Pedro Almodovar est notre nouveau Président. Celui de Cannes évidemment. 70e du nom, ce multi-primé sur la Croisette, insufflera sa folie movida et son drama mélo dans un Festival en fête. Ce sera aussi peut-être pour lui l'occasion d'annoncer son prochain film...



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 (c) Ecran Noir 96 - 17



   







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THE BEAUTY AND THE BEATTY





  Il y a des actrices qui ont un itinéraire un peu hors-normes. Où la carrière se mêle à la vie privée, où les hauts effacent les bas, où la maturité améliore les performances... Ironiquement, Annette Bening, loin des stéréotypes hollywoodiens, connaît sa plus belle année, près de 13 ans après avoir débuté, au début de sa quarantaine, à l'âge où les actrices déclinent.

American Beauty, le film-phénomène de Sam Mendès, lui apporte non seulement les lauriers (multiples nominations et récompenses) mais aussi une reconnaissance publique jamais vue, puisque le film est son premier véritable hit mondial.
Pourtant la filmographie de Annette Bening est assez impressionnante à la vue des cinéastes qui l'ont désirée : Nichols (3 fois), Levinson, Frears, Forman, Reiner... Hélas, ce furent rarement leurs meilleurs films ou leurs plus gros succès. De Reiner lui offrant sa meilleure comédie romantique à Forman lui donnant son rôle le plus cynique, Bening explore toutes les facettes de son jeu, de la garce à la militante, de l'amoureuse à la femme fatale, de la névrosée à la psychosée. Cette diversité lui permet d'échapper aux étiquettes, certes, mais elle a l'inconvénient de dérouter producteurs et réalisateurs.

  Annette Bening doit beaucoup à Stephen Frears. The Grifters (Les Arnaqueurs), polar noir, met en scène un triangle passionnel où Anjelica Huston (en mère) et Bening (en amante) se substituent. Performance remarquable qui lui vaut les bravos et sa première nomination aux Oscars. C'est aussi en voyant ce film que Warren Beatty, le Don Juan d'Hollywood, à l'époque dans les bras de Madonna (très en "vogue"), décide de la choisir dans le rôle principal féminin de Bugsy.
L'actrice, à la ville comme à l'écran, tombera sous le charme du frère de Shirley MacLaine (avec qui elle à joué dans Postcards from the edge). L'hidalgo du 7ème Art se laisse piéger; le mariage fut le premier miracle; les 3 enfants qui suivirent (et qui valurent à Madame Beatty plusieurs années de vide filmographique) ancrèrent Warren Beatty dans une paternité tardive et une fidélité inattendue. Ils forment du coup l'un des couples les convoités du cinéma.
A l'écran, le duo a moins de chance. Bugsy puis Love Affair font des flops. Et Beatty, déjà rare à l'écran, pense plus à la politique et à ses mômes qu'aux tournages.

  C'est un cas similaire pour Annette B. qui joue de moins en moins, et ne renoue avec les plateaux qu'en 98. Connue des cinéphiles mais loin d'être une star, elle ne reçoit que des rôles mineurs. DreamWorks lui apporte deux projets consécutifs : un film de Neil Jordan et un premier film, dont le script esté blouissant. American Beauty l'a rend femme au foyer, matérialiste, hystérique, tueuse, infidèle, ... un rôle à la Kathleen Turner, une serial mom en puissance.
Imprévisible et séduisante, banale et intriguante, Bening fait sa vie en dilettante, axant ses priorités sur sa famille, exprimant des avis tranchés sur la politique, tout en restant discrète.
Excellente comédienne, souvent mal utilisée ou sous exploitée, elle arrive à un virage difficile quetion âge, tandis que les rôles s'amenuisent.
Il lui en resterait bien un : femme de gouverneur, à défaut d'être femme de Président (déjà fait dans la fiction), si Warren Beatty se présentait en Californie ou ailleurs... Ca reste du cinéma.

vincy


 
 
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