Tout juste trentenaire, Adèle Haenel s'est rapidement imposée dans le cinéma français en moins d'une décennie. Avec Portrait de la jeune fille en feu, elle brille de mille éclats entre regards de braise et flamme amoureuse. Déjà épatante dans Le Daim, à l'affiche de films qui font le buzz à Cannes et aux César, la jeune comédienne, déjà deux fois césarisée, est attendue dans Les héros ne meurent jamais, présentée à la Semaine, d'Aude-Léa Rapin.



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25 ans, 3 films, et déjà Eva Green s'impose, par évidence, dans nos fantasmes de cinéphiles. Par l'hérédité, forcément. Fille de. En l'occurrence l'une des jumelles de Marlène Jobert, vedette du cinéma français dans les années 70. Pas sa beauté, singulièrement. Rien à voir avec les visages imposés dans les magazines de mode. Aucune similitude avec les traits diaphane, candides, ou femme enfant proposés par les cinéastes depuis quelques années. Non, Eva Green est charismatique. Dévoreuse d'écran, à la manière d'une Liv Tyler (si l'on voulait prendre une comparaison parmi les muses de Bertolucci). Une beauté presque surannée, nous renvoyant à ces tragédiennes grecques ou ces comédiennes bergmaniennes. Des yeux hypnotisant, une bouche voluptueuse, une dureté perceptible, une folie à fleur de peau. Il en faut peu pour qu'elle soit une Médée ou une Phèdre...
Elle a d'abord commencé par le théâtre. La télévision, vampire assoiffée de sang neuf, s'accapare vite le phénomène, pour ressusciter le fantôme de Marlène Jobert. Les critiques sont bonnes. Elle obtient quelques casting par ailleurs. Elle échoue à celui de CQ de Roman Coppola, mais Bernado Bertolucci l'enrôle pour être la femme de son Jules et Jim, The Dreamers (Innocents). Soeur fusionnelle et jeune femme fatale, s'offrant nue à la caméra ou imitant les légendes du 7ème Art pour des photos, Eva Green est propulsée sur le devant de la scène. En un film.
Si sa mère est plus "légère" ("Elle est comme Shirley MacLaine"), elle se voit plus tragique, plus cérébrale, moins instinctive. Cela explique sa rareté. Un film par an. Elle enchaîne avec une production plus populaire, le médiocre Arsène Lupin, où elle vole la vedette à tout le monde. Son fan club augmente. Et sans aucun doute sera-t-il largement plus grand avec le nouveau Ridley Scott.
Kingdom of Heaven, gros péplum à effets spéciaux, production internationale et arme hollywoodienne, lui permet d'être magnifiée en Reine de Jérusalem. Elle y a deux visages, assume ses ambiguïtés, joue de ce port de tête royal et de ce regard éperdu, amoureux ou triste, désenchanté ou allumeur. Eva Green, deuxième au générique d'un projet à 130 millions de $, c'est déjà presque trop.
On la sent dure et fragile, et on la voit déjà en haut de toutes les affiches. Elle aimerait se préserver, bien vieillir, assumer son âge. Et on ne l'interroge que sur des futilités.
Entre les planches et l'un des segments de Paris je t'aime (le 20ème arrondissement, réalisé par Walter Salles et Daniela Thomas, avec le très tendance Gael Garcia Bernal), Eva Green ne semble pas pressée, tout en ayant été rapide dans son envolée.

vincy


 
 
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