Grand prix Nespresso de la Semaine de la critique Diamantino est un film aussi absurde que déjanté sur une star du ballon rond dont la vie comme la libido vont être bouleversées. Farfelu et iconoclaste, ce délire est bien plus profond qu'on ne le croit, abordant tous les sujets de société qui fâchent.



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Astérix - Le secret de la potion magique
Back to School
Cassandro, the Exotico!
Champ de batailles
L'exorcisme de Hannah Grace
La veillée
Le sous-bois des insensés
Les Confins du monde
Leto
Ma mère est folle
Marche ou crève
Monsieur
Paddy, la petite souris
Pig
Pupille
What you gonna do when the world's on fire?



A Star is Born
Un 22 juillet
Yéti & Compagnie
Le grand bain
En liberté !
The Spy Gone North
Carmen et Lola
Chien de garde
Festen
Outlaw King : Le Roi hors-la-loi
Diamantino
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Capharnaüm
First Man: le premier homme sur la lune
Bohemian Rhapsody
Breathe
Chacun pour tous
Cold War
Jean-Christophe & Winnie
Quién te cantará
Silvio et les autres
Ta mort en shorts
Touch Me Not
Crazy Rich Asians
Heureux comme Lazzaro
Kursk
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Un amour impossible
8, avenue Lénine
Les animaux fantastiques: les crimes de Grindelwald
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Amanda
Les filles du soleil
Yomeddine
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Les héritières
Robin des Bois
Voyage à Yoshino






 (c) Ecran Noir 96 - 18


  



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Domingo


Brésil / 2018

10.10.2018
 



LAURA ET LULA





« Tu bandes mou ? »

Après Gabriel et la Montagne, Fellipe Barbosa revient dans un tout autre registre, la chronique familiale. Coréalisé avec son assistante habituelle, Clara Linhart, et toujours scénarisé par Lucas Paraizo, Domingo est un mélange de dimanche à la campagne, de week-end familial, et de portrait d’un Brésil en mutation.

Le film se déroule à cheval entre 2002 et 2003, au moment où Lula prend le pouvoir. 15 ans plus tard, on sait que c’est l’extrême-droite qui va s’emparer du Brésil. Mais ce qui intéresse Barbosa et Linhart est ailleurs. C’est le tableau, un peu grossier, d’un pays où le fossé entre les classes semble toujours béant.

Si le scénario est facile, manquant de relief, se complaisant dans des scènes déjà vues ou prévisibles, le film a le mérite de montrer le racisme social (qui est souvent lié à la couleur de peau, hélas) de la part des dominants. Ici, la « mamie » Laura, qui aimerait que tout soit comme avant (c’est tellement mieux, on était tellement plus heureux). Femme de la classe moyenne supérieure (se prenant pour une milliardaire aristocrate), elle n’a aucun scrupule à jouer les esclavagistes, les despotes et à acheter l’affection de ses descendants.

Ceux-ci, assez banals, souffrent d’une écriture assez simpliste. Hormis quelques scènes où les uns et les autres, chez les adultes, brillent, les séquences collectives noient vite leur individualité et les rendent stéréotypés. Les jeunes s’en sortent mieux, avec leur apprentissage de la sexualité et du genre. C’est d’ailleurs les personnages les plus intéressants dans ce film où les adultes semblent inconscients ou insouciants.

On comprend vite, c’est un peu didactique, que ce collectif se divise entre pro-Lula (ami du peuple) et opposants (ou inquiets). Même si, finalement, rien ne change pour personne : ce que saisit l’aigrie Laura en écoutant attentivement le nouveau président, ses inquiétudes se dissipent, et elle-même se laisse séduire.

Pourtant, c’est bien d’émancipation et d’ascension sociale dont il s’agit avec un prof de tennis qui rentre dans le cercle et deux domestiques qui prennent leur distance. Ce que Domingo raconte, c’est l’espoir porté par Lula. Si les dominants sont oisifs et névrosés, les dominés peuvent croire que le monde ne sera plus seulement à leurs « maîtres ». Quoique...
 
vincy

 
 
 
 

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