Cinq ans après Nymphomaniac, Lars von Trier est de retour avec un film perturbant. Normal pour un cinéaste perturbé? L'artiste n'est-il pas le psychopathe du film? Toujours est-il que 7 ans après son bannissement de Cannes, le réalisateur danois est revenu sur la Croisette avec The House That Jack Built, hors compétition. A 62 ans, LVT a encore la vie devant lui mais aussi des scandales de harcèlement aux trousses.



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DEL TORO DE FUEGO





Notre admiration sans borne pour Benicio Del Toro est née à la vision de Las Vegas Parano, le trip halluciné de Terry Gilliam. Aux cotés de Johnny Depp, le ténébreux Benicio Del Toro incarnait le Dr Gonzo, un avocat crade, bedonnant, grotesque et surréaliste. Que le petit truand au phrasé incompréhensible de The Usual Suspects soit devenu cette poubelle humaine était une transformation digne de celle de Robert De Niro dans Raging Bull, une performance hélas ignorée car à cette époque, Benicio Del Toro faisait partie de ces second rôles brillants sur lesquels on ne parvient jamais à poser un nom, de ces acteurs rarement en haut de l'affiche comme David Morse ou Peter Stormare.

L'avocat drogué de Las Vegas Parano, comble du cinéma se révèlera aux yeux du grand public grâce à son rôle de policier mexicain anti-drogue séduisant et désespéré dans Traffic, chef d'oeuvre de Steven Soderbergh. Son talent est salué par tous. L'acteur portoricain s'est désormais fait un nom et une réputation, croulant sous les récompenses, le Golden Globe du Meilleur acteur dans un second rôle, l'Ours d'argent du Festival de Berlin avant sans doute l'Oscar le 25 mars prochain.
Qui aurait pu prédire que ce portoricain né le 19 février 1967 à San German (où ça?), le cadet d'une famille aisée de l'île, serait l'un des acteurs les plus prometteurs de sa génération ?
Après le décès de sa mère, son père, avocat de profession l'emmène avec le reste de sa famille vivre en Pennsylvanie. Le jeune Benicio, un peu rebelle, joue au basket et gratte avec passion la guitare rêvant d'une vie de rock-star ou de vedette de NBA comme beaucoup de jeunes américains. A l'Université de San Diego, il suit des études de Droit, s'y ennuie mortellement et s'inscrit dans un cours d'art dramatique. Une vocation est née.
Il décide de renoncer à la carrière d'avocat rêvée par son père et part étudier la comédie à New York Il suit les cours de Stella Adler et commence à apprendre le métier sur le tas.

Il joue les utilités, étant le mec " basané " de service dans des séries télés comme "Deux Flics à Miami" ou "Drug Wars: The Camarena Story" ( déjà sur le trafic de drogue) puis fait de brèves apparitions au cinéma dans Big Top Pee Wee, Permis de Tuer ou encore le Christophe Colomb de John Glen. Il joue même dans un film espagnol, Macho de Bigas Luna (avec la petite de La Vérité si je mens 2 Elsa Tovati) : bref, il court le cachet sans remords, ni regrets.
Mais il était évident qu'au premier rôle un peu plus consistant, son regard triste, son timbre de voix rauque, sa capacité à changer de peau seraient remarqués par des réalisateurs plus ambitieux.

Après un premier rôle intéressant dans Etat Second de Peter Weir et avoir rencontré Kevin Spacey sur le tournage de Swimming with Sharks, il tourne dans un supposé petit polar réalisé par un jeune metteur en scène encore méconnu Bryan Singer et écrit par un jeune auteur Christopher McQuarrie. Le film deviendra culte (grâce à son coktail de film noir et d'humour cynique). The Usual Suspects, polar brillantissisme et retors met Del Toro sur les bons rails, lui permettant d'obtenir son premier prix d'interprétation pour un second rôle aux Indépendant Spirit Awards en 1996.
Il peut désormais choisir ses rôles et tourne successivement dans deux des films américains indépendants parmi les plus intéressants des années 90, Nos Funérailles d'Abel Ferrara et Basquiat de Julian Schnabel. Il rafle même pour ce dernier un nouveau prix d'interprétation dans un second rôle aux Indépendant Spirit Awards.
Il réalise alors un incroyable pari d'acteur. Plutôt que de jouer les latins lover typés, il préfère se métamorphoser en Dr Gonzo, avocat obèse sous mescaline, le comparse d'Hunter Thompson. Un rôle hallucinant dans tout les sens du terme.
Après ce film, il fait un petit break pour se consacrer à son projet le plus personnel : réaliser un film sur Che Guevara. Il aimerait en effet passer à la réalisation d'un long-métrage et a déjà mis en scène un court en 1995, intitulé Submission sélectionné au Festival de Venise.

L'année 2000 sera l'année du cyclone Del Toro. Trois films, trois rôles mémorables. Le polar survolté SnatchThe Way Of The Gun, le premier film de Christopher McQuarrie dans lequel il prouve qu'il peut tenir le premier rôle et bien sûr Traffic de Steven Soderbergh. Il enchaîne les films sombres, parce que son regard inspire certainement cette fêlure entre le bien et le mal, la justice et la culpabilité. Il suffit de voir 21 grammes pour comprendre comment Del Toro peut faire passer toutes les nuances d'un personnages et nous le "vendre" malgré ses allures monstrueuses. Il avait déjà croisé Sean Penn, par ailleurs, puisque le cinéaste l'avait exigé pour un petit rôle indispensable dans le pessimiste The Pledge :Sean Penn était l'un des premiers à avoir cru en son talent, en lui donnant un petit rôle dans The Indian Runner, son premier film.
Le réalisateur d'Erin Brockovitch et de Traffic, Steven Soderbergh dit de lui qu'"il a le potentiel d'une star", et " qu'un jour, il va casser la baraque".
Ce jour est arrivé. Au moins dans le coeur des cinéphiles.

yannick, vincy


 
 
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