Ne croyez pas que je hurle est le joyau tant attendu de l'année. Film expérimental et sentimental, audace narrative et visuelle, cette expérience signée Frank Beauvais est aussi délicate que mélancolique, curieuse que hypnotique.



5 est le numéro parfait
Abominable
Au bout du monde
Braquer Poitiers
Hors normes
L'âcre parfum des immortelles
Les charbons ardents
Les municipaux (mais pas trop)
Serendipity
Sorry We Missed You
Théâtre du radeau, triptyque



Deux moi
Un jour de pluie à New York
Bacurau
Ne croyez surtout pas que je hurle
Alice et le Maire
Les mondes imaginaires de Jean-François Laguionie
Chambre 212
Joker
Pour Sama
Shaun le mouton le film : la ferme contre-attaque



Once Upon a Time... in Hollywood
Roubaix, une lumière
La vie scolaire
Les hirondelles de Kaboul
Jeanne
Music of My Life
The Bra
Tu mérites un amour
De sable et de feu
Ad Astra
Trois jours et une vie
Portrait de la jeune fille en feu
Au nom de la terre
Downton Abbey
Port Authority
Atlantique
Gemini Man
Donne-moi des ailes
Jacob et les chiens qui parlent
La fameuse invasion des ours en Sicile
Nos défaites
Papicha
La bonne réputation
Maléfique 2: le pouvoir du mal
Martin Eden
Matthias & Maxime
Queens






 (c) Ecran Noir 96 - 19


  



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Music of My Life (Blinded By The Light)


Royaume Uni / 2019

11.09.2019
 



BORN TO RUN





« Mon père est coincé dans un autre siècle »

Au bout de 20 minutes, le spectateur a tout compris : l’influence des chansons de Bruce Springsteen sur l’émancipation d’un jeune homme (comme ce fut le cas avec le foot pour une jeune fille dans Joue-la comme Beckham), le conflit entre une jeunesse intégrée et des parents immigrés ultra-traditionnels, tous victimes de racisme, l’aspiration à se détacher de ses racines et de sa classe sociale par l’art (cf Billy Elliott). Gurinder Chadha a quasiment calqué son hit Joue-là comme Beckham/i> dans une autre époque (les eighties) en remplaçant le ballon rond par des partitions du Boss (ce qui nous ramène d’ailleurs à Yesterday/i> de Danny Boyle, qui lui s’est servi des Beatles pour accéder à ses rêves.

Bruce Springsteen, c’est d’ailleurs une bonne idée de départ. La mise en valeur de ses textes (intégrés à l’image avec des effets visuels de clip-vidéo) démontre, de manière très appuyée, l’universalisme de ses messages, touchant ainsi aussi bien le prolétaire du New Jersey que l’anglo-pakistanais de Leeds.


Music of My Life vante ainsi l’intégration, la mixité, dénonce au passage le patriarcat, sans vraiment le remettre en question, et les politiques libérales de Thatcher, sans y opposer un discours contradictoire. Tout le monde préfère accepter sa condition, ou, au pire, se rebeller gentiment, en tendant malgré tout l’autre joue. C’est si stéréotypé, si classique (chaque chanson traduit les sentiments du personnage) qu’on se désintéresse assez vite de ce récit.

D’autant qu’il n’y a pas vraiment de grands drames ou de complexité pour nous retenir. Ce simplisme général rend le film étonnement binaire et naïf. C’est en se référant à Bollywood que la réalisatrice, à travers des séquences de comédie musicale (notamment celle de Born to Run), réussit à se détacher un peu de sa mise en scène formatée. Tout est trop dilué, étiré, pour que le film garde le bon rythme. Et en se focalisant sur la relation père/fils, la cinéaste passe à côté de nombreux sujets (la mère et les sœurs pour le féminin, notamment, ici quasiment ignoré) : on anticipe évidemment la réconciliation (dans les larmes et la fierté, avec un discours pourtant assez fade).

Ennuyeux mais pas déplaisant non plus, facile et pourtant bien interprété, , qui est inspiré d’une histoire vraie, aurait mérité un peu plus de rock et peu moins de bluette pour être fidèle à la vitalité de son sujet comme de son concept.
 
vincy

 
 
 
 

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