Tom Cruise est encore populaire. Une star. Mais sa cote devient fragile. Aux USA, les hits sont moins éclatants. Et sans Ethan Hunt, il aurait même été déclassé. Un phénomène qui touche aussi des Johnny Depp, Brad Pitt, et autres Will Smith. Le star-système évolue. Le modèle du blockbuster aussi.



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© Gaumont Columbia Tristar   







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ON SE LEVE TOUS POUR DANY





Clown triste d'apparence, faux airs de Bourvil, Ch'ti au grand coeur ou mec qui faisait rire pour draguer, Daniel Hamidou porte bien son nom. Ami doux. Manque de bol tout le monde le connaît sous le sobriquet de Dany Boon. Et son coeur fait Boon. Boon comme le trappeur de la série Boon. Son jeu s'associe bien à son pseudonyme : un mélange de mime et de désespoir humain, de drôlerie gauche et de regard burlesque sur les absurdités de la vie. Le One Man Show va le rendre populaire. Les mésaventures de Dany, petit gars venus des Corons, pas très riche et bien ancré dans le quotidien. Ce côté décolé entre le monde soi disant joyeux (et en fait pathétique) et son état a priori dépressif (mais en fait très lucide) parvient à faire rire le public avide de se refléter dans les pièges de sa réalité : un enfilage de K-way ou la queue à la poste. "Je vais bien, tout va bien, je suis gai, tout me plaît, je ne vois pas pourquoi, pourquoi ça n'irait pas."

On ne voit pas non plus tant Dany Boon est parvenu à s'imposer comme comédien crédible des planches au cinéma. Il avait une jolie marraine et un bon parrain pour l'aider à décoller (pas seulement ses oreilles). La marraine fit sa première femme, la belle Judith Godrèche. Blonde et sexy, aimant les plateaux télé, voilà une carte de visite plus que parfaite dans le monde des paillettes. Son parrain a pour nom Patrick Sebastien. Après avoir écumé quelques festivals, l'animateur lui permet de faire ses premières armes devant 7 millions de téléspectateurs. Il approche déjà de la trentaine quand il émerge. Obtenant parfois des petits rôles sur le grand écran. Rien de transcendant, hormis peut-être Le déménagement (1997). Mais le film, coincé entre méga navets de l'époque, Oui et Bimboland, ne lui rend pas honneur. Même si c'est grâce à Bimboland qu'il rencontre Judith Godrèche.

Dès lors, un grand blanc se fera. Durant cinq ans, il s'écartera de lui-même des plateaux de tournage. Plus de quoi faire un portrait dans Ecran Noir. Boon devient papa, se produit en spectacle, divorce, rencontre Yael Harris en boîte (coup de foudre, mariage, bambin). Et lorsqu'il revient en 2004...
Il incarne l'amant de Gérard Darmon, dans Pédale dure. La suite de Pédale douce. Le couple ne fonctionne pas, la catastrophe est inévitable. Si Boon apporte un semblant d'humanité touchante et de pastiche un peu décalé, on est loin de la prestation d'un Timsit ou d'un Gamblin. Le film est un fiasco. Il fête pour ses dix ans de scène, s'offre un show en ch'timi, est heureux en amour, le clame devant la France entière, profite du succès au théâtre de La vie de chantier... Il n'y a pas que le cinéma dans la vie d'un artiste...?

2006. Le p'tit gars d'Armantières fête ses quarante ans. L'année va lui amener tous les bonheurs... Quelques mois auparavant, le film consensuel et politiquement correct de Christophe Carion, Joyeux Noël est présenté hors compétition à Cannes. Une amitié exceptionnelle franco-allemande, où Boon en trouffion dans les tranchées, arrache les larmes des plus sensibles. Nomination aux César dans la catégorie meilleur second rôle masculin. Quelques semaines plus tard, il est à l'affiche du nouveau Veber, La doublure. Meilleur pote de Gad Elmaleh, il semble habitué à ce type de rôles nécessitant de la tendresse, un gramme de dépression, une bonne rasade de solitude, le simplet quoi. Mais, pas bête, il insuffle de la gentillesse ou des défauts pardonnables, de l'envie ou de la jalousie, enrichissant ses personnages d'un soupçon de bon sens moral. Dans La Doublure, il tient tête à la star Elmaleh, beau gosse. 3 millions de spectateurs. Dans Mon meilleur ami, un film à la Veber mais de Leconte, Gad ne joue plus les incontournables : Boon joue directement face à Daniel Auteuil. La comédie dramatique n'as pas beaucoup d'éclat mais l'acteur nordiste se paye les meilleures séquences, y compris le final tout en émotion.

Entre les deux films, il avait écrit, joué et réalisé La Maison du bonheur, version ciné de "La vie de chantier". joli succès pour son premier film.
Dany Boon est désormais propulsé dans la cour des grands. Tout seul dans le grand bain, avec névroses et complexes comme bagages. Sa capacité à faire rire et pleurer, cette dimension tragicomique qui le hante, peut lui permettre de jolies opportunités.
Pour le moment, il s'offre une détente en Espagne. Il y a tourne le troisième Astérix. Son retour sur le grand écran est donc programmé pour l'hiver 2008.

v.


 
 
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