de Cruise, c'est un mélange de chance, de risques, de charme et de marketing. A cette époque, Cruise n'a pas le choix et prend ce qui passe. Il était chef de travaux, issu d'une famille bohème, sans père fixe. Son premier rôle est miniscule : Zeffirelli l'engage pour Endless Love. Une journée de plateau. Ce sera Harold Becker qui lui donnera sa première vraie chance. Une audition de deux minutes et sa carrière démarre. Il était le moins connu de tout le casting "jeunes mecs" de Taps.
Il enchaîne avec un film de Curtis Hanson (Losin'it). Toujours un film de bande. Pour lui le cinéma était un peu un grand huit: un bon tournage, un mauvais film... Cruise est déterminé et commence à discerner ce qu'il veut faire. L'argent qu'il gagne paye ses dettes. Et lui procure une sensation qu'il ne connaissait pas: vivre bien. Comme un enfant, il a besoin d'expérimenter les choses avant de les comprendre.
Il refuse un film d'horreur et ne cherche que les bons projets. All the right moves (de Michael Chapman) correspond très bien à son caractère: un battant, un sportif, qui se sort de son milieu grâce au foot.
Il entend alors parler d'une audition pour le prochain Coppola, le fou d'Apocalypse Now et du Parrain, l'un des princes du 7è Art américain. Outsiders. Plutôt que d'accepter des premiers rôles dans des mauvais films, il continue à vouloir apprendre en groupe, avec de bons cinéastes. L'expérience, comme une troupe de théâtre, a été concluante. il gagne en confiance;Outsiders sera un film culte. Et pendant le tournage, il passe l'audition pour un autre film, Risky Business. Une comédie...

C'est donc à 21 ans, en 83, que sa carrière prend son premier envol. Pourtant, au départ, le metteur en scène et scénariste du film, Paul Brickman, ne voulait pas de lui. Il passe quand même l'audition prouvant qu'il n'avait rien à voir avec son personnage de psychopathe de Taps.
C'est le bingo: la comédie emporte un joli succès, Cruise se voit nommé aux Golden Globes, et surtout il y laisse une scène mémorable. Sol ciré, bougeoir comme micro, rythme rock 'n roll, chaussettes de tennis... Tom Cruise danse en slip dans son salon (c'est du tue l'amour, mais quand on a la gueule de minet de Cruise, et le sourire ravageur, les lunettes noires, ça fait craquer toutes les spectatrices).
Cruise est lancé, avec une comédie populaire. C'est ce qui le distingue de tous ses collègues, plutôt ancrés dans le film d'action ou intello. Comme lui qui découvrait le cinéma et le show-biz, son héros apprenait à grandir, à vivre dans un monde d'adultes...
Etrangement, Cruise mettra du temps à enchaîner avec un autre projet. Ce sera Legend, de Ridley Scott. Tom est parfait en jeune prince romantique et immature, chevalier servant d 'une belle dans un conte de fée, par le cinéaste de Blade Runner et surtout d'Alien. Sur le papier, il s'agissait d'un film ambitieux, attendu. Mais c'est avec le frère de Scott, que Cruise s'enverra en l'air, très haut...

