Guillaume Canet ne savait rien du scénario et a du improviser durant six jours pour interpréter le rôle d'un père devenu fou pour retrouver son Garçon. Après le succès correct de Rock n'Roll, le cinéaste retrouve ainsi le plaisir de jouer: on l'attend chez Gilles Lellouche, Cédric Anger et Olivier Assayas.



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Lorsque après son échec au Bac, son père lui offre une caméra et une petite somme d'argent, ce n'est certes pas pour le récompenser, mais pour accorder une nouvelle chance au jeune Claude qui n'a aucune disposition pour les études et une seule idée en tête, faire des films. "J'ai un amour fou pour le cinéma depuis ma plus tendre enfance. Alors, j'ai eu envie que la vie ressemble au cinéma". Tout est dans cette phrase.

C'est donc sans bagage culturel qu'il se lance à la découverte du monde, l'oeil rivé à l'oeilleton de sa caméra, affamé d'images. Il vendra très cher à une télévision américaine celles qu'a volé son objectif, dissimulé sous un imperméable, au cours d'un voyage en URSS. A Suez, à Budapest, il est "sur l'événement", en reporter chevronné dont, à vingt ans à peine, il mérite déjà la réputation. Aussi est-ce avec l'argent qu'il a, selon le voeu de son père, fait "fructifier" que Lelouch, en 1960, crée Les Films 13, société qui produira la trentaine de longs métrages réalisés en autant d'années d'une carrière qui ne connaîtra aucune interruption.

"Mes histoires sont peut-être naïves et mes raisonnements simplistes, mais ce sont les miens". Auteur complet de ses films, Lelouch porte lui-même la caméra : "Que dirait-on si un peintre donnait son pinceau à un autre ?". Quant à sa conception du cinéma, qui a rallié les suffrages du grand public tout en laissant la critique réservée, elle tient dans cette courte définition : "Je n'ai jamais cessé d'être un cameraman d'actualité qui fait de la fiction". Elle révèle une rare modestie que confirme cet autojugement : "Jusqu'à maintenant, j'ai réussi des séquences... qui m'ont permis de survivre et d'acquérir une certaine notoriété".

Lelouch est trop modeste : certains de ses films, dans leur totalité, dispensent au spectateur la même euphorie qu'auteur, comédiens et techniciens ont visiblement ressentie en les tournant. Il s'agit de ses oeuvres les plus spontanées, Le Voyou (1970), Smic, smac, smoc (1971), Le Bon et les Méchants (1976), Robert et Robert (1978), Itinéraire d'un enfant gâté (1988), entre autres, dont les personnages débordent d'une vitalité, d'une chaleur, d'une grâce et d'un humour que seuls savent susciter les grands directeurs d'acteurs. Lelouch est de ceux-là.

Mais voilà, Lelouch, après l'immense succès d'Itinéraire, le César de Belmondo et finalement 20 ans de cinéma populaire (Les Uns et les autres ont sacré Béjar et Ravel à moins que ce ne soit l'inverse), n'est parvenu qu'une seule fois à toucher le public avec un vaudeville sur l'infidélité (Tout ça pour ça).
Pour le reste, on repassera. Cinématographiquement, son seul film talentueux est bien le premier. Le reste n'est que répétition. En terme de plaisir, et de scénario, Itinéraire est le seul film maîtrisé, où son style se mélange harmonieusement à la technique et aux ambitions du projet. Bref, son film le plus ragardable.
Hélas, Lelouch, depuis les années 90 est alzheimer : il répète les mêmes thèmes à longueur de film comme s'il avait oublié le précédent. Sa caméra continue de tourner sur des airs ringards de Francis Lai. Il nous vend l'amour comme un VRP nous parle de sa camelote. Il offre une vision à l'eau de rose des romances qu'il invente comme un ado s'imagine l'amour sous ses draps. Il n'y a jamais de relief, jamais de sexe, jamais de profondeur dans ces relations factices, fabriquées pour du cinéma et qui résonne comme du mauvais théâtre. Avec ses principes de beauf romantique et conservateur, Lelouch s'enferme, isolé, sans relation avec la réalité, avec le reste du monde (succession de cartes postales). Il fait dire des citations convenues, des banalités creuses. Il montre des couchers de soleil. Il invente un marketing narcissique, victimisant, où les photos de ses tournages n'exhibent que lui et sa caméra. Ego surdimensionné. Touchant? Pas tant. Car comment cet homme qui a perdu autant d'argent avec ses films peut-il arriver encore à se lancer dans des projets démesurés et déjà vus?
Il s'auto-caricature de plus en plus, ses dialogues flirtent avec le ridicules, ses personnages sont ceux d'un autre monde. Ses tics le trahissent. Malade, son cinéma ne parvient plus à nous séduire, à nous faire rire, il nous fait pitié. On a envie de le débrancher de sa caméra. Lelouch tourne en rond autour de ses leitmotivs (dignes d'un thème astral). Une Palme d'or pour arriver, à travers hasards et coîncidences, au désastreux And now Ladies and Gentleman...... Nul doute qu'on fredonnera quand même Chabadabada au delà de ses funérailles. Mais le spectacle est macabre depuis longtemps, Mister Lelouch. C'est triste. On reverra alors volontiers cette lionne courir à travers la savane, librement. Vous vous réincarnerez en quoi?

chris, vincy


 
 
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