Edward Norton se fait rare depuis Birdman et The Grand Budapest Hotel il y a 5 ans. Oh certes on l'a entendu dans Sausage Party et L'ile aux chiens. On l'a croisé dans Beauté cachée et il a fait un caméo dans Alita. Mais il faut dire qu'il écrivait, préparait, produisait, réalisait et jouait dans le film de sa vie, Brooklyn Affairs.



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LÉA ELLE L’A





Difficile de croire que cette pâle jeune fille au regard bleu intense n'était pas destinée au cinéma. De par sa filiation bien sûr (elle est la petite-fille de Jérôme Seydoux, le président de Pathé, et la petite-nièce de Nicolas Seydoux, le PDG de Gaumont) mais aussi en raison de sa délicatesse et de sa beauté. Un physique de poupée de porcelaine susceptible de faire craquer bien des cinéastes... mais auquel il ne faudrait peut-être pas se fier.
Car Léa Seydoux a du tempérament, comme l'a montré Christophe Honoré en lui offrant son plus beau rôle à ce jour dans La belle personne. Une princesse de Clèves moderne, dont le jeu légèrement éthéré laisse deviner les tourments intérieurs. Après un rôle de teenager en mal d'amour dans Mes copines de Sylvie Aymé en 2006 (où elle partage l'affiche d'Anne-Sophie Franck) et quelques apparitions chez des réalisateurs confirmés, sa prestation chez Honoré lui permet de sortir du lot. Aux côtés de Grégoire Leprince-Ringuet et surtout de Louis Garrel, la jeune actrice fait l'effet d'une chrysalide sur le point de s'épanouir. Bientôt, pas de doute, elle allait se révéler.

Et en effet, sa carrière s'accélère avec un petit rôle chez Tarantino (Inglourious Basterds), et des incursions dans des registres extrêmement variés : le road-movie Plein sud de Sébastien Lifshitz, où elle est une autostoppeuse délurée et sexy, l'étonnant film Lourdes de Jessica Hausner, sur le pèlerinage d'une paralytique, le thriller Sans laisser de traces de Grégoire Vigneron...

« Jeune talent » à Cannes en 2007 pour deux films, elle arpente la Croisette avec Belle Épine de Rebecca Zlotowski, présenté à la Semaine de la critique, et où elle tient le premier rôle, et bien sûr Robin des Bois de Ridley Scott, qui a les honneurs de l'ouverture. L'expérience Tarantino a payé, la voilà Isabelle d'Angoulême, seconde épouse du Prince Jean. Le rôle n'est pas totalement anecdotique, mais elle y est plus décorative que stratège. Cela dit, la sensualité lui va bien (il suffit de voir comment elle s'amuse avec son image dans les campagnes de publicité d'American Apparel), et elle se sort plutôt joliment de l'exercice. Tout cela la rend vite intrigante pour la machinerie hollywoodienne, qui aime la chair fraîche et cherche des vedettes internationales pour cibler les marchés étrangers.

Pas encore trente ans, et elle commence déjà à écraser la concurrence. En jouant avec des cinéastes aussi différents que Catherine Breillat, Jean-Pierre Mocky, Bertrand Bonello, Louis Garrel (dans Petit tailleur) ou Raoul Ruiz, elle étoffe un CV très fourni en quelques années. Woody Allen la repère pour lui proposer le rôle de Gabrielle dans Minuit à Paris, Brad Bird en fait une tueuse à gage dans Mission impossible : Protocole fantôme, Wes Anderson craque et l’emmène dans The Grand Budapest Hotel : on a vu pire filmographie.

Si Léa Seydoux n’est pas une grande tragédienne, ni une comique de nature, elle dégage une grâce et une sensibilité qui séduit immédiatement. Un côté « girl next door » capable de jouer une méchante, une garce, une allumeuse, une lectrice, une cagole… Avec les rôles principaux dans Les Adieux à la reine et L’enfant d’en haut en 2012, la critique succombe un peu plus à son charme. Elle est la nouvelle vedette au Festival de Berlin. L’actrice a une dureté en elle qui sied bien à un cinéma d’auteur exigeant. Pas étonnant qu’elle accepter les longs mois de tournage de La Vie d’Adèle d’Abdellatif Kechiche. Elle y est l’ange bleu, cette femme lesbienne épanouie mais fragile, peintre ambitieuse et amoureuse passionnelle. Elle se donne corps (nu) et âme, n’hésitant pas à simuler du porno devant la caméra du cinéaste. Mais on retient surtout ce mélange de suavité, de protection et de caractère entier. Prête à gueuler sa jalousie (et sa mauvaise foi) comme à esquisser un sourire avenant. Quand Steven Spielberg annonce la Palme d’or pour le film, il n’oublie pas les deux « amoureuses » du film, Adèle Exarchopoulos et elle. Seydoux est sur scène. Elles ont été la raison pour laquelle le film a eut la récompense suprême à Cannes, face au Passé.
Déjà trois fois nommée aux Césars, il y a peu de chance qu’il échappe à la jeune comédienne l’an prochain. D’ici là elle incarnera Loulou de la Falaise dans le biopic Saint LaurentTrois cœursLa belle et la bête (Vincent Cassel) dans la grosse production de Christophe Gans.

Elle aime les personnages qu’elle peut inventer mais choisit d’abord les projets en fonction du cinéaste. Capable de se mettre en danger pour eux ou de tourner juste par fidélité. Et tant pis pour la pudeur : elle ose. Elle apprécie l’atemporalité, les beaux dialogues, les personnages prêts à exploser (ou imploser). Mélancolique et déterminée, sans réel plan de carrière la jeune Léa est perfectionniste (capable de dire à un cinéaste quelle prise est la meilleure selon elle, en la voyant sur le moniteur). Mais une chose est sûre, elle veut continuer à alterner les genres : « Ce que j'aime dans ce cinéma américain-là, c'est qu'on est directement plongé dans la pure fiction. Alors que le cinéma français se définit comme plus réaliste. Et je prends énormément de plaisir dans les deux. Etre plongée dans la poésie de la vie quotidienne d'un côté et m'amuser comme une enfant de l'autre .»

mpm, vincy


 
 
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