Pour qu'une carrière réussise son looping, ou son décollage, ou même son atterrissage, il faut une suite de films populaires, acclamés, de rôles drôles ou larmoyants, de prix et de dollars; il faut un film qui révèle, un film qui installe, un autre qui impose le respect, et finalement un qui fasse l'unanimité. Tom Cruise aura eu toutes ces chances. C'est ce qui explique qu'il a eu le temps de s'améliorer, de conserver son statut, de plaire au public et de faire taire les critiques.
En 86, Cruise n'est pas encore une star. Il signe pour deux films, radicalement différents. Le premier en fait un héros ténébreux et vaillant, pilote de chasse dans une bluette esthétique (et pleine de hits, rocks et slows). Le second est une suite d'un film mythique, réalisé par un grand cinéaste, aux côtés d'un immense acteur. Dans l'un il croit avoir les épaules assez larges pour porter le film. Dans l'autre, il ne fait que prendre le relais d'une légende.
Top Gun, carton d'un été, réunissant les mecs en "mâle" de sensations fortes et gros zincs, et les couples cherchant un prétexte-fantasme stratosphérique (la moto? l'avion?) pour s'embrasser au ciné, fera de Cruise, une "teen-idole", étoile fulgurente du moment, poster des murs d'ados d'un été. Dans cette pub homo-érotique (rappelant Mon légionnaire version Gainsbourg), ce combat de coqs échaudés où le muscle remplace la cervelle et les kakis redeviennent à la mode, Cruise fournit sur commande lunettes noires et sourire carnassier (encore) pour sa clientèle. Ca ne vole pas haut, paradoxalement.
Mais avec ce grand écart entre un double-Scott et un Scorsese, Tom Cruise conquiert le monde. The Color of Money lui offre le premier de ses rôles d'apprenti, soit le successeur de Paul Newman, et ce, avant la kyrielle de films où il ne sera que le faire-valoir de la star-légendaire. C'est Newman qui recevra l'Oscar. Cruise, trop beau pour exprimer des sentiments? Son image le piège. Et après Newman, ce sera Hoffman...

On sous estime les choix de Cruise. En regardant sa filmo, on pourrait penser qu'il fut associé aux meilleurs projets, que son itinéraire fut pavé d'or.
Cet acteur "sans famille" a surtout pris sa carrière au sérieux, dès le départ. Il a beau défendre Cocktail, en soulignant qu'il a une fin morale mais pas matérialiste, le film se plante, comparé aux standards "cruisiens". Cocktail lui vaut ses premières critiques violentes. Il commence à agacer, signe de son nouveau statut sans doute. Son côté gentil (il dit du bien de tout le monde) énerve. Sa face propre sur lui (il ne jouera pas avant longtemps un méchant) l'expose aux rumeurs.
Il se voit en produit, il calcule aussi. Il accepte un projet s'il sent que le studio ne perdra pas de fric. Ce qui ne l'empêche pas d'accepter des "petits" films.
Cocktail l'enferme dans un créneau "public jeune-scénario insipide"? Il a conscience de son pouvoir, c'est à dire faire aboutir des projets auxquels il tient. Il ne veut pas se contenter des rôles qui ont fait son succès (la comédie, l'action). S'il ne se sent pas responsable du Box Office d'un film, il est prêt, quand même, à diminuer ses prétentions salariales, à mettre sa cote dans la balance. C'est ce qu'il fait avec Rainman, de Barry Levinson.
Le film est infaisable: Hoffman n'a tourné qu'Ishtar (le big flop) depuis Tootsie, le script est non-hollywoodien (un road movie avec un autiste). Pourtant, le film va battre tous les records cette année là dans le monde. Et pour continuer dans la série "le vieux l'a, pas le jeune", le film recevra plusieurs Oscars, dont celui de Dustin Hoffman, laissant Cruise sur le bord de la route. Mais Tom était un registre en dessous, surjouant ses scènes face à un Dustin discrètement précis et génial.
Là encore, on a l'impression que Cruise suit une star, poursuit sa route, et cherche sa place, parmi les légendes du ciné US. Il se médiatise (mariage, défense de la forêt amazonienne). Mais il lui manque un film qui le transforme en acteur, le rende respectable, tout seul. Un rôle de maturité... qui le fasse rentrer dans la cour des grands.

