Avec Etre vivant et le savoir, Alain Cavalier montre que l'art rend hommage à l'art, que le cinéma peut être un hommage grâce à l'image. Dialogue incessant entre le réel des vivants et les souvenirs d'une morte, le film est d'une poésie sublime.



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Le Grinch (The Grinch)


USA / 2018

28.11.2018
 



JINGLE HELL





« Le génie commence avec les abdos. »

Noël est un paradis : une fête éternelle, des loisirs à foison, de l’overdose de sucre, une surconsommation de cadeaux.
Noël est un enfer pour ceux qui sont partisans de la décroissance, qui mangent bio et sans gluten, ou qui détestent Sissi.
Le Grinch est évidemment dans la deuxième catégorie, digne cousin éloigné de Gru.

Personnage iconique de la culture américaine, cette créature verte et poilue, râleuse et ingrate, sans cœur et solitaire, est parfaite pour un humour un peu grinçant et un cynisme assumé.
Avec son chien Max, il forme un duo paré pour des gags à la Tex Avery dans cette prod Illumination. D’ailleurs cette paire n’est pas vraiment dans la lignée de leurs collègues (Obélix et Idéfix, Tintin et Milou), et s’approche davantage côté « losers » de Satanas et Diabolo (Les fous du volant) de La grande course autour du monde, avec Professeur Fate et (un autre chien nommé) Max, et côté couple de Wallace et Gromit (surtout au petit-déjeuner).

Ce qui est intéressant avec ce conte du Dr Seuss, c’est la critique implicite de notre civilisation qui nous oblige à aimer Noël. Ce qui est regrettable c’est que le Dr Seuss nous montre qu’il n’y a pas d’autres choix que d’aimer Noël.

Cette dictature d’un bonheur rouge et vert, aussi artificiel que rapidement insupportable avec ses chants et ses ampoules colorées, aurait mérité un film à la satire cruelle. Malheureusement, les créateurs des Minions ont préféré la morale bien convenue du conte originel et file rapidement vers un récit sage et prévisible.

En vert et contre tous

Heureusement, l’animation (impeccable), les décors (amusants), les personnages (attachants), et la bienveillance de l’ensemble permettent au film d’être à la hauteur des attentes pour une animation familiale américaine et grand public. Ce formatage n’a rien de surprenant.

On peut toujours être déçu par cette psychologie à six sous autour de ce pauvre Grinch ou la simplicité de l’intrigue qui cible les très-petits. Mais au moins, la légère insolence, l’inventivité des machines et les catastrophes qui s’enchainent en font un honnête divertissement qui flirte avec les théories de développement personnel dans l’air du temps.

Finalement ce vieux grincheux bedonnant de 53 ans, façon Jack Nicholson dans Pour le pire et pour le meilleur, va devoir se soumettre à la gentillesse et à l’amour, seules vertus indispensables. Le générique de fin montrera sa nouvelle vie. 6 ans après Le Lorax (du même Dr Seuss), on se dit que les studios Illumination sont quand même mieux inspirés quand ils imaginent leurs propres histoires.

En ne s’affranchissant pas d’une morale traditionnaliste, Illumination empêche une fois de plus le Grinch de séduire un public moins adepte des contes de Noël.
 
vincy

 
 
 
 

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