Oscar Isaac est guatémaltèque. Mais surtout l'un des héros de la nouvelle trilogie Star Wars. De quoi le rendre très populaire. Beaucoup plus qu'avec La Promesse et Bienvenue à Suburbicon, deux films toujours à l'affiche en France. Et ce n'est pas terminé. Il a achevé Anhihilation de Alex Garland, Life itself de Dan Fogelman et tourne Operation Finale de Chris Weitz avec Mélanie Laurent et At Eternity's Gate de Julian Schnabel avec Niels Arestrup.



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POURQUOI PAS LUI?





   Ca n'a pas commencé si mal. Un petit rôle chez Clouzot où il devait espionner Signoret. Coupé au montage. La tentation du cinéma était déjà là. Quelques cours à la rue Blanche, des cachetons avec Dutronc qui pensait à la musique alors que Johnny voulait du théâtre. Déjà le studio pour l'un et la scène pour l'autre. Puis un jeu drôle avec Deneuve. Il devient ami de Vadim, le compagnon de la jeune Catherine. Il chante "Retiens la nuit" dans une scène.
L'étincelle... Il fut d'abord chanteur. Peu de stars de la scène ont eu le droit à une belle carrière cinématographique. Bien sûr on pourrait comparer à Elvis. D'ailleurs les producteurs français ont voulu en faire un Elvis, mélangeant ses disques avec d'incomparables nanars du 7ème Art. Ses films sont remontés par le producteur à l'insu du réalisateur, abandonnés en plein tournage (pour cause de manque de liquidités) ou carrément non distribués en salles. Au début des seventies, il tourne un western minable, un film fou de Robert Hossein (où il meurre à la fin). Le purgatoire débute. Lelouch - qui a réalisé quelques uns de ses scopitones - l'enrôle pour jouer quasiment son propre personnage. La vedette s'appelle Brel. Hallyday a décidément du mal à faire croire qu'il peut être un autre.
Là où les Américains font des dollars une référence, en France il faut gagner l'estime, le respect, atteindre une qualité labellisée. Chevalier, Dutronc et surtout Montand y sont parvenus. De manière un peu plus aléatoire Mitchell, Souchon, Bruel, Bashung, Birkin ont eu le droit à quelques très beaux rôles. Johnny, icône nationale, où chaque apparition fait déplacer toute la France, des prolos aux élites, a du attendre avant de se faire aimer par le cinéma. Pourtant toute sa vie tourne autour. Ce chanteur fasciné par l'Amérique et ses symboles devait se sentir trop à l'étroit dans ces histoires de cafés et de mélos du cinéma d'auteur. Lui qui incarne une légende de la variété (un peu plus rock au milieu des stades), cette bête de scène qui voyait sa vie privée devenir publique ad vitam eternam (qui ignore David, Laura, toutes ses ex... ?) se voyait aux portes du pénitencier cinématographique.
En 85, tandis que son plus bel album sort (Rock n' Roll Attitude, ce qui l'illustre parfaitement), Johnny nait au cinéma. Il l'avoue lui-même : c'est son premier vrai film. Enfin. Sa compagne est multi-césarisée. L'étape était obligatoire. Il a suffit que Godard lui propose ce pari si singulier, ce tournage si original. Il avait refusé Mocky, Pialat l'avait finalement boudé. Il enchainera avec Costa Gavras. Beau doublé même si les films ne sont ni les meilleurs de leurs auteurs, ni des prestations mémorables. Tout juste parvient il à nous faire oublier son blouson de cuir et sa guitare. Il erre dans des univers qui ne sont pas les siens. Ce qui lui donne naturellement une autre dimension. Mais pas encore l'épaisseur voulue. Aussi avec les échecs successifs (pour ne pas dire pire) de Terminus, Le Triangle de fer et de La Gamine, la carrière de Johnny avorte dès le début des années 90. Il confond souvent copinage, amour du genre (généralement films à l'américaine avec des moyens français) et fidélité pour que ses choix s'avèrent muris. La télé le sauve un peu, avec la série David Lansky. Après La Gamine, il comprend le désamour entre le cinéma et lui, entre son public et ses choix.
Sa filmographie est très pauvre quand il aborde sa quatrième décennie de chanteur. L'acteur abandonné ne semble pas avoir la gueule (qu'est-ce qu'elle a?) de l'emploi. Peut être parce qu'il fallait attendre.
Attendre qu'il soit prêt à jouer avec son image, à se confronter à des sujets inhabituels, à se glisser dans un personnage qui assume le fait d'être Johnny tout en se glissant dans la peau d'un autre. Il en avait l'envie. Pas forcément l'allure.
Après une apparition qui lui redonne le goût de jouer (Paparazzi grâce au désir de Lindon), on lui propose de nouveaux types de scripts. il accepte un second rôle sobre et paternel pour un premier film, celui du jeune Giusti où sa fille est lesbienne. Cela lui donne des envies de producteur. Masson pensait réaliser un documentaire sur lui. Elle l'aventure vers une douce schizophrénie adulatoire où son Love me est un "Que je t'aime" allégorique crié par Kiberlain. L'homme, l'acteur, le chanteur se confondent. en effet, il y chante, se prête au jeu de l'adoration. Une forme d'introspection visuelle. Il enchaîne avec un caméo chez son pote Stévenin (qu'on retrouve chez Leconte) dans l'acclamé Mischka.
Hallyday se laisse aller à des choix audacieux, où son public ne le suit pas, indifférent à ce cinéma si loin de sa personnalité proche des masses. Près de 48 ans après son premier pas sur un plateau, 42 ans après son premier single, 18 ans après son premier bon film, Johnny Hallyday, à quelques mois de ses soixantes bougies et d'une nouvelle tournée hexagonale, est enfin considéré comme un comédien. Il obtient les faveurs des critiques et trouve son meilleur rôle dans son meilleur film.
Doublé tardif mais rêvé. Venise l'accueille chaleureusement. On retrouve ici la sobriété, le minimalisme et une forme de noirceur qui existait dans certains de ses clips vidéos. Il n'a plus à prouver son talent de comédien. Car Leconte lui a offert le cadeau magnifique de jouer avec son image de cow boy, de rocker, tout en la mélangeant à celle plus imaginaire du papa, du mec normal et pantouflard. Un film noir et allégorique qui l'emmène dans un western moderne où il rêve d'une autre vie, comme un chanteur espère être acteur. Un plaisir réel pour le spectateur, une première. Alors, il songe aux projets qui se multiplient dans sa tête, s'essaient au polar (Crime Spree), aimerait jouer avec Ruiz comme Veber. Il gardera le costard du protagonniste fictif qu'il incarne. Même si c'est davantage le protagoniste qui habille Johnny. Il collectionne les claps de fin. Pour lui, finalement, ce ne sera pas pour maintenant.

vincy


 
 
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