C'est avec la fin de la décennie, que Cruise se métamorphosera, suivant l'exemple de ses aînés. Il trouvera le film qui le crédibilisera, n'hésitant pas à décevoir ses fans, à baisser son cachet, et à travailler avec l'un des metteurs en scène les plus brillants du moment, Oliver Stone. Le pari est risqué. Le film ne dispose que de 16 millions de $ de budget, le scénario fait peur aux studios, et il sera difficile de "marketer" un film avec un Tom Cruise barbu, impuissant et en chaise roulante. Un script qu'il ressentait jusque dans "ses couilles". On adapte le vocabulaire...
Si Rainman reste le film-chouchou de son public, Né un 4 juillet sera celui dont il est le plus fier: il devenait autre chose qu'un Big Jim aux épaules pas assez carrées. Là encore, dans cette bio de Ron Kovic, héros du Vietnam se battant pour une reconnaissance pour ne pas sombrer dans une folie annoncée, il y a des éléments proches de la personnalité de Cruise. Kovic se bat contre l'esprit de compétition, tout en devenant un leader. Dans Top Gun - un film qu'il reniera lors de la promo du film d'Oliver Stone - il incite à jouer les John Wayne. Dans le Stone, il se révolte contre la guerre.
Outre le changement radical imposé à sa carrière, à ses personnages, Cruise trouvera là sa plus belle reconnaissance critique, et sa première nomination aux Oscars. Dommage que le film ne soit pas plus abouti: il manquera toujours un chef d'oeuvre à la filmo de Cruise.
Cet as de la promo aura donc eu le mérite de refuser une série de suites à Top Gun, pour accepter un tel film aussi politique et peu hollywoodien. C'est le film où l'on voit Cruise perdre son innocence. Comme Kovic. Il est au milieu de son rêve. Pourtant l'année suivante, tout basculera... pour le pire et pour le meilleur.

En terme de Box Office, Cruise n'est pas vraiment le champion. Depuis Rainman (88) et jusqu'à Des Hommes d'Honneur (A Few Good Men, 92), il n'y aura pas un hit à son palmarès. Cette période de doute, il la vit avec tumulte. Divorce (Mimi Rogers), mariage (Nicole Kidman). Il commence à intéresser la presse sensationnelle. Les potins fleurissent (homosexualité), les rumeurs circulent (stérilité), les débats s'amplifient (scientologie).
Il écrit l'histoire de Days of Thunder, sorte de Top Gun pour voitures, avec d'ailleurs la même équipe que le gros navet avec les gros "navions". Gros navet. C'est Paul Newman qui lui a donné goût aux courses de voitures, style Daytona Beach. Arrogance suprême des gens qui ont le pouvoir, mais plus forcément d'ambitions, Cruise, monte le projet autour de son nom. Et court dans le mur. C'est sur ce tournage qu'il rencontre la jeune australienne, la roussissime Nicole Kidman, sa future femme.
Cruise, qui ne vit que pour son métier, se trouve des affinités avec ses personnages casse-cou, extrêmes, un peu naïfs, tantôt disciples tantôt combatifs. Il revient avec un film à grand spectacle, western romanesque, où il joue le valet amouraché de sa patronne, son "Boy", incarnée par Kidman. Horizons Lointains est réalisé par Ron Howard, cinéaste de personnages, de visages. Le film clôt le Festival de Cannes, où il monte les marches pour la première fois. La star est ovationnée. Le film, moins. La fresque ne marque pas. Il tombe de son cheval. Cruise n'arrive pas à se situer entre un John Wayne patriotico-américain et un Jimmy Stewart pionnier-rêveur.
La même année, il joue un avocat militaire, dans l'adaptation d'une pièce de théâtre. A Few Good men le remet en selle. Enorme hit aux USA, quelques nominations aux Oscars, les louanges pour Nicholson, les médias pour Demi Moore. Cruise ne convainc pas réellement avec son jeu trop "Actor's studio". Une pomme ne suffit pas à donner de la consistance à une scène. Mais il sauve l'honneur. Et se fait embaucher par un autre cabinet d'avocat. La spirale triomphale peut commencer. Un recyclage admirable...

