David Lynch, Lion d'or et Palme d'or, n'a pas tourné de long métrage depuis 2006. Une longue absence. Heureusement il nous a offert une suite à Twin peaks pour la télé. Et on peut voir ses photos fétéchistes dans l'exposition de Louboutin au Palais de la Porte dorée. Il vient aussi de terminer un court métrage. Et surtout, Blue Velvet est ressorti sur les écrans cette semaine.



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Il n’aura fallu que quelques années à la mexico-kényane Lupita Nyong’o pour décoller et s’arrimer dans les hautes sphères hollywoodiennes. Le public la découvre en effet en 2013 dans 12 Years a Slave de Steve McQueen. Elle a déjà 30 ans quand elle incarne l’esclave des exploitants sudistes. Le film lui offre une visibilité inespérée. Il décroche d’ailleurs l’Oscar du meilleur film. Et Lupita Nyong’o récolte l’Oscar du meilleur second-rôle féminin.

Généralement, cet Oscar peut s’avérer un poison. Combien d’acteurs et d’actrices prometteurs ont échoué à transformer l’essai. Jennifer Connelly, Catherine Zeta-Jones, Renée Zellweger, Jennifer Hudson, Mo’Nique, Melissa Leo sont autant d’exemples de carrières foudroyées en plein vol ou au décollage. Mais Lupita Nyong’o connaît le système, sait allier promo, glamour et travail.

Car avant de briller sur la toile, elle a été parmi les petites mains. Assistante-productrice du très bon film The Constant Gardener de Fernando Meirelles et de Un nom pour un autre de Mira Nair (avec qui elle tournera 10 ans plus tard Queen of Katwe), elle passe réalisatrice, scénariste, monteuse et productrice de In My Genes, primé à Mexico, film qui qui donne la parole aux albinos du Kenya, une communauté ostracisée. Cette jeune femme issue de l’intelligentsia kényane, a très vite chopé le virus du jeu. A 14 ans, elle incarne Juliette dans "Roméo et Juliette", sur la scène de Nairobi. Bonne élève, elle se retrouve polyglotte, étudiant aux Etats-Unis, et ressort diplômée de Yale en maîtrise des arts.

Durant cinq ans, avant d’arriver dans les champs de coton de Steve McQueen, elle apprend le métier, devant la caméra, avec une série africaine et des courts métrages. Aussi quand elle soulève l’Oscar, première kényane et première mexicaine à l’obtenir, elle est déjà assez armée pour affronter Hollywood. Et elle arrive à la bonne époque.

Les studios cherchent des interprètes représentant la diversité du monde, afin de conquérir plus facilement les publics internationaux ou des cibles qui échappent à la segmentation marketing de leurs « produits ». On oublie son passage dans le très oubliable Non-stop, avec Liam Neeson et Julianne Moore, thriller un brin catastrophique, qui, pourtant, la révèle à bien plus de spectateurs dans le monde que l’excellent 12 Years a Slave.

Ce qui va changer sa vie se passe du côté de Disney. D’abord en intégrant l’univers de Star Wars dans le rôle de Maz Kanata. La nouvelle trilogie, plus cosmopolite et féministe, signée J.J. Abrams l’a fait entrée dans les blockbusters globalisés. Outre le triomphe assuré de trois grosses productions au milieu d’une cohorte de nouveaux visages, l’actrice prête sa voix à une série animé (Les Forces du destin) et aux jeux vidéos qui en sont déclinés, comme au film d’animation de la Warner Lego Star Wars.
Ensuite, toujours chez Disney et toujours au niveau vocal, elle incarne Raksha dans le hit Le Livre de la jungle.

Mais c’est une autre galaxie de l’univers Disney qui va la propulser parmi les stars de demain qui comptent. En 2017, elle est à l’affiche de Black Panther. En devenant Nakia pour Marvel, elle s’assure une franchise à succès. D’ailleurs Black Panther n’est pas qu’un succès populaire, c’est un phénomène au box office comme dans l’industrie. Il s’agit du premier film de super-héros à être nommé à l’Oscar du meilleur film. Par son casting presque exclusivement noir, il change la face de la super-production hollywoodienne jusque là largement dominée par les Noirs. Le scénario donne une place particulière aux femmes, toutes dominantes et fortes. D’ailleurs, Nakia, le personnage de Lupita (Malice dans les comics) est modifiée pour l’univers cinématographique. La mutante combattante n’est plus une vilaine puisqu’elle devient une alliée de T’Challa, la Panthère noire, et non son ennemie.

En optant pour Us, le nouveau film socio-politico-horrifique de Jordan Peele, très courtisé depuis Get Out, Lupita Nyong’o joue les têtes d’affiches en solitaire. En 2019, elle est aussi générique de la comédie de zombies Little Monsters (en svàd) et du troisième opus de la nouvelle saga Star Wars. Elle est annoncée dans le prochain John Woo, remake au féminin de son film culte The Killer, et d’un film d’espionnage féministe, 355, avec Jessica Chastain, Penelope Cruz, Marion Cotillard et Bigbing Fan (oui on croirait un casting d’égéries L’Oréal).
En l’occurrence, l’actrice a préféré Lancôme en 2014, devenant la première icône publicitaire noire de la marque, avant de signer avec Calvin Klein. Ce qui ne l’empêche pas de défendre les éléphants au Kenya à travers l’association WildAid ou d’offrir des places de cinéma aux enfants de son village kenyan.

L’Afrique encore et toujours puisqu’elle a acquis les droits du livre Americanah, de l’écrivaine nigériane la plus vendue dans le monde, Chimamanda Ngozi Adichie, une histoire d’amour sur fond d’exil qu’elle devrait produire aux côtés de Brad Pitt et dans laquelle elle interprétera le rôle-titre.

L’art est son engagement, tout en ayant conscience du symbole qu’elle représente pour toutes les jeunes filles noires. Les barrières tombent. De ces artistes qui font croire que le rêve est possible, cette mexicaine assumée, kényane revendiquée, beauté affirmée, sans modestie ni arrogance, peut dénoncer les médias qui photoshoppent ses cheveux crépus : « J'embrasse mon héritage naturel à travers toutes les fibres de mon être, et même si j'ai grandi en pensant que la peau claire et que les cheveux raides et soyeux étaient des standards de beauté, je sais maintenant que ma peau foncée et mes cheveux crépus et frisés sont beaux aussi. »

Le cheveu comme identité. L’africanité comme atout. De ses habits, colorés et chics en reine de la sape, à sa vision du monde. Mais elle rappelle aussi qu’elle rêvait « d'être actrice, pas de la célébrité. » « Mon rêve concernait le métier que je voulais faire » ajoute-t-elle, soulignant par : « J'ai l'impression que l'industrie hollywoodienne est arrivée comme une explosion dans ma vie. »

vincy


 
 
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