Sara Forestier passe derrière la caméra pour son premier long métrage M, un film bancal, imparfait, naïf, fragile mais empli d'une irrépressible envie de faire du cinéma. La jeune comédienne a fait du chemin depuis L'Esquive et son prix de jeune espoir féminin en... 2004.



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PORTRAIT CHINOIS





Si Jackie était un sport, ce serait un art martial,
Si c'était un animal, ce serait ... un dragon (car son prénom chinois signifie « dragon »)
Si c'était un adjectif, ce serait vif (d’esprit, de gestes),
Si c'était du liquide, ce serait l'eau d'une cascade (parce qu'il les fait lui-même!) Ou bien de l'alcool (Drunken master)...

On a l'impression de bien connaître Jackie Chan, et de pouvoir le définir facilement ….D'ailleurs, on l'appelle «Jackie». Mais le connaît-on si bien ?

Première réaction (de fan) : « C’est la plus grande figure vivante du cinéma de Hong Kong. » En plus, il a l'air sympathique, et il paraît même qu'il résiste aux Triades.

Petit Jackie deviendra grand : du clone de Bruce Lee au clown international.
Jackie Chan est né au printemps 1954 à Hong Kong sous le nom de Chan Kwong-Sang (ou Kong-sang), fruit d'un chef-cuisinier et d'une femme de ménage. En 1961, Jackie n'avait que sept ans quand il s'engagea dans l'Institut de Recherche sur l'Opéra Chinois (Chinese Opéra Research Institute). À l'Opéra, Jackie apprit les arts martiaux, la danse, et aussi à jouer la comédie Il fit aussi connaissance avec Samo Hung et Yuen Biao qui deviendront eux aussi acteurs.
En 1971, Jackie obtient son diplôme. Malheureusement, l'opéra n’est plus à la mode. Après un détour en Australie, il décide de rentrer à Hong Kong et adopte le nom de Chen (Yuan) Long. Le studio Shaw Brothers l'engage comme cascadeur et extra. Il a obtenu son premier vrai rôle dans le film Little Tiger from Canton. En 1972, l'industrie du film de Hong Kong le remarqua dans Fist of Fury de Bruce Lee, où il devait remplacer M. Suzuki, le méchant.
Durant ce temps-là, le rêve de Jackie n'était pas vraiment de devenir un acteur, mais plutôt de devenir coordinateur des cascades ou "martial arts director". (Un de ses projets pour ses vieux jours serait d’ailleurs de créer une école de cascadeurs à Hong Kong.)
Ses talents d’acteur prennent cependant le dessus et Jackie se retrouve sur le devant de la scène (quand on ne le voit pas au cinéma, c’est dans une publicité ou un disque, car, oui, Jackie sait aussi chanter. Une partie de son succès s’explique par le fait que Chan a créé son propre style : la comédie Kung Fu (mélange d’acrobaties et de gag à la Buster Keaton), - même s’il sait jouer sur d'autres registres (New Police Story, en flic alcoolique, et en méchant dans Rumble in the Bronx).
Il a commencé sa carrière au cinéma en doublant Bruce Lee, puis il a fait pléthore de films à Hong Kong avant d'arriver sur nos écrans occidentaux. Le succès actuel de Stephen Chow doit beaucoup au travail de Jackie Chan.
Ceci dit , si les arts martiaux et les cascades passionnent Jackie, il n’en reste pas moins que son succès actuel est en grande partie dû à ses talents comiques, notamment aux États-Unis. Énorme bosseur, il innove, cherche des cascades pour épater le public. Il captive les producteurs américains, et il mise toujours sur des succès en salles comme en dvd, dans tous les pays du monde, où il tourne (des Pays-bas à la France).

Ruée vers l'ouest

En 1998, Rush Hour de Brett Rattner lance sa carrière mondiale, avec présentation aux Oscars, tournée des plateaux télés... Un “buddy movie” dont l’intrigue traite de la rétrocession de Hong Kong à la Chine: Jackie Chan joue Li, un officier de police chinois face à son opposé, un policier de Los Angeles incarné par Chris Tucker . Choc des cultures garanti avant que l'amitié ne les lie. 140 millions de $. La suite, Rush Hour 2, arrive sur les écrans en 2001 .Cette fois, les méchants sont asiatiques (Zhang Ziyi et John Lone). Le film fait encore mieux au box office (230 millions de $) et conduit fatalement à un Rush Hour 3.
L'autre carto(o)n américain est Shanghai Kid ( Shanghai Noon en VO), un autre “buddy movie” avec un mec tout aussi cool, mais blond! Jackie Chan interprète Chon Wang (ce qui donne John Wayne en anglais…) aux côtés d'un cow-boy antihéros (joué par Owen Wilson).
On le voit aussi en étrange Passepartout dans Le tour du monde en 80 jours où le livre de Jules Verne devient un véhicule pour Chan. le "blockbuster" ne remplit pas les espoirs des producteurs.

Jackie est une sorte de nouveau Candide aux USA, qui découvre un autre monde mais reste fidèle à ses origines. De plus, ses difficultés à prononcer certains mots font toujours l’objet de nombreux bêtisiers.Voire, ils servent de prétextes à certains gags dans les dialogues.
Le monsieur a un dessin animé à son nom. Il est un produit, qu'il dérive à l'infini.(NDLR: Kungfu nanny arrive sur les écrans français pour l'été 2010.) Fort de sa bonne image (pas le genre à fréquenter les prostituées) et de sa forte rentabilité au box office (ça ne coûte pas cher les cascades et ça comble des grands vides dans le scénario), il fait de son art (martial) un effet spécial. Mais peut-être, au delà d'avoir su propager avant l'heure le kung-fu dans le cinéma et les jeux vidéos (et sans effets numériques), que son talent le plus indéniable, le plus essentiel, est justement qu'il a une forme de don, de génie à imaginer des mouvements impossibles, des contorsions admirables, des actions défiant la réalité. Tout cela avec son corps. Un prodige physique, humain, naturel au milieu d'un monde numérique, immatériel.

Claire


 
 
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