Damien Chazelle retrouve Ryan Gosling pour un biopic bipolaire: First Man est à la fois un drame intime et un ballet spatial. Immersif dans les étoiles et intériorisé sur terre, le film démontre une ambition cinématographique à l'écart du formatage hollywoodien.



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Tomb Raider


USA / 2017

14.03.2018
 



ALICIA SUPERSTAR





- Ça va être une aventure… - La mort n'est pas une aventure !

Six ans après The Wave, le Norvégien Roar Uthaug remet sa casquette de réalisateur pour l'épineux Tomb Raider. Explications.

Qui a volé le scénario ?

Sept ans après la disparition de son père, Lara Croft refuse encore de prendre la direction de l'entreprise familiale et gagne sa vie en tant que coursière à vélo à Londres. Persuadé que son père est encore en vie, elle décide d'aller le chercher dans la mer du Diable, près des côtés japonaises, après avoir fait des découvertes surprenantes. Accompagnée par Lu Ren, elle va croiser sur son chemin l'Ordre de la Trinité, une organisation aux desseins néfastes.

Reboot de la franchise Tomb Raider au cinéma, le film de Roar Uthaug est avant tout l'adaptation sur grand écran du jeu vidéo également rebooté par Crystal Dynamics en 2013. Voici pourquoi le look et l'attitude de cette Lara Croft nouvelle génération n'ont rien à voir avec celle qu'incarnait Angelina Jolie en 2001 et 2003. Plus humain et débrouillard (car dépourvu de gadgets en tout genre), le personnage de Lara Croft version 2018 devient rapidement sympathique. Loin du cliché de l'héritière richissime qui renie son héritage pour jouer les pauvresses, Alicia Vikander parvient à donner de l'épaisseur à un personnage emblématique de la pop culture.

Ceci dit, elle n'a pas été aidée par un scénario qui ne décolle jamais vraiment. Le premier reproche que l'on puisse faire à celui-ci c'est d'ailleurs de ne jamais s'affranchir jeu vidéo. En effet, l'histoire écrite par Geneva Robertson-Dworet et Alastair Siddons relève plus du synopsis de jeu vidéo que du scénario blockbuster américain ambitieux. On peut évidemment remettre en question tous ces enchaînements de cascades parfois incohérentes. On pense notamment à tous les chocs que Lara Croft subis mais qui ne la ralentissent dans sa quête que quelques secondes. Si cette manière de faire est tout à fait acceptable dans un jeu, une fois transposée à l'écran, cela n'a aucun sens.

Et même les petites touches d'humour apportées au dialogue ne réussissent pas à dissiper notre impression de voir un jeu projeté sur un grand écran. Ainsi, lorsqu'Alicia Vikander s'étonne d'un "Sérieusement ?" alors que l'avion dans lequel elle s'est réfugiée pour échapper à une chute mortelle s'apprête à s'effondrer, on ne peut que lui répondre "Oui sérieusement Alicia ! Qu'est-ce que tu croyais ? C'est un Tomb Raider ! Si tu n'es pas en danger toutes les cinq minutes, les fans du jeu vont râler !"

Où est passé le budget ?

Visuellement, les multiples bandes annonces et posters donnaient le bon ton. Et contrairement à certains blockbusters que l'on ne mentionnera pas ici, il n'y a pas eu erreur sur la marchandise : Tomb Raider est conforme à ce que l'on nous avait annoncés. Néanmoins, on ne peut qu'être attristé par la laideur de certaines séquences. On pense notamment à celle durant laquelle le bateau de Lu Ren se fracasse contre le récif. Filmer des scènes censées se dérouler dans la mer n'est pas chose aisée. Rajoutez à cela d'immenses vagues et quelques orages et le résultat peut être catastrophique. Et c'est le cas de Tomb Raider : cette séquence ainsi que celle du "combat de boue" sont difficiles à apprécier car le spectateur n'y voit pas grand-chose. Au mieux, il discerne quelques formes ici et là. Au pire, il imagine ce qui est écrit dans le scénario.

On discerne ici très clairement les limites de la réalisation de Roar Uthaug dès lors qu'il est question de liquide. A l'image des séquences mentionnées plus haut, celle de la rivière a du mal à passer. Rongée par les effets numériques, il est impossible de dire où l'on doit poser le regard et si Alicia Vikander apparaît même dans un seul plan… Cela étant dit, Tomb Raider dispose de décors (lorsqu'ils sont réels) très réussis. Le Londres que l'on nous présente est à la fois urbain, original et attractif. Tandis que les plateaux sud-africains font d'excellentes alternatives à Hong-Kong et à l'île du Yamatai de la diégèse.

Naissance d'une star

Bien évidemment, le principal intérêt de ce Tomb Raider réside dans la performance d'Alicia Vikander. Cette dernière parvint très vite à faire oublier la prