Viendra le feu a reçu le prix du jury Un certain regard. Le film d'Oliver Laxe laisse au spectateur toute liberté de se projeter dans le film pour y lire son propre rapport à la nature et ses propres obsessions face à la déliquescence du monde.



Ça - chapitre 2
Ça marche !?
Deux moi
Jeanne
L'insensible
Lucky Day
Mjolk
Music of My Life
Tempo Comum
The Bra
Tu mérites un amour
Un petit air de famille
Une joie secrète



Parasite
Toy Story 4
Le Roi Lion
Give Me Liberty
Ils reviennent...
L'étincelle, une histoire des luttes LGBT +
Fanny & Alexandre
Une Fille facile
Viendra le feu



Spider-Man: Far From Home
L'œuvre sans auteur
Le coup du siècle
Factory
Comme des bêtes 2
Fast and Furious: Hobbs and Shaw
Halte
Le Gangster, le Flic et l’Assassin
Le mystère des pingouins
Les faussaires de Manhattan
Nuits magiques
Once Upon a Time... in Hollywood
Perdrix
Playmobil, le film
Une grande fille
Roubaix, une lumière
Thalasso
Les Baronnes
Late Night
Hauts perchés
Frankie
La vie scolaire
Fête de famille
Les hirondelles de Kaboul
Liberté






 (c) Ecran Noir 96 - 19


  



Donnez votre avis...


Nombre de votes : 7

 
Kursk


Danemark / 2018

07.11.2018
 



MENSONGES D’ETAT





« La vie d’une épouse de marin n’est pas facile. »

Thomas Vinterberg nous plonge en eaux troubles. Non pas celles de la mer de Barents, glaciales, mais bien celles d’un fiasco politico-médiatique qui a coûté la vie d’une centaine de sous-mariniers russes.

Dans ce film qui dénonce clairement l’incompétence des autorités du pays, le cinéaste danois, à partir d’une enquête d’un journaliste américain, ne cherche même aucune excuse au Kremlin et à la hiérarchie militaire. Dès le départ, il montre le problème des versements des salaires aux braves marins de son armée.

Le film se découpe en trois axes. Ce qui rend le récit compréhensible mais empêche sans doute une certaine dramatisation et une immersion certaine dans la tragédie. Mais ne reprochons pas cette simplicité. Car il s’agit bien d’un film politique, davantage qu’un film d’action.

Kursk est l’histoire d’un peuple déconsidéré. Des hommes s’exerçant à une guerre qui n’existe plus avec un matériel vétuste. Des épouses et des parents qui butent contre une information opaque, manipulée, mensongère. Dans cette transposition des faits survenus en 2000, avec un casting international de haute volée, le film est efficace.

Les marins emprisonnés dans les abysses, leurs femmes désinformées et un pouvoir qui, par orgueil, préfère ignorer l’aide internationale et niée son incompétence, forment un ménage un trois diabolique où chacun va y perdre, beaucoup. La défaite est cuisante pour tous. Mais les coupables sont désignés : l’oligarchie militaire russe.

Naufrage de la bureaucratie russe

Le cinéaste fait surgir l’accident nucléaire assez vite, furtivement, avec peu de suspens. Même si on en connait l’issue, il parvient d’ailleurs à maintenir une tension réelle pour ce qui est des survivants. C’est de loin, cinématographiquement, la partie la plus réussie, en huis-clos. A terre, la colère des proches gronde et la révolte emporte le spectateur.

Le Koursk est un tombeau au fond de la mer. Le film est à la fois un survival sous-marin, un drame politique citoyen et un sauvetage monté comme un thriller. Trois faillites qui s’enchevêtrent.

Outre les beaux plans aquatiques, une interprétation sans défauts et quelques séquences bien écrites, on soulignera que le scénario réussit toujours à nous faire croire à l’impossible (sauver les survivants), nous mettant ainsi à la place de ces femmes qui attendent que leurs maris reviennent.

Vinterberg n’oublie jamais, derrière le scandale d’état, de se placer à hauteur d’hommes, avec leurs contraintes, leurs contradictions, leurs convictions. Une machine militaire dépassée par l’exigence de transparence et l’émotion médiatisée, des citoyens écrasés par ce système et qui trouve encore la force de se rebeller : Kursk est un cauchemar pour tous, de ceux qui sont piégés en haute mer à ceux qui sont coincés sur terre.

Les fils de la patrie

On voit bien comment le réalisateur s’est approprié cette histoire, loin, a priori, de ses précédents films. Il y a inséré une histoire d’amour, un portrait de communauté, un récit d’injustice. Autant de thèmes qui traversent sa filmographie. Depuis Festen, il aborde aussi les questions de filiation et de responsabilités. Et c’est ce qui ressort de Kursk. Chercher une vérité dans un magma de désinformation et de rumeurs. Mais surtout s’attacher à ce qu’un père défunt peut transmettre à son fils. C’est cette relation filiale qui soutient tout le film, même si cela peut paraître un peu mièvre. Le scénario a cette tendance de ne pas faire dans la subtilité. Peu importe. L’efficacité prime et Kursk démontre à gros traits que cette tragédie, qui laisse veuves et orphelins démunis, est d’autant plus inacceptable qu’elle était évitable.
 
vincy

 
 
 
 

haut