Ryan Reynolds continue son parcours de héros décalé, passant du jouissif Deadpool au fantasque Pikachu dans l'univers Pokémon. C'est le seul capable de rivaliser avec l'indétrônable Avengers pour le moment. Reynolds est attendu chez Michael Bay et Shawn Levy, dans The Hitman's Wife's Bodyguard et Deadpool 3. Une carrière résolument populaire entre comédie et thriller qui en fait l'acteur le plus cool du moment.



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LA COTE D’ADAM





Pour la plupart des spectateurs, Adam Driver est Kylo Ren dans la troisième trilogie Star Wars, lancée par J.J. Abrams. Un vil méchant, en proie au doute, qui (attention spoil) a la lourde responsabilité dans Le Réveil de la force de tuer son père, aka Han Solo (Harrison Ford dans l’un de ses rôles légendaires). Le box office mondial de la saga lui confère une popularité internationale digne d’un super-héros Marvel.

Pourtant, on imaginait mal l’acteur, avec son degré d’exigence et son attirance pour les cinéastes indépendants, dans l’univers (intergalactique) imaginé par George Lucas. Ne répondant pas aux canons de beauté hollywoodiens, ce comédien travailleur et discret , fils de pasteur, engagé dans le corps des Marine, a du renoncer à sa carrière militaire à cause d’un accident de … VTT. De là, il se prend un chemin de traverse vers le théâtre, en se formant à la prestigieuse Julliard School, et enchaîne les castings et les petits rôles pour la télévision. Il ne débute réellement sa carrière qu’à l’âge de 27 ans, en 2010.

Autant dire qu’il a eu une ascension fulgurante depuis son premier long métrage (un petit rôle dans J. Edgar, de Clint Eastwood). Adam Driver tourne ainsi avec quelques uns des plus grands cinéastes américains : Steven Spielberg (tout aussi petit rôle dans Lincoln), les frères Coen (premier grand rôle avec Inside Llewyn Davis, où il s’aventurait aussi dans la chanson), Jeff Nichols (Midnight Special, en analyste de la NSA), Martin Scorsese (Silence, en missionnaire chrétien au Japon), Steven Soderbergh (le barré Logan Lucky)…

Baumbach et Jarmusch pour Cannes

Parallèlement, Adam Driver construit sa réputation au sein du cinéma indépendant américain : chez Jonathan Lisecki, Devyn Waitt, Sam Handel, et surtout Noah Baumbach (Frances Ha, While we’re young, The Merowitz Stories) et Jim Jarmusch (Paterson, The Dead don’t die). Baumbach comme Jarmusch apprécient l’acteur pour son allure, sa beauté atypique, et sa capacité à être aussi romantique, poétique, névrosé que drôle.

C’est dans l’étrange et beau Hungry Hearts de l’italien Saverio Costanzo, qu’il dévoile en 2014, toute l’étendue de son talent, dans une histoire d’amour aussi bancale qu’impossible. L’acteur est couronné par un prix d’interprétation à Venise. C’est aussi avec un cinéaste australien, John Curran, dans Tracks, la même année, qui démontre que ses choix sont avant tout dictés par l’intensité des rôles qu’on lui propose. En attendant son film avec Leos Carax, annoncé mais toujours pas tourné.
Si on connaît davantage sa face sombre, il sait aussi briller dans la comédie (C’est ici que l’on se quitte de Shawn Levy en jeune dragueur infidèle, Et beaucoup plus si affinités de Michael Dowse en meilleur ami et homme rangé, sans oublier les six saisons de Girls produite par Judd Apatow, en jeune homme passionné et ancien alcoolo).

Spike Lee et Tony

Adam Driver aime flirter avec la folie, les dilemmes, les contradictions humaines et parfois l’absurde, en le normalisant jusqu’au bout. Pas surprenant qu’il surgisse dans le déglingué film du non moins dément Terry Gilliam, L’homme qui tua Don Quichotte. Ou qu’il soit un flic blanc pas raciste, infiltré dans le Ku Klux Klan, dans le Grand prix du jury cannois de 2018, Blackkklansman (une nomination aux Golden Globes et à l’Oscar pour l’acteur) de Spike Lee.

C’est peut-être le temps des honneurs. Il est même nommé aux Tony Awards (les Oscars de Broadway) pour la pièce Burn this, où il reprend le rôle d’un manager de resto hyperactif et cocaïné. Il n’avait pas joué sur scène depuis sept ans, absorbé par le cinéma. Ce New Yorkais europhile, arty et hype, qui aimerait joué pour Almodovar, Haneke et Leigh, sans doute beaucoup plus sage que la plupart de ses personnages maladroits et bizarres qu’il incarne, n’en est pas moins lucide sur cette carrière désaxée de toute cohérence : « Ce qui peut-être mortel dans mon travail est d'attacher trop de sens à tout. Vous devez avoir un sens de l'humour envers vous-même ... J'essaie vraiment de comprendre tout cela au fur et à mesure, comment créer une carrière. Alors que les choses progressent vite, je subis des jours de dépression, assis dans la maison et me demandant: «Que fais-tu? Est-ce même pertinent? » »

vincy


 
 
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