Gaspard Ulliel, on l'a quitté en révolutionnaire dans un peuple et son roi. Après l'avoir vu dans 9 doigts et Eva cette année, le voici dans un 4e film, Les confins du monde. Son César en 2017 l'a conduit à être très sollicité. Si il ajoute Jacquot, Schoeller et Nicloux à son tableau de chasse, il continue surtout à choisir des projets exigeants. Il sera à l'affiche du prochain film de Justine Triet, avec Exarchopolous, Schneider et Efira!



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Gaspard Ulliel



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Penelope Cruz




 




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UN ENFANT DU PARADIS





Dussollier aurait pu être prof de philo, ou sociétaire de la comédie française. Après tout, il a fait le conservatoire... La voix haute et claire, il clamera souvent son amour pour les planches. Et parmi ses copains de conservatoire, il sera le premier à être dragué par le cinéma. Etrange aventure alors, quasiment une folie. Mais qui refuserait un petit rôle chez Truffaut ? Dussollier c'est un discret. On remarque sa grande taille, ses cheveux bien coiffés, son allure de beau jeune homme de bonne famille. Personne ne se doute de son potentiel comique.
Pourtant, par sa grande liberté de choix,replique montre Dussollier va construire un itinéraire singulier, diversifié, épousant plusieurs familles du cinéma français, séduisant à la fois cinéphiles et grand public, masses populaires et intégristes de l'art et essai.
Dussollier ne semble bien que lorsqu'il varie ses plaisirs. Après Truffaut, il se fait engager par Lelouch, Chabrol, Chouraqui... et joue de petites scènes parmi les plus grands acteurs de l'époque.
A l'époque le cinéma est européen, il tourne partout. C'est Perceval le Gallois de Rohmer qui lui fait jouer son premier rôle marquant. Même si on retient surtout Luchini. 10 ans après ses débuts, Dussollier n'est pas l'acteur qu'il va devenir. Son parcours se fera sur la durée, comme les bons vins. Il lui faudra même vingt ans pour devenir l'acteur indispensable du cinéma français...

Car derrière cette eau qui semble dormir, il y a un volcan qui sommeille. Rohmer va déclencher la première salve. Mais c'est Resnais qui va le révéler.
On pourrait d'ailleurs presque dire que sans Resnais, Dussollier n'en serait pas là. En se choisissant simultanément Arditi et Dussollier comme doubles du cinéaste, Alain Resnais se créé une famille (il faut rajouter Azéma) qui va habiter plusieurs films : La vie est un roman, L'amour à mort, Mélo, On connaît la chanson. En ajoutant Rivette à sa filmo, Dussollier est classé acteur des cinéastes héritiers de la Nouvelle Vague. Il n'est pas connu des spectateurs mais il est apprécié des lecteurs des Cahiers du Cinéma. C'est une femme (Coline Serreau) qui va le rendre populaire. D'un seul film, naîtra une vénération de toute la profession. Trois hommes et un couffin sera l'un des plus grands succès de l'histoire du cinéma français. Dussollier incarne un steward volage et légèrement lâche, où la quarantaine approchante, il se remet en question. En nouveau papa, il renvoie l'image de l'identité masculine contemporaine ; immédiatement il attire compassion et sympathie. Paradoxalement, ses compères Boujenah et Giraud prolongeront leur état de grâce avec différents succès sur les planches, alors que Dussollier deviendra la vraie tête d'affiche cinématographique. Mais il aura du mal à s'installer, avec des films aussi confidentiels que ceux de Labrune, Duras, Girod... là encore il rebondira grâce à une autre femme, Elisabeth Rappeneau, qui lui offre le rôle du frère névrosé de Deneuve dans un thriller hitchcockien. Dussollier étend son registre et prouve qu'il peut tout jouer : l'angoisse, le rire, le romantisme...

Son envie de jouer le conduira aussi sur le petit écran, dans "La Mouette" au théâtre, parmi des petits films, bref il se rend inclassable. Mais traîne sa personnalité partout, affirmant un talent de plus en plus respecté, maîtrisant de mieux en mieux son métier, se faisant plaisir jusqu'à le partager avec générosité. Comme le bon vin, il vieillit bien.
Les années 90 le lanceront dans la cour des grands : Sautet qui le rend chaleureux, Costa Gavras, Scola, Deville et Yves Robert dans des films romantiques et chaleureux... Ce n'est pas forcément leurs meilleurs films, mais Dussollier est à chaque fois u nouveau personnage. Angelo le rend ambitieux et cupide dans Le Colonel Chabert. Il sera des deux autres films de l'ex chef op'. Il ose l'audace des délires de Lemercier. Toujours à l'affût de nouvelles aventures, iconoclaste. Prêt à réciter des poèmes dans une petite salle, intime, ou faire revivre sa passion du sport sur les planches, en toute confidence.

Détaché ou cynique, timide ou lucide, le coeur qui bat ou homme de tête, Dussollier verra son sacre en 97. En agent immobilier subissant son jeune patron, en amoureux de l'histoire et de Paris, en dragueur maladroit d'Agnès Jaoui (qui lui voue une admiration éperdue), chantant Johnny ou rêvant de cavalerie, Resnais / Jaoui / Bacri lui serve un rôle en platine dans On connaît la chanson. César. Mérité, ovationné.
Le Becker l'année suivante - Les enfants du marais - élargit sa base en attirant encore plus de public. Il manie les mots, la poésie et les verbes comme un Jouvet. Son sourire imprègne la pellicule. Becker le refera jouer en duo une nouvelle partition,Un crime au Paradis.
Le Monsieur du cinéma frenchy et son naturel désarmant nous fait croire qu'il sort d'un film de Carné et qu'il survit au delà de ses réalisateurs grisonnants. Le type même ce comédien qui nous manquera quand on annoncera sa disparition. En attendant, qu'il vole ou qu'il plaide, Dussollier est à la fois complice et distant. Populaire et sollicité par la critique. Séduisant et indémodable.

vincy


 
 
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