Malgré pas mal de déceptions au box office depuis 8 ans, Will Smith continue de conforter son statut de mega-star avec le carton de Bad Boys for Life, après celui d'Aladdin l'an dernier. En attendant un éventuel Bad Boys 4, l'acteur prépare King Richard, sur le père des soeurs Williams, et The Council, autre histoire vraie sur une mafia afro-américaine de Harlem dans les années 1970.



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LE PRINCE D'HOLLYWOOD





Un nom simple à retenir, une bouille sympathique, un prince aussi charmant ne pouvait que se faire remarquer à Hollywood.
Acteur, chanteur, scénariste (Love for hire)... Will Smith est d'abord une star, sympa d'apparence, populaire d'évidence. Middle-class dans l'est des USA, signes extérieurs de richesse (barraque, bagnole, bijoux) sur la cote ouest.
Il fait ce métier pour le fun. De rappeur, il est passé comédien dans une sitcom ultra-populaire, où il jouait son propre rôle. Naturel, le Smith. Il incarnait un jeune mec des quartiers populaires migrant à Bel Air, banlieue huppée de Beverly Hills.
D'ailleurs, il ne joue pas vraiment, ou trop. Selon les méchantes langues dont nous ne ferons pas partie. A l'époque, il est l'un des rappeurs les plus célèbre aux USA, et l'un des plus primés aux Grammy Awards. Il a permis au rap de se faire accepter hors des ghettos.
On le voit mal dans un drame sentimental... Et voilà qu'il commence au cinéma avec 6 degrees of separation, d'après la pièce homonyme; il y interprète Paul, mythomane bisexuel, rêveur dangereux, homme de nulle part. Sans doute sa meilleure interprétation jusqu'à Bagger Vance et surtout Ali. Touchant en train d'embrasser les garçons, Will Smith montre une face cachée qui devrait lui servir pour des projets plus ambitieux...
Car il ne manque pas d'idées : il refuse De Palma (cachet trop faible), accepte Tony Scott et finance un film de Spike Lee. Il est ancré plutôt dans le système, alternant cinéma et disques, hits au BO et multiplatines...
Mais ne nous trompons pas; son modèle c'est Harrison Ford quand il s'agit de placer de l'humour dans un film comme ID4. Il a tendance a préféré le style "comics", allumant un cigare après avoir frappé un alien. Son sens de la dérision. Les ados adorent.
Will Smith a donc remplacé Eddie Murphy. Plus léger, plus physique, il n'hésite pas à donner la répartie à des gueules comme Tommy Lee Jones, Jeff Goldblum ou Kevin Kline. A cela s'ajoute toujours la jolie fille, indispensable, qu'on oublie d'ailleurs. Bien sûr, après les méga hits ID4, MIB et EOS, on s'est aperçu qu'il n'était pas invulnérable. Le très raté Wild Wild West, où il semblait faire sa propre imitation, n'a pas été le carton espéré. Son clip vidéo était presque meilleur...
On sent qu'il veut surprendre et profiter de son statut. Papa et mari heureux, il a créé un personnage fantomatique, optimiste, et mystique dans le film de Redford, La Légende de Bagger Vance. Il prouve ainsi qu'il n'est pas l'acteur d'un seul genre. Pour Ali, de Michael Mann, il se donne à fond pour ce rôle symbolique et reçoit les honneurs d'une nomination aux Oscars 2002, il s'est transformé avec passion, exigence et perfectionnisme en légende vivante de la boxe. Avant de reprendre son costume plus familier de Men In Black pour une suite triomphale.
Il marche désormais sur les traces d'Harrison Ford et Bruce Willis, question Box Office, avec le même sourire en coin désarmant. En espérant qu'il ne soit pas prisonnier de son image et qu'il suive l'exemple d'un Jim Carrey. Car il a du mal à sortir de son costume de justicier dans des thrillers d'anticipation (ID4, Enemy of the State, MIB, I Robot), où il balance des répliques cools tout en exhibant fessiers et biceps. De succès en succès, Will Smith vole très haut. Piégé par sa nature de mec "kewl", genre grand frère, il cherche des rôles différents, des genres à quoi se frotter (la comédie romantique Hitch par exemple). Par deux fois, Hollywood lui a versé des cachets montsrueux pour avoir sa bouille dans une suite (Bad Boys, MIB), par deux fois, les suites furent artistiquement plus décevantes. Il a perdu de son innocence avec le magnifique Ali, prenant enfin l'épaisseur nécessaire. En attendant de retrouver un personnage qui le mettra au défi. Il va lui falloir prendre de la bouteille pour devenir la première star black de western-moderne...

vincy


 
 
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