90's, premier film du comédien Jonah Hill, est un portrait de jeunesse aussi délicat que touchant. Dans le lLos Angeles des skaters, où musique et skets dictent leurs lois, on suit une bande d'ados désœuvrés qui stoppent le temps sans cesser de rêver.



Cold Blood Legacy
Douleur et Gloire
Fight Club
Hard Paint
Just Charlie
Le Chinois et moi
Le jeune Ahmed
Les plus belles années d’une vie
Mr Local
Passion
Permanent Green Light
Séduis-moi si tu peux
Swing Time in Limousin
The Dead don't Die
Tous les Dieux du ciel



C'est ça l'amour
Synonymes
90's
Ne coupez pas!
Coming Out
Tremblements
Dieu existe, son nom est Petrunya
Drôles de cigognes
Les météorites
Petra



Captain Marvel
Le garçon qui dompta le vent
Le mystère Henri Pick
Triple frontière
Entre les roseaux
Dumbo
Los silencios
La Lutte des classes
Shazam!
Tel Aviv on Fire
Terra Willy, planète inconnue
Tito et les oiseaux
Blanche comme Neige
Le vent de la liberté
Les oiseaux de passage
Ray & Liz
The Highwaymen
Alpha - The Right to Kill
After : Chapitre 1
El Reino
Raoul Taburin
Liz et l'oiseau bleu
The Highwaymen
Avengers: Endgame
L'Adieu à la nuit
Gloria Bell
Coeurs ennemis
Jessica Forever
Hellboy
Les Crevettes pailletées






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Convoi exceptionnel


France / 2019

13.03.2019
 



DEUX PERSONNAGES EN QUÊTE D’AUTEUR





« Tout le monde s’élance dans le cul de Josette !»

9 ans que Bertrand Blier était absent. L’un des plus brillants scénariste et metteur en scène français a préféré le théâtre et les livres. Il n’a rien perdu de son plaisir à manier les bons mots, à prendre le meilleur de ses comédiens et à dynamiter toute narration conventionnelle.

On retrouve d’ailleurs de nombreuses influences à ses grands films – Buffet froid, Trop belle pour toi, les triolismes récurrents ou encore Merci la vie avec ce caddie ® que Depardieu pousse au début du film, métaphore de sa vie. Le cinéaste ne s’embarrasse pas d’un prologue : il entre dans le vif, c’est-à-dire l’absurde, avec brutalité.

Convoi exceptionnel poursuit ainsi cette veine surréaliste où la vie et la mort coexistent, où la fiction et la réalité s’entrechoquent, où il ne faut pas chercher de cohérence dans ces divagations impromptues (mais, hormis l’épilogue, pas improvisées) et ces digressions irrationnelles. On nous prévient d’ailleurs : « Et vous comprenez ce qu’il y a dans le scénario ? – Pas toujours. »
C’est insensé malgré toute la signification existentielle dont le film se pare.

Ici, la vie est un scénario. A priori, la fin est certaine : six pieds sous terre. Mais ici, nous sommes au cinéma. Comme insiste le producteur de bides interprété par Guy Marchand, « au cinéma on ne meurt jamais ». Même dans un script écrit des auteurs peu imaginatifs (hormis celui incarné par Alex Lutz), pourtant stimulés par une showrunneuse sans scrupules (Audrey Dana, parfaite), les scènes s’enchaînent telles que prévues, plus ou moins.

Bien sûr, il y a du cadavre, avec ou sans costard. Dans cette ville déshumanisée où les livreurs de pages roulent en voitures électriques silencieuses, il y a deux monstres envahissants, truculents, gargantuesques (pas pour rien que le film finit sur de la bouffe), qui se régalent des situations cocasses ou des répliques graveleuses.

Mais, étrangement, Blier n’a pas varié sa vision de l’humain, comme si l’époque et les mœurs n’avaient pas évolué depuis les années 1970-1990. Les femmes s’en prennent toujours plein la gueule (même si celui qui frappe son épouse opte pour le suicide en guise de justice expéditive). Certes, elles ont le droit à l’orgasme et à s’éclater avec des amants, mais elles sont réduites à des objets de désir, inatteignables ou soumises. Il faut tout le talent de Farida Rahouadj, Sylvie Testud et Alexandra Lamy (avouons-le sublime dans sa scène cruelle) pour qu’elles défendent des personnages à ce point maltraités par l’écriture. Dominatrices ou manipulatrices, fatales ou putes, elles contrastent avec des mâles paumés, dépassés, victimes, dont on pardonne les conneries.

Alors on préfère retenir autre chose : la fabrication d’une amitié improbable (Depardieu/Clavier, tous deux jouant leur partition sur du velours, malgré un peu de sur-jeu). On oublie les réflexions sur l’existence, sur l’incertitude de la vie, sur la finalité mettant tout le monde à égalité. « - J’ai essayé de mourir mais ça m’a pas emballé. – Moi j’ai essayé de vivre et c’est compliqué. »

Mais le public ne peut pas se satisfaire d’une fin aussi facile – s’ils le disent – et de toute façon ça aurait été un peu court. Au bout d’une heure dix minutes, le délire s’est passablement essouflé, la mécanique s’est un peu enrayée, et Blier n’a plus grand chose à dire. Alors il ose un twist, un renversement de situations. On inverse les rôles. Et on clôt cette amitié sur une conclusion perverse, où l’amour comme l’amitié ne seraient jamais vraiment sincères. L’âme humaine est bien sombre. Lourdement, Convoi exceptionnel, malgré quelques rires épars, se prend un gros mur : il est loin des classiques du cinéaste. Trop brouillon, pas vraiment abouti, le film est trop égotique pour être généreux.
 
vincy

 
 
 
 

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