Gemma Arterton, entre Londres et Paris, le Royaume Uni et la France, revient avec Une femme heureuse. A 32 ans, l'actrice est attendue dans SpaceDog and TurboCat (animation) et le biopic Vita and Virginia. Elle se prépare à tourner le prochain film de Julie Delpy, My Zoe, et Summerland de Jessica Swale.



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ADOLESCENCE & NONCHALENCE





Wes Anderson, grand « adulescent » américain, ne raconte que des histoires de familles disloquées et dysfonctionnelles. La famille au sens large où chaque pièce rapportée compose un puzzle qui, au final, doit être harmonieux. Mais l’harmonie selon Wes n’a rien à voir avec l’image préconçue que l’on peut avoir. Il préfère le métissage, le « recomposage », le contournement des jugements et des morales. Il aime mélanger les gens comme il mixe les formes. Lee cinéaste rassemble des vignettes et des collages avec des travellings au ralenti, des angles désaxés avec une symétrie parfaite et figée, des plans quasiment photographiques avec des distorsions visuelles au grand angle, … Visuellement le spectateur a toujours l’impression qu’il est là pour nous amuser, que les séquences sont conçues comme des gags, alors que le fond est toujours dramatique. La difficile quête de reconnaissance et le besoin vital d’émancipation font que les scénarii du cinéaste ont des enjeux qui frôlent le tragique, derrière le masque du burlesque.

Sa famille c’est aussi celle du cinéma. Lorsqu’il étudie la philosophie à l’Université du Texas, il rencontre un grand blond avec des idées parfois noires, Owen Wilson. Avec lui, il écrira ses trois premiers films. Véritable tandem, il l’emploiera aussi comme acteur, lui donnant toujours des rôles de bellâtres immatures et pathétiques ou dépressifs. Anderson changera de partenaire d’écriture après La Famille Tenenbaum, son film le plus maîtrisé à date en s’adjoignant le cinéaste Noah Baumbach, dont la parenté cinématographique est évidente, Roman Coppola et l’acteur Jason Schwartzman, qu’on retrouve dans trois de ses films. Bill Murray reste le recordman avec cinq œuvres sous la férule de Wes. Ce n’est pas un hasard. Quel comédien peut aussi bien incarner la distance et l’ironie, la dérision et la dépression, le décalage et la nonchalance nécessaires pour symboliser la filmographie de ce talentueux trentenaire ? Qu’il soit patron, intello ou aventurier, Murray est le parfait prototype du type solitaires qui essaie de s’en sortir en société.

Pourtant la solitude n’est pas viable selon l’auteur. Dans ses films, le groupe est plus fort que tout. Qu’il s’agisse d’une équipe ou d’une famille. Il est même indispensable, pour gagner, pour se libérer, pour s’affranchir, que le groupe (re)trouve sa cohésion. Car tous ces gamins, reconnus ou pas, portent les lourds bagages d’une enfance heureuse déchirée par des parents disparus ou séparés. Il s’agit pour eux de couper le cordon avec la mère et de tuer le père, et quand celui-ci est déjà enterré, il faut rechercher son substitut. Histoires de repères. Les accidents de la vie et les hasards de l’amour font le reste. Mais tous les « grands » enfants dans tous les films n’avancent pas, ne sortent pas de leurs névroses avant de s’être réconciliés entre eux ou avec leurs géniteurs. Le mécanisme s’avère du coup un peu répétitif au fil des oeuvres. Et si les décors ne changeaient pas – un bled du Texas, New York, les océans, Paris ou l’Inde – on pourrait même croire que le cinéaste, si inventif visuellement, tourne en rond et ne déborde pas d’imagination. Pourtant même Scorsese voit en lui son héritier. Anderson, influencé par la Nouvelle Vague, Le Lauréat, Satyajit Ray et Hal Ashby, est l’auteur cinématographique le plus poche des auteurs littéraires américains marquants comme F. Scott Fitzgerald, John Irving ou J.D. Salinger, dans leur approche humaniste et psychotique des gens. Il s’inspire aussi bien de la BD, de la photo, de la peinture que du Commandant Cousteau, la famille Glass ou même son amie Sofia Coppola (Hôtel Chevalier lorgne furieusement du côté de Lost in Translation). Malgré ce chaos créatif de départ, la cohérence est continuelle car il est omniprésent sur ses films : choix des musiques, direction artistique, image, scénario…Très stylisé, ses films ont un humour tantôt noir tantôt jaune, souvent acide, et il ne fait que maquiller la détresse de chacun. Tous ses personnages ont les ailes brûlées par une passion aliénante. Et tentent de se reconstruire, tout en se détruisant à base de médocs, alcools, clopes ou joints…Tous sont abimés physiquement (les cicatrices de Owen Wilson dans Darjeeling, le doigt coupé de Gwyneth Paltrow dans les Tenenbaums) ou psychologiquement (échappés de l'asile pour certains). Pourtant ils parviennent à nous faire sourire, à nous toucher, à ne pas nous déprimer. Sans doute parce que le réalisateur leur renvoie deux images : la mère trop sage, trop raisonnable, mais indispensable pilier pour que l’ensemble tienne ; et le père (ou son substitut) toujours roublard, arnaqueur, fraudeur, malin, soit la fantaisie essentielle pour ne pas trop prendre la vie au sérieux. Dans tous les cas, les enfants cherchent la voie du milieu. L’excès nuit, selon Anderson, mais il est vital de préférer la légèreté. Lui-même est un peu fantasque. Vivant entre Manhattan et Saint Germain des Prés, vêtu de costards très « fashion », ne reniant pas la pub (son père est même publiciste), il cultive la bizarrerie et l’excentricité comme d’autres ont le culte d’une époque révolue. Dandy flegmatique dans le look, bosser acharné sous les apparences. Il est le lien entre l’érudition cinéphile et la fashion attitude, entre Federico Fellini et Marc Jacobs. En cela il ressemble beaucoup à Sofia Coppola. Un perfectionniste qui apprécie les contributions du hasard. Un mythomane qui aime raconter des histoires pas forcément simples d’accès. Mais aussi un auteur qui emploie rarement « je » pour parler de son travail mais plutôt « nous » parce qu’il a ce sentiment que son œuvre est toujours collective, familiale. Comme ses familles dysfonctionnelles qui font le bonheur et les malheurs de ses œuvres.

vincy


 
 
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