Diane Kruger a tourné son premier film dans sa langue maternelle avec In The Fade. Résultat: un prix d'interprétation à Cannes, un Golden Globe du meilleur film étranger. Depuis l'actrice a été à l'affiche de Tout nous sépare, a tourné JT Leroy avec Kristen Stewart, et tourne actuellement The Women of Marwen de Robert Zemeckis. De grands écarts qui payent.



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DESIREE





Une brune aussi lumineuse c'est assez rare dans le cinéma....Fanny Ardant s'est doucement imposée parmi les actrices indispensables du film français. Pas du tout star, grande comédienne, adepte du joli mensonge, et caméléon joyeuse, elle célèbre 20 ans de carrière en haut de l'affiche. En toute discrétion. Pour ne pas dire avec l'art de cultiver le secret. Ce parfum énigmatique de la star insaisissable et fascinante.
A peine plus que Béart, moins que Huppert, autant que Marceau. Bien sûr il y avait eu les feuilletons romantiques et dramatiques de la télévision, avant...

Tout commença avec l'homme de sa vie, pas des moindres, Truffaut. Leurs vies se croisèrent, elle fut la dernière femme de cet Homme à femmes. Difficile de lui voler ces derniers instants. Deux films seulement, quelques années, mais l'actrice avait tracé son chemin. En secrétaire en imper dans le noir et blanc Vivement Dimanche!, Ardant fait oublier les blondes Hitchcockiennes.
De là, son parcours sinueux, hésitant, instinctif passe par des réalisateurs brillants (dont Resnais, Deville, Costa-Gavras...).
Son talent est indéniable, mais reste discret aux yeux du Grand Public. Alors Fanny s'efface dans des films plutôt intimistes et hors-festivals.
Une zone d'ombre s'empare d'elle. Elle reviendra rayonnante, pour un temps, dans une épopée pour les télévisions européennes.

Il faudra attendre 1994 pour parler du grand retour de Fanny Ardant. Les années ont passé, comme le vin, elle s'est améliorée: radieuse, légère, elle assume des rôles plus variés, et enchaîne les louanges et les succès...Chabert où elle retrouve Depardieu, Pédale Douce, le plus gros succès de l'année en France, où elle ose faire rire, et puis aussi du Guitry face à Belmondo, avec Désiré.
Toujours très bien entourée, de nouveau approchée par des grands réalisateur, Ardant récolte une reconnaissance jamais vraiment obtenue. Jusqu'au César pour son rôle de tenancière de cage aux folles, en offrant son rire généreux et communicatif, sa voix cassante et de femme blessée qui ne veut pas se faire briser.
Il est aussi intéressant de constater que 1996 sera son triomphe international. Après le très américain Sabrina où elle se ballade le temps de quelques scènes, l'Amérique l'accueillera comme une star grâce à Ridicule, dans un rôle sensuel, poudré, arachnophile, à la Madame de Merteuil. Elle a conquis la France, ouvert le Festival de Cannes, et le film était parmi les favoris pour l'Oscar du Film étranger. Elle a aussi fait son retour au théatre avec une pièce sur la Callas, Master Class. Aux USA Faye Dunaway s'est octroyé le rôle. Elle sera la Callas, forever, de Zeffirelli.
Après cette année de rêve, elle connaîtra la débandade, séduite par les vieux messieurs ou les libertins trop malins. Ardant ne charme pas le public, qui attend d'elle des excès, des troublantes révélations avec sa voix grave, des émotions à fleur de peau. Après de sérieux fours, où elle s'essayant à la comédie, la voici de retour avec le Ozon, au casting flamboyant, mais surtout avec Change moi ma vie. Femme égarée, ultra-sensible, elle ne se sauve de ce monde impitoyable - de ce système violent - qu'en rescapant des âmes encore plus perdues.
Elle offre alors une composition digne des plus grandes tragédiennes, où chaque millimètres de peau exprime un sentiment venu des mystères les plus opaques... C'est ce parfum de dame en noir qui se dégage de son sillage. Envoûtante sirène, méduse farouche, et encore plus belle dans la réalité, dont elle semble pourtant complètement déconnectée. C'est peut-être de ce décalage qu'elle tire cette beauté évanescente, irradiante.

vincy


 
 
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