Gaspard Ulliel, on l'a quitté en révolutionnaire dans un peuple et son roi. Après l'avoir vu dans 9 doigts et Eva cette année, le voici dans un 4e film, Les confins du monde. Son César en 2017 l'a conduit à être très sollicité. Si il ajoute Jacquot, Schoeller et Nicloux à son tableau de chasse, il continue surtout à choisir des projets exigeants. Il sera à l'affiche du prochain film de Justine Triet, avec Exarchopolous, Schneider et Efira!



Mathieu Amalric
Jean-Hugues Anglade
Daniel Auteuil
Leïla Bekhti
Emmanuelle Bercot
Juliette Binoche
Damien Bonnard
Elodie Bouchez
Guillaume Canet
Christian Clavier
Bradley Cooper
Benedict Cumberbatch
Anaïs Demoustier
Catherine Deneuve
Johnny Depp
Jamie Dornan
André Dussollier
Vincent Elbaz
Colin Farrell
Marina Foïs
Jamie Foxx
José Garcia
Adèle Haenel
Peter Jackson
Agnès Jaoui
Naomi Kawase
Sandrine Kiberlain
Nadine Labaki
Vincent Lacoste
Jude Law
Virginie Ledoyen
Gilles Lellouche
Stacy Martin
Ezra Miller
Chloë Grace Moretz
Masatoshi Nagase
Liam Neeson
Pierre Niney
Benoit Poelvoorde
Eddie Redmayne
Jean-Paul Rouve
Ludivine Sagnier
Pierre Salvadori
Tilda Swinton
Audrey Tautou
Sylvie Testud
Gaspard Ulliel
Jonathan Zaccaï



Brigitte Bardot
François Truffaut
Gérard Lanvin
Sophie Marceau
Kirsten Dunst
Keanu Reeves
Ryan Gosling
Johnny Depp
Brad Pitt
Penelope Cruz





 (c) Ecran Noir 96 - 18

© UGC Distribution   







 Coeurs transis ou coeurs brisés, en
 un clic fixez sa cote.
 
Votes : 345Cote : 48 %

 
CROCODILE DANDY





20 ans et déjà une vedette. Vincent Lacoste n’a pourtant aucun rapport avec le cinéma (un père juriste, une mère médecin) quand il débarque dans Les beaux gosses de Riad Sattouf. On est en 2009. Il s’agit d’un premier film. Il n’a pas la gueule des beaux gosses du ciné, mais il a la gueule de l’emploi pour cette comédie sur les ados losers, boutonneux, qui font le régal des comédies américaines un peu « gross ».

Il excelle dans l’autodérision. Pourrait être un Titeuf version post-puberté. Ne cherche pas à se lisser les cheveux. Il a le physique d’un comique. Un Pierre Richard nouvelle génération.

Mais réussir son coup dès le premier long métrage s’avère risquer. Combien de très jeunes acteurs et actrices n’ont pas réussi à transformer l’essai rapidement ? Après La vie est un long fleuve tranquille, Magimel a attendu 7 ans avant de retrouver un rôle intéressant. Pour ne prendre qu’un exemple.

Lacoste a enchaîné rapidement avec tout et n’importe quoi. Il est l’atout « djeunz » des comédies françaises. Tourne avec Fred Testot, Burno Solo et Vincent Desagnat dans Au bistro du coin. Un bide. Embarque chez un Robin des bois, Maurice Barthélemy, dans Low Cost. Drôle. Mais un flop. Il se justifie : «Après les Beaux gosses j’avais peur de ne plus travailler. Je me disais ça peut s’arrêter du jour au lendemain. J’ai fait certains films juste à cause de ça. Maintenant je choisis différemment ».

Heureusement, Julie Delpy remarque son potentiel et le fait entrer dans la grande famille de sonSkylab. Toujours ado un peu limite. Mais à l’aise dans ses bêtises. Jonathan Zaccaï l’enrôle également pour être son JC dans JC comme Jésus Christ, comédie décalée sur un prodigieux surdoué. Zaccaï a réécrit le scénario de son film après avoir rencontré Vincent Lacoste, mix, selon le réalisateur, entre Elliot Gould et Jesse Eisenberg.

Doué, indubitablement, pour la comédie, il joue les parfaits rêveurs, les grands distraits, les lunatiques, les dramatiques (mais pas trop). Pas étonnant qu’on lui confie le rôle très convoité de Goudurix dans le 4e Astérix. Quel autre comédien, dans ces âges, en France, a la popularité et la gaucherie nécessaire pour jouer un jeune français dragueur et fumiste ?

Après avoir été le fils puceau de Noémie Lvovsky dans Les beaux gosses, celle-ci le prend pour être le meilleur pote de son « mari » dans Camille Redouble. Lacoste inspire la sympathie, l’amitié, la songerie, … Il pourrait aussi être un excellent Gaston Lagaffe, avec ce qu’il faut de mélancolie. L’acteur tourne plusieurs films par an. Il est de nouveau la star de Riad Sattouf dans Jacky au Royaume des filles. Mia Hansen-Love l’invite dans son Eden, voyage trippant dans l’univers de la musique électronique où il croise un autre Vincent qui monte, Macaigne. Et Thomas Lilti lui fait faire ses premiers pas d’adultes dans Hippocrate. En attendant le film libanais de Danielle Arbid, qui va l’éloigner de ses personnages actuels.

Il bosse, en permanence. La terrible peur de s’ennuyer. Quand ce n’est pas pour le cinéma, il fait du théâtre. Edouard Baer l’a mis en scène dans À la française, aussi absurde que barré.

Noémie Lvovsky le décrit comme «le contraire d’un rameneur». C’est un boloss, ex bon à rien, avec un corps encore en chantier. Il ne fait pas le malin. Il est même assez premier degré. Ne joue pas avec sa drôlerie supposée. Il peut être souffre douleur ou complexé, perplexe, angoissé. Sattouf aime le « diriger » : il l’oblige à avoir son bac avant de l’embaucher pour Jacky. Et il le malmène sur les tournages : « Quand Vincent fait des trucs, qu’il “joue”, il est tellement tout le temps comme je veux, que quand il ne l’est pas, j’ai du mal à le comprendre et ça m’énerve. Ça m’est arrivé de l’engueuler devant toute l’équipe, je n’en suis pas spécialement fier, mais en général, après, il est excellent. Cela arrive quand même rarement, et surtout dans les scènes d’émotion, les larmes, etc. »

Le voilà fils cinéphile de Lvovsky en mère protectrice et Sattouf en père autoritaire. Le fils normal. De là à se faire violer par Lvovsky, qui incarne sa tante, dans Jacky, il n’y avait qu’un pas. Il commence à stresser depuis qu’il a accepté de faire ce métier, lors du tournage de Camille redouble.

Vincent Lacoste aime les auteurs et les musiciens d’avant sa naissance. Il se considère comme « vieux jeune ». Ça explique sans doute pourquoi ses tweets sont plutôt promotionnels que personnels. Qu’il est assez absent des magazines people. Terriblement normal : génération burger/coca, baggys/baskets. Pas de sport. Parisien des beaux quartiers qui a juste accepté une invitation à un casting alors qu’il était à la cantine du lycée.
Pour lui, il a été enrôlé pour Les beaux Gosses parce qu’il était comme son personnage, moche, avec des boutons, un peu sale, nul avec les gazelles, obsédé par les gazelles.

Lacoste opère sa mue, devant nos yeux.

vincy


 
 
haut