Amat Escalante cumule les prix de la mise en scène. Après celui à Cannes pour Heli, il a obtenu, de manière toute aussi méritée ce prix à Venise pour La région sauvage. L'ancien assistant de Reygadas a su imposer son style et ses récits originaux. Cette fois-ci, entre sexe et fantastique, psychodrame et allégorie, le cinéaste réussit une fois de plus à nous fasciner.



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SA PART DU GÂTEAU





Il a beau avoir fait le cours Florent, Gilles Lellouche n’est devenu comédien que sur leur tard. Mauvais débuts, trop de précarité, le désir sans doute pas assez fort. Il a donc préféré enchaîner les cachets comme réalisateur, notamment de vidéo-clips. Il se lancera dans un premier court métrage puis enfin dans un long, Narco, en 2004. Le film a du style, un sujet plus Tarantino que Audiard, une forme dans l’air du temps. Culte pour les uns, superflu pour les autres. C’est là qu’il rencontre Guillaume Canet. Même producteur, ils travaillent dans les mêmes bureaux, chacun la tête dans leur premier film. Un café en pleine nuit et leur complicité démarre.

Avant, Lellouche était inexistant. Ça avait mal commencé : Folle d’elle, avec Ophélie Winter, Jean-Marc Barr et Raquel Welch. Ringard. Il avait bien joué un petit rôle chez Yvan Attal (Ma femme est une actrice), mais rien qui lui permette de croire à son destin de comédien. Pourtant dans On va s’aimer, comédie romantique musicale, il est l’un des piliers d’un quatuor de jeunes comédiens… On aurait du davantage noter sa présence. Trop « normal », « banal », rien n’y fait.

En 2003, les choses évoluent un peu. Tandis qu’il tourne Narco, il retrouve le copain Canet, qui venait de le faire tourner dans Mon idole, dans Jeux d’enfants. La bande se construit. De même, il revient sur les plateaux avec Anthony Zimmer, avec l’ami Attal.
Il enchaine alors les seconds rôles. Lellouche est passe-partout, efficace. S’il n’a rien qui puisse épater le critique, il a le flair pour trouver des films qui fonctionnent bien au box office. Son nom est un handicap : il y a déjà un autre Lellouche dans le métier, sans compter le fameux Lellouch. Son physique n’a rien de spécifique. Mais il est capable de le transformer comme dans Ne le dis à personne, où il a du convaincre Canet qu’il pouvait jouer une petite frappe de cité.

Acteur de famille, il « s’exporte » dans d’autres. Tourne avec Deneuve, Dutronc, Gillain, Elbaz… Peu importe les générations, il accepte tout. En 2007, il monte d’un cran. Les ambitions changent, le regard des professionnels aussi. Il varie les plaisirs : La chambre des morts, d’Albert Lot, Paris, de Cédric Klapish (en poissonnier), puis Sans arme ni haine ni violence, de Jean-Paul Rouve, ou encore Le premier jour du reste de ta vie, comédie culte de Rémi Bezançon (en rasta). On se souvient rarement de ses personnages. Il se glisse dans tous les univers. Il est le complice, l’acolyte, le copain. À l’ombre de. Cassel par exemple dans L’instinct de mort. Mais à force de labourer le terrain, et en retardant encore et toujours l’écriture de son deuxième film, Lellouche convainc les cinéastes de le mettre à chaque film un peu plus dans la lumière. Besson lui offre le personnage de l’Inspecteur Caponi, un peu bête mais très rigoureux, jaloux et dépassé, dans Les aventures d’Adèle Blanc-sec. Pas assez expressif, trop intérieur, il passe un peu à côté d'une opportunité de le voir voler quelques scènes. Si Krach a bien kraché au box office, il se rattrape avec le troisième film de Canet : Les petits mouchoirs et ses 5 millions et quelques spectateurs. Pilier un peu beauf de la bande, il est le souffre-douleur du réalisateur sur le plateau, mais se régale à donner la réplique aux grands : Cluzet, Cotillard, Magimel… Là encore il est bien à sa place, mais reste transparent. Dans À bout portant, il est le centre d’attention. Thriller fréntique, il porte sur ses épaules le film. Lellouche prend une pause après une succession de tournages (y compris sous l’œil de Klapisch). Un an quasiment sans tourner, mais il en profite pour se médiatiser : plateaux télé, interviews magazines, il se met en avant. Se vend. En attendant d’être dans la suite de la super production Sherlock Holmes, il s’attèle à l’écriture de son deuxième film.

Il veut convaincre qu’il est un bon acteur sachant tout jouer, des alcooliques égarés (Un singe sur le dos) au mec traqué, nécessitant un entrainement sportif intensif. Lui qui admire les acteurs qui prennent des risques comprend le piège dans lequel on le place : les étiquettes. Après les comédies romantiques, on ne lui propose que des personnages de gangsters. Il veut sortir de ce carcan. «Je touche enfin du doigt mes rêves de gamin. J'ai un parcours old school, très années 60 ou 80. Ne venant pas de la télé, j'ai commencé par des troisièmes rôles, puis des seconds rôles... Et aujourd'hui, on me confie même des premiers rôles.» Mais il sait aussi qu’il n’est pas « bankable » et cette situation lui convient. Cela lui donne une certaine liberté.

vincy


 
 
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