Tout juste trentenaire, Adèle Haenel s'est rapidement imposée dans le cinéma français en moins d'une décennie. Avec Portrait de la jeune fille en feu, elle brille de mille éclats entre regards de braise et flamme amoureuse. Déjà épatante dans Le Daim, à l'affiche de films qui font le buzz à Cannes et aux César, la jeune comédienne, déjà deux fois césarisée, est attendue dans Les héros ne meurent jamais, présentée à la Semaine, d'Aude-Léa Rapin.



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L'AME DU GUERRIER





  Ne cherchez plus d'où vient la force brute de Russell Crowe, cette virilité bourrue qui fait tout son charme : l'homme a du sang maori dans les veines. Né en Nouvelle-Zélande, installé en Australie, il n'est pas loin de ressembler au héros de La leçon de piano, un homme du bush des plus sexy, dont la force érotique n'a pas manqué attirer l'attention de Sharon Stone. Son premier nom de scène dans son groupe de rock en dit long sur le personnage : "Rus LeRoc"...

  Les téléspectateurs australiens le découvrent à l'âge de six ans dans une série télé, "Spyforce ", avant de le perdre au profit des boîtes de nuit (il est un temps disc jockey) et des maisons de disques (il enregistre avec son groupe). Il faut attendre 1986 pour le retrouver, sur les planches cette fois : engagé dans le "Rocky Horror Show ", il part sur les routes pendant deux ans puis s'installe à Sidney, où il décroche son premier rôle au cinéma, dans "Blood Oath ". Deux films suffisent alors à lancer sa carrière : Romper Stomper le fait remarquer, The Sum of Us lui offre une marche pour l'Amérique. Repéré par Sharon Stone et Curtis Hanson, il enchaîne aussitôt avec The Quick and the Dead (Mort ou Vif), de Sam Raimi, néo-western dans lequel il affiche un machisme de rigueur et L.A Confidential, remarquable polar qui lui offre une notoriété toute méritée. De Cannes aux Oscars, en brute sensible, en primitif obstiné, il fonce vers la gloire.

  A peine sorti de Virtuosity, un film dans lequel il joue un serial-killer virtuel ( !), Russell Crowe déploie ses talents de caméléon, se fond dans la noirceur de James Ellroy et sublime l'adaptation d'un de ses romans les plus cyniques. Le visage fermé, la musculature épaisse, la violence à fleur de peau... il est Bud White, flic aussi costaud que désespéré, qui emporte le cßur d'une Kim Basinger sosie de Veronica Lake. Naturellement peu souriant (pas une seule risette pendant toute la cérémonie des Oscars 2000), Russell Crowe explose avec ce rôle qui le révèle au grand public et le mène tout droit à une vraie performance, celle que lui offre Michael Mann.

  Russell Crowe est alors âgé de 33 ans, il respire l'équilibre et la force tranquille, puisées dans la ferme qu'il habite au fin fond de l'Australie. Mais c'est en lui que le réalisateur de Heat voit Jeffrey Wigand, un scientifique de 52 ans à l'origine de l'un des plus gros scandales de l'industrie du tabac. Pour The Insider (Révélations), l'histoire vraie de cet homme qui paya fort cher son honnêteté, Russell Crowe prend plus de 15 kilos à coup de bourbon et de hamburgers et multiplie les teintures pour entrer dans la peau de ce scientifique traqué, perdu dans ses propres conflits. Un vrai challenge pour ce perfectionniste : "je me sens plus à l'aise dans un monde de fiction, parce que je peux décider de mon personnage. C'est bien sûr plus facile sans la responsabilité de faire honneur à cet homme et ce qu'il a traversé"(1). Russell Crowe a d'ailleurs longtemps refusé de voir le film, craignant de ne pas avoir été fidèle à Jeffrey Wigand.
La nomination aux Oscars est en tout cas au bout de la route, même si c'est Kevin Spacey qui remporte la statuette. Mais qu'importe une cérémonie guindée à celui qui fit vibrer le Viper Room (la boîte de Johnny Depp) avec son groupe, Thirty Odd Foot of Grunts.

  A nouveau brun et mince, Russell Crowe reprend cette fois le chemin de la salle de musculation pour un nouveau défi, le Gladiator de Ridley Scott. Le film ne ressemble à rien de ce qu'il a déjà fait : "travailler avec Ridley, c'était comme faire de la physique quantique avec Picasso " (2). Maximus, le nom de son gladiateur, lui va comme un gant, pour un maximum de virilité à l'écran. Résultat : ce rôle de géant aux pieds d'argile lui permettra d'obtenir un Oscar amplement mérité depuis plus de 4 ans avec un péplum qui plait aux ados. Crowe couronné. Surtout la statuette lui permet de ponctuer une année riche en événements : le succès mondial de Gladiator, son accident sur le tournage du film de Jodie Foster (Flora Plum est depuis interrompu), sa relation et sa séparation hautement médiatisées avec Meg Ryan, des menaces de morts (ils s'entourent de gardes du corps...). Russell Crowe est parmi les acteurs les plus sexy, les mieux payés, les plus demandés. Bref, une star.
Il enchaîne alors un projet par an, seulement. Un rôle à la RainMan (et oscar du meilleur film) dans le consensuel A beautiful mind, un personnage tout en charisme dans le magnifique Master and Commander, encore chouchou des Oscars, en attendant un boxer chez Ron Howard (again) et un retour aux sources en Australie, avec l'autre star du coin, Nicole Kidman.

vincy, mathilde


 
 
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