Schyzo, Cruise? Possiblement. On a beau vouloir croire ce qu'on lit (ses interviews), on sent malgré tout le carriériste. Ces années là, il créé sa société de production, avec Paula Wagner. Que de renaissances, avec aussi des enfants adoptés. Il cumule des années à deux projets: un pour l'été des Blockbusters, l'autre pour la saison aux Oscars. L'un où il joue de son allure WASP, costume sombre bien coupé, frange bien laquée et moralement irréprochable. L'autre où il s'amuse à paraître sulfureux, comédien, nuancé, mais rarement vilain (faudfra attendre Magnolia et surtout Collateral). Sauf dans le business. Car s'il clame qu'il a conscience de pouvoir tout perdre, que seules les rencontres humaines comptent, que son art est son unique motivation, qu'il apprend tous les jours grâce aux plus grands, Cruise n'est pas un ange.
Il devient parano, s'entoure jusqu'à la surprotection, rejette les critiques. Nul ne peut plus l'atteindre sans affronter l'invincible armada qui lui sert de bouclier. De sa soeur à sa spécialiste en Relations publiques.
Dans La Firme, de Sydney Pollack, adapté d'un bouquin de John Grisham, donc thriller juridico-manichéen insipide, il incarne un avocat aux dents longues qui se repent de ses erreurs. L'Associé du Diable. Cruise désormais veut son nom exclusif en haut de l'affiche. Out Gene Hackman, qui par contrat doit aussi avoir son nom en haut de l'affiche. Des requins...
Ou des Vampires. Mais là c'est Cruise qui se fait sucer. Tom ne plaît pas aux fans du livre de Anne Rice. Pire, il se fait voler la vedette par Banderas et surtout Brad Pitt, que les médias essaient de placer en rival. Cruise n'obtient pas l'effet voulu avec son interprétation grotesque, et son Vampire se désintègre: un hit de plus quand même. C'est le troisième film d'affilée qui dépasse les 100 millions de $ au BO. Valeur sûre, il va prendre son ultime risque, une mission dîte impossible: producteur.

Et de 4. Et de 5. Cruise en haut de l'affiche de 5 blockbusters consécutifs. Seul Harrison Ford avait fait mieux. Ca positionne la star parmi les plus connues au niveau mondial. Professionnel jusqu'au bout, mais soucieux de son image, de plus en plus. Plaintes contre les Tabloïds, interviews de plus en plus rares, chieur sur le plateau de Mission: Impossible, son nouveau bébé.
Producteur, acteur-star d'un des films de l'année (série TV, musique, casting, De Palma...), il impose sa vision (comprendre : son montage), et se met en valeur. Epaules affaissées, pas très action-hero, jouant de ses machoires, il ébauche un casting de rêve (Emmanuelle Béart, Jean Réno, Kristin Scott-Thomas et dans un caméo son ami de 20 ans, Emilio Estevez) et suffisamment cosmopolite pour, au final, fabriquer un hit à 350 millions de $ de recettes. Cruise s'est trouvé son "Jack Ryan", son assurance BO.
Mais s'il éblouit les spectateurs avec ses prouesses sous le Tunnel sous la Manche (à défaut de nous embraser lorsqu'il embrasse Béart), c'est avec son personnage de Jerry Maguire, qu'il va tenter d'obtenir une reconnaissance jamais vraiment acquise.
Jerry c'est un mec qui a tout, qui perd tout, qui reconquiert tout. Un loser sentimental et un battant sans morale. Un Américain typique, obsédé par le fric et en recherche de famille. Un mec qui ressemble à Cruise, qui affronte les médisants, et croit en sa foi. Il cherche un sens à sa vie, entre son portefeuille d'actions et ses bonnes actions. le mec qui a le droit à l'erreur, ce qui le rend parfait. Maguire obtient le Golden Globe, se fait snobber par les Oscars, séduit les ménagères de tous âges aux USA, et indiffèrent les Européennes. Entre ses larmes pour Zellweger et ses hurlements par cellulaire, Cruise symbolise le yuppie version 90s, l'occidental tel qu'il doit être.
Toujours en symbiose avec son temps, avec ses compatriotes, il s'interrompt 3 ans. Met en péril sa carrière. Fait transpirer les chefs de studios. Déménage à Londres. Et se tait.

