Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.

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Le capital au XXIe siècle


France / 2020

22.06.2020
 



LES RAISINS DE LA COLÈRE





« Wall Street a pris les rênes du pouvoir public.»

Si Le Capital au XXIe siècle a été un best-seller international, tout le monde n’a pas lu ce pavé de 1000 pages sur les inégalités de revenus et de patrimoines depuis trois cent ans. Thomas Piketty, conscient qu’il fallait sans doute vulgariser et synthétiser son propos, a décidé de réaliser, avec le néo-zélandais Justin Pemberton, un film accessible à tous, dans la veine de ceux de Michael Moore.

A la fois pédagogique, passionnant et divertissant, c’est un peu l’Economie pour Les Nuls. Très bien écrit, ce documentaire, non dénué d’idéologie égalitaire (mais qui s’en plaindrait aujourd’hui à part les profiteurs ?), expose toutes les racines de nos maux actuels, à commencer par un capitalisme arrogant et excessif.

Aristos

Il en explique toutes les origines, en décrypte toutes les facettes, jusqu’à accoler la richesse indécente (obscène ?) des uns à la misère globalisante des autres. Thomas Piketty part ainsi des privilèges de l’aristocratie européenne des XVIIIe et XIXe siècles pour aboutir à ceux d’une élite qui s’octroie finalement les mêmes droits par refus du partage, et par conséquent de la redistribution. Il y avait un pourcent de riches, il y en a toujours autant. Alors que le communisme comme le capitalisme devaient émanciper les peuples… L’héritage est toujours plus valorisant que le travail.

Cette histoire de la pauvreté et des inégalités est filmée de manière ludique, avec extraits pop, visuels et musicaux, images d’archives sensationnelles et montage cut. Sorte d’infotainment en long métrage, ponctué d’interviews enrichissantes et intelligentes pour étayer le propos de Piketty. Dénonçant l’appropriation des richesses, le monopole économique, culturel et politique, l sous-entend que seul une révolution pourrait rééquilibrer le système actuel, qui n’est jamais que la reproduction des précédents, du servage à l’esclavagisme en passant par les dominations impérialistes.

Traders

Le spectateur apprendra pas mal de détails de l’histoire, qui se répète inlassablement. De bulles spéculatives en crack boursiers, de mutations technologiques en optimisations de la mondialisation, les siècles se ressemblent. Cette chronologie, dont le basculement vers la financiarisation de l’économie date des années 1980, a le mérite, qu’on soit d’accord ou non, de rappeler comment nous en sommes arrivés à ce putsch de l’argent sur l’Etat providence.

Des peuples qui renflouent les banques, des actionnaires qui détruisent le travail, des entreprises qui deviennent plus puissantes que les nations, appauvries par leur évasion fiscale, des théories du ruissellement qui accentuent en fait les écarts entre les strates de la pyramide sociale au lieu des les réduire… C’est le grand Monopoly, où le riche est toujours plus riche. « Les dés sont pipés ».

Car dans ce grand jeu, le citoyen est toujours perdant. Et de plus en plus pauvre en moyenne. Si le film ne donne pas de leçon ou de voie à suivre, il est clair qu’on voit ici les germes du chaos à venir. Guerre ou révolte permanente. Péril sur les démocraties comme sur l’individu. Car avec la robotique et l’intelligence artificielle, combien de gens travailleront dans les prochaines décennies…. ? Il est ainsi urgent de changer de logiciel. Face à l’absurdité de notre système di bien décrit par le documentaire, entrer dans un nouveau monde n’est pas une utopie mais bien une nécessité. Bref fermer cette parenthèse où les exploités n’auraient comme perspective que celle d’un bonheur matériel à bas coût quand quelques uns s’arrogent une impunité écologique et consumériste.
 
vincy

 
 
 
 

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