Ne croyez pas que je hurle est le joyau tant attendu de l'année. Film expérimental et sentimental, audace narrative et visuelle, cette expérience signée Frank Beauvais est aussi délicate que mélancolique, curieuse que hypnotique.



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Rosie Davis (Rosie)


Irlande / 2018

13.03.2019
 



MÈRE INTÉRIEURE





On est avec elle du début à la fin. Une mère lionne, une mère poule, une mère courage qui est au bout du rouleau. Rosie Davis a quatre enfants, un compagnon et une voiture-break, transformée en cabanon de survie. Le réalisateur Paddy Breathnach nous immerge dans ses deux jours et deux nuits stressantes, où elle cherche un toit pour sa smala.

Avec une héroïne qui aurait pu être celle d’un film de Ken Loach, le cinéaste nous confronte à un drame social dont on ignorait l’ampleur : des familles chassées de leurs logements par des propriétaires qui veulent revendre leur bien immobilier, soit autant de foyers sans domicile, cherchant un abri (hôtels payés par la municipalités) et entassant leurs affaires dans les coffres et chez les amis. Une spirale infernale sans fin se met en place.

Si le sujet est typique d’un cinéma anglo-irlandais social, la mise en scène flirte plutôt du côté de celle des frères Dardenne. En collant à son personnage, le réalisateur nous fait partager sa détermination, ses humeurs, sa fatigue comme sa combattivité. Sarah Greene incarne sans fausse note toutes les variations psychologiques et physiques de cette Rosie pas loin de craquer quand les gamins sont agités ou lorsque les appels successifs aux hôtels sont vains. Rosie Davis est une femme expulsée : de son foyer, revendu, de ces refuges provisoires que sont les hôtels, du domicile de sa mère, d’elle-même. Fière, elle ne laisse rien paraître, hormis quelques fulgurances colériques. Pourtant, sa mélancolie comme son épuisement sont palpables.

Ce portrait de femme peut être plombant, étouffant même, il offre cependant quelques bouffées d’oxygène qui nous permettent de respirer : des scènes où la famille fuit cette dure réalité par la légèreté, où la solidarité surmonte les difficultés. Et le spectateur éprouve d’emblée une forte empathie pour ce petit groupe qui cherche à rester digne et à vivre normalement en toutes circonstances.

Si l’espoir les fait tenir, leur détresse nous étreints. D’autant que Paddy Breathnach clôt ce « passage à vide », cette parenthèse désenchantée de la vie des Davis-Paul, avec une séquence aussi belle que frissonnante, où l’exclusion semble sans fin. Alors même qu’elle n’est pas profondément originale cinématographiquement, cette œuvre sacrificielle nous pince le cœur tant ce récit fictif nous renvoie à une réalité révoltante.
 
vincy

 
 
 
 

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