Il a commencé en bande. Il a poursuivit en duo. Il a continué en solo, en haut de l'affiche. Le voilà à ne jouer que pour les plus hots des cinéastes. Tom Cruise met la barre très haut, et transforme sa carrière en suite d'événements. Une carrière exceptionnelle?
Avec Eyes Wide Shut, forcément. 5 de ses 7 plus gros hits ont été distribués après 93. En 96, lors de sa dernière apparaition sur grand écran, il était au top. Kubrick prépare alors son prochain film, son nouveau film, 9 ans après Full Metal Jacket. Malgré son autarcie, son autoritarisme, Kubrick est considéré comme un génie, un Maître. Le cinéaste Sydney Pollack (La Firme) lui donne le fax des Cruise. Kubrick cherche un duo d'acteurs, ultra-médiatiques, populaires, et hollywoodiens, pour une histoire de sexe, de fantasmes, de chair, et de peurs. Bref briser le tabou.
Il pense donc instantanément à Cruise-Kidman. Le couple ne peut pas refuser cette offre. Le destin leur donnera raison. Un sacrifice de 2 ans, peut-être. Deux ans de tournage, de prises faites et refaites, de casting qui change, de perfectionnisme, d'hystérie, et de mutisme. Le film sortira après le décès du réalisateur. Oeuvre posthume. Secrètement gardée par le studio. Où le couple se retrouve donc devant la caméra, nus. De l'Art. Et le couple se retrouve devant les micros, seuls. Du marketing.
Cruise aura donc réussi à cumuler Coppola, Scorsese, Stone, De Palma, Kubrick, ... en attendant Spielberg. Nul doute que si les yeux sont sur son Box Office, lui, a les yeux grand ouvert sur son avenir. Il lui manque l'oeuvre qui en fera le grand acteur de sa génération.
Après avoir produit Without Limits (une histoire vraie) en 98, il se donne donc à Paul Thomas Anderson, un génie en pente ascendante. Le flatteur Boogie Nights met en confiance. L'altmanien réalisateur écrit une épopée urbaine, un puzzle relationel, où Cruise, noyé dans un casting apprend qui est son père juste avant la mort de celui-ci. Cruise qui nous offre un show spectaculaire de "leader" de la semance et de la sexualité, le mec qui fait croire que les mecs en ont. Parodie de sa propre existence? En tout cas, après EWS, on le sent porté sur la chose. Ici le boxer noir moulant est remplacé par un slip blanc sexy, en guise de provoc, et d'écho à Risky Business. Bref Cruise s'exhibe, impudique, voulant choquer, et finalement se laisse aller à jouer un homme troublé par ses propres sentiments. On croit à l'Oscar. Il n'aura, là encore, que le Golden Globe. Mais avec ce genre de petits rôles, il peut nous faire croire qu'il est un bon comédien, prisonnier de son propre système.
Il enchaîne et joue la surenchère...

Cruise, aidé de sa collègue Paula Wagner, reprend sa double casquette producteur-acteur pour la suite de Mission Impossible, au casting politiquement correct ce coup-ci (et la jolie Thandie Newton). Et avec John Woo aux manoeuvres, qui orchestrera cette grosse machine comme il le pourra, basculant de moments inspirés à des séquences banales. Un coup de jeune, et un vrai style, pour cette série ciné. Le film sera son plus gros hit personnel jusqu'à La Guerre des Mondes en 2005, le hissant à la force du poignet au dessus du panier, lui laissant ainsi plus de liberté. De la liberté, il va en avoir puisque sa femme s'apprête à mettre les voiles...
La personnification du personnage, entre héros de western et James Bond américain, laisse un goût amer à ceux qui apprciaient la série TV. Cruise le carnassier adopte tout à son effigie : ça passe ou ça casse. Paradoxalement, il se met à part, dans le système, gérant son business en autarcie.
L'année 2000 va en fait sacrer près de vingt ans de carrière en constant crescendo, alternant des projets artistiquement ambitieux avec des productions typiquement hollywoodiennes. Rien de modeste pour ce prince arrogant et sûr de lui. Il enregistre son premier film à plus de 200 millions de $. Il célèbre ses 10 ans de mariage. Spielberg l'enrôle. De quoi pêter les plombs... (à suivre)

vincy (1997-2003)


 
 
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