Ne croyez pas que je hurle est le joyau tant attendu de l'année. Film expérimental et sentimental, audace narrative et visuelle, cette expérience signée Frank Beauvais est aussi délicate que mélancolique, curieuse que hypnotique.



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Anna


France / 2017

10.07.2019
 



QUAND LUCY RENCONTRE NIKI(TA)





« Une matriochka est une poupée, une poupée russe. »

Deux ans après le trop vite assassiné Valérian et la Cité des mille planètes, Luc Besson est de retour avec Anna, dernière incursion en date dans le cinéma d’action (presque) au féminin.

Déjà vu

Repérée par un model scout français sur un marché russe, Anna ne semble pas destinée à l’avenir rempli de séances photos, de paillettes et de champagne qu’on lui promet. Pourtant, elle s’en sort à merveille et finit même par s’attirer les faveurs d’un riche investisseur également russe. Ils entament une relation sentimentale jusqu’à ce qu’elle le tue dans sa suite parisienne. Mais qui est Anna ? Est-elle un agent russe ou travaille-t-elle pour le compte de quelqu’un d’autre ?

Voilà le genre de questions auxquelles Anna tente de répondre en moins de deux heures. Il faut dire qu’après des critiques américaines assassines, la sortie française du nouveau film de Luc Besson est loin de faire beaucoup de bruit. Sans doute parce qu’à mieux y regarder, Anna a tout d’un condensé de ce que Luc Besson a déjà fait.

La jeune héroïne toxicomane rappelle celle de Nikita. La capacité du personnage principal à sortir des armes de toutes ses poches fait penser à Léon. La dimension presque christique du voyage intérieur d’Anna est à lier à Jeanne d’Arc tandis que l’innocence et la blondeur de son actrice principale (Sasha Luss) fait penser à celle d’Angel-A (Rie Rasmussen). Quant à la fougue, la passion et la détermination durant les scènes de combat, pensez Milla Jovovich dans Le Cinquième Elément et Scarlett Johansson dans Lucy.

Un cinéaste assailli

Alors qu’il y a quelques années, un film sur une espionne russe partagée entre sa patrie, sa liberté et ses agents de liaison aurait pu sembler avant-gardiste dans la filmographie de Luc Besson, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Pourtant, l’homme à qui l’on doit Malavita donne ici tout ce qui lui reste. Car qui d’autre que Luc Besson aurait pu pondre un film français au budget estimé à 30 millions d’euros et tourné en anglais et en russe avec des plans en Serbie et en Italie ?

Malheureusement, si Anna s’inscrit parfaitement dans l’oeuvre globale de Luc Besson de par ses multiples liens avec ses précédents films, c’est également un terrible condensé de tous les thrillers d’action que l’on a vus éclore ces des deux dernières années… La relative noirceur du personnage principal renvoie à John Wick, l’accumulation d’alliances, de trahisons, de tours de passe-passe et la tension sexuelle lesbienne sent fort Atomic Blonde tandis que la froideur de la hiérarchie soviétique semble tout droit sortie de Red Sparrow.

Parmi les premiers à faire des héroïnes de ses films de véritables badass, Luc Besson peine ici à se renouveler. Ses scènes de combat sont loin d’être aussi fluides que dans Lucy tandis que l’unique course-poursuite en voiture est loin d’impressionner. Avec ses enjeux pas toujours clairs et une narration déconstruite, Anna a tout du dernier film de Luc Besson, celui qui doit légitimer l’ensemble de son oeuvre. C’était peut-être trop lui demander…

Casting international

Pour camper cette mystérieuse Anna, Luc Besson s’est tournée vers Sasha Luss, une actrice qu’il avait déjà castée sur Valérian et la Cité des mille planètes. Mannequin de formation, Sasha Luss fait de son mieux et s’en sort presque haut la main. Helen Mirren donne quant à elle vie à une Olga, cadre du KGB, particulièrement tenace tandis que Luke Evans déçoit en agent de liaison. Son accent russe manque de texture et s’avère donc peu crédible. A l’inverse, le toujours très bon Cillian Murphy prouve qu’il est une véritable force de la nature, capable de nous faire croire à tout ou presque.

Bien que les présences d’Emmanuel Ménard, Jean-Baptiste Puech et Pauline Hoarau soient toutes légitimes (action à Paris = acteurs français !), celle d’Alison Wheeler l’est beaucoup moins. Peut-être parce qu’à aucun moment l’humoriste devenue comédienne ne fait rire ou ne captive… Reste alors un thriller au scénario plus ou moins prévisible, au casting plus ou moins cohérent et à la bande son plus ou moins intéressante.

Loin d’être la catastrophe que certains redoutaient, Anna n’est simplement pas à la hauteur de nos attentes. Le dernier film de Luc Besson n’est ni bon, ni mauvais.
 
wyzman

 
 
 
 

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