Gaspard Ulliel, on l'a quitté en révolutionnaire dans un peuple et son roi. Après l'avoir vu dans 9 doigts et Eva cette année, le voici dans un 4e film, Les confins du monde. Son César en 2017 l'a conduit à être très sollicité. Si il ajoute Jacquot, Schoeller et Nicloux à son tableau de chasse, il continue surtout à choisir des projets exigeants. Il sera à l'affiche du prochain film de Justine Triet, avec Exarchopolous, Schneider et Efira!



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FORCE DE « CHARACTERS »





En à peine une dizaine d’années, l’actrice australienne Margot Robbie a sur se faire un nom (et une bonne base de fans). On peut toujours évoquer son physique. On préfèrera y voir un bon flair et un vrai talent.
Mais pour bien comprendre pourquoi la jeune femme est devenue si rapidement l’une des têtes d’affiche hollywoodiennes, il faut comprendre son ambition. Comme Tonya Harding, elle est issue d’un milieu pas vraiment friqué tout en cherchant à se faire une place au soleil. Comme la patineuse qu’elle incarne à l’écran dans Moi, Tonya, et qui lui vaut sa première nomination aux Oscars, elle est perfectionniste et travailleuse.
Ce qu’elle aime par dessus tout ce sont les personnages baroques, excentriques, excessifs. La normalité ne l’intéresse pas. Après une succession de petits boulots, coupant le cordon familial très tôt, elle décide de devenir actrice à l’âge de 17 ans.

Comme toute bonne célébrité australienne, elle passe par le soap-opéra national, Les Voisins (créé en 1985) qui a vu défiler Natalie Imbruglia, Kylie Minogue et Guy Pearce. Au bout de trois saisons, elle quitte le show et l’Australie pour tenter sa chance à Los Angeles. Elle est vite remarquée. D’abord en second-rôle. On la découvre dans une comédie romantique de Richard Curtis, Il était temps et surtout dans Le Loup de Wall Street de Martin Scorsese où elle joue la femme de DiCaprio. Sans voler les scènes, elle fait preuve d’un appétit réel où elle dévore l’image et joue la séduction sans retenue. On la voit comme une Sharon Stone dans Casino, avec vingt ans d’écart.
Logiquement, après ce succès public et critique, signé d’un metteur en scène mythique, elle voit les propositions affluer. Elle poursuit son chemin en optant pour des personnages où elle peut se transformer, des rôles à forts caractères. En paysanne brune, harcelée et digne, dans Suite française par exemple. En américaine moyenne, fusil inclus, seule femme d’un monde post-apocalypse, convoitée par deux hommes dans Les survivants. En cleptomane sexy et tordue dans Diversion, romance glamour à rebondissements dans Diversion. Si les films ne sont pas à la hauteur des attentes, le spectateur n’a d’yeux que pour elle, farouche et intrépide, déterminée et souvent victime. Elle s’offre même le luxe d’un caméo hilarant, dans une baignoire pleine de mousse, dans The Big Short – le casse du siècle, pour nous faire une petite leçon d’économie qui s’achève sur un culte « Now, Fuck off ».

Elle est comme ça Margot Robbie. Assez sûre d’elle-même, s’affirmant en quelques films comme une star qu’elle n’est pas encore. jouant de son image tout en profitant de ce qu’elle renvoie. Ce qu’elle veut c’est dérouter le public. Ne pas être là où on l’attend. 2016 la propulse parmi les étoiles qui comptent. Si on passe sur la comédie guerrière avec Tina Fey, Whiskey Tango Foxtrot, où elle incarne une journaliste britannique aguerrie, elle marque des points au box office en Jane dans Tarzan, une Jane 21e siècle aussi romantique que féministe, indépendante et amoureuse. Mais c’est avec Suicide Squad qu’elle fait exploser les compteurs avec son personnage déjanté d’Harley Quinn. Cette fois-ci c’est elle qui est plébiscitée par les journalistes et buzzée par le public. Il y avait Heath Ledger en Joker. Il y a aussi Margot Robbie en Harley. Elle impressionne et éblouit avec sa folie mais elle insuffle aussi une bonne dose d’affect qui la rend attachante. On voit qu’elle déploie ses ailes parfaitement quand elle a un rôle monstrueux et outrancier à défendre.

Pas étonnant alors qu’elle brille dans Moi, Tonya, qu’elle produit. En championne du patin, violentée par son mari, maltraitée par sa mère, accusée par sa fédération, méprisée par ses pairs, elle frappe les esprits : charismatique, drôle, tragique, touchante, forte, … elle ne s’impose aucune limite malgré l’aspect ingrat du rôle. Après tout Tonya Harding était la fille la plus haïe d’Amérique. Et elle semble aimer aller à contre-courant avec des personnages pas forcément sympathique, loin du politiquement correct, exposant les noirceurs et les contradictions de l’âme humaine. La haine est une formidable énergie pour jouer. Elle avait entamé des études de droit avant de bifurquer vers les spotlights. Elle en a sans doute gardé cet esprit de justice où n’importe quel coupable a le droit à une défense. Margot Robbie paraît apprécier ce genre de défi : faire aimer une femme fictive ou réelle qu’on adore détester.

Désormais Hollywood est à ses pieds. Les projets s’enchaînent. Elle a plus de films en cours de production ou en préparation que l’ensemble de sa filmographie actuelle. Ses yeux bleus irrésistibles et son sex-appeal pourraient nous faire croire qu’elle n’est qu’une étoile filante dans une industrie qui se nourrit de chair fraîche. Mais jusque là, en prenant des rôles difficiles ou en choisissant des personnages « bad-ass », elle prouve qu’elle ne veut pas être la « nouvelle blonde » du moment. En fait, elle refuse les stéréotypes et rejette l’image de la femme véhiculée par les productions américaines. « J’aimerai être une femme forte. Mais je ne le suis pas toujours, hélas » a-t-elle dit dans une interview. Elle a conscience qu'elle ressemble plus « à un mannequin pour du dentifrice qu’à une actrice pour films artistiques ». Opiniâtre, elle fait tout pour se débarrasser de cette image et révéler son véritable caractère.

vincy


 
 
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