Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.

Best LawyersNewyork Lawyers




Canción Sin Nombre
De Gaulle
Eté 85
L'envolée
La bonne épouse
La communion
Le capital au XXIe siècle
Lucky Strike
Radioactive
The Climb
Tiempo después
Une sirène à Paris
Yakari, le film



J'ai perdu mon corps
Les misérables
The Irishman
Marriage Story
Les filles du Docteur March
L'extraordinaire voyage de Marona
1917
Jojo Rabbit
L'odyssée de Choum
La dernière vie de Simon
Notre-Dame du Nil
Uncut Gems
Un divan à Tunis
Le cas Richard Jewell
Dark Waters
La communion



Les deux papes
Les siffleurs
Les enfants du temps
Je ne rêve que de vous
La Llorana
Scandale
Bad Boys For Life
Cuban Network
La Voie de la justice
Les traducteurs
Revenir
Un jour si blanc
Birds of Prey et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn
La fille au bracelet
Jinpa, un conte tibétain
L'appel de la forêt
Lettre à Franco
Wet Season
Judy
Lara Jenkins
En avant
De Gaulle






 (c) Ecran Noir 96 - 20


  



Donnez votre avis...


Nombre de votes : 2

 
Le retour de Mary Poppins (Mary Poppins Returns)


USA / 2018

19.12.2018
 



UNE NOUNOU D’ENFER





« Les lendemains qui chantent n’arrivent pas. »

Quelle drôle d’idée de faire une suite au cultissime Mary Poppins. Il faut savoir que la nounou magicienne a été l’héroïne de 8 livres. Il y a encore de la marge.

Dès le début, on retrouve Londres, la brume, la chanson style Broadway (années 1950). On a remplacé les ramoneur par l’allumeur de réverbère. L’époque a changé aussi : on est entre les deux guerres, en pleine crise économique.

La comédie musicale « à l’ancienne » s’offre ainsi un fond un peu social. La famille est un peu plus folledingue aussi, avec un jeune père veuf de trois enfants et sa sœur vieille fille. Bref on nage entre désespoir matériel et détresse affective.

Mais pour le reste ce n’est pas du tout noir. Disney ravive les couleurs pastels du film originel. Un cerf-volant remplace un parapluie mais tout est toujours aussi absurde et surréaliste. La logique et les cartésiens ne sont pas à la fête dans cet univers de perlimpinpin. On l’aura compris, cette suite s’arrime à un scénario plus convenu, proche des Paddington et autres comédies familiales londoniennes de l’époque, avec un couplet anticapitaliste (coucou Jean-Christophe Robin) et « gauchiste » (le père est un artiste, la sœur une féministe syndiquée).

« Qui aurait cru que cette Grande dépression serait si rentable ? »

Ce qui fait qu’il perd un peu de son charme. Soyons objectif, cependant, quiconque n’a jamais vu le premier film, trouvera celui-ci plaisant.

Pointons les agréables surprises : Emily Blunt idoine pour le rôle de cette snob, élégante, narcissique, taquine et maniaque (bref une Nanny McPhee chic) ; des tableaux « picturaux » inspirés (de la baignoire au bol en céramique, la plongée dans un « second space » est toujours aussi belle), qui ose encore le 2D vintage d’un Disney sixties ; des caméos truculents (pingouins, Meryl Streep, Dick Van Dyke, Angela Lansbury) ; quelques bonnes répliques saupoudrées dans un récit classique.

On saura davantage déçu par la banalité de l’histoire et surtout les chansons (un comble), pourtant portées par des chorégraphies soignées. A Supercalifragilisticexpialidocious, on nous propose / oppose Luminomagifantastique. Soit. Méfiez-vous des apparences est finalement le seul morceau proprement musical et convainquant, osant un slam qui modernise un peu l’ensemble. Trop nostalgique, la partition est d’un autre temps et vieillit le film, tout en ne se détachant pas assez du premier, qui, par conséquent, impose son emprise.

Difficile de rivaliser avec la bande originale du premier, un must du 7e art. C’est le talon d’Achille de cette suite. Et comme on anticipe rapidement le dénouement du scénario, on se raccroche au délire (sage) de cette aventure animée.

« - Vous avez déjà conduit un vélo ? – S’il vous plaît, en quoi ce serait différent d’un éléphant ? »

Perfectionniste et sans accro, la production dégage du coup une technicité qui rend ce film un peu plus artificiel et moins fantaisiste que le premier épisode. Paradoxalement, presque vieillot, il paraît aussi plus spectaculaire. Tout est d’ailleurs dans cette séquence ultime de ballons qui s’envolent : l’effet visuel est plus maîtrisé qu’en 1964 mais on se demande si les enfants du XXIe siècle s’émerveilleront de voir des londoniens s’élevant dans les nuages avec des ballons colorés.
 
vincy

 
 
 
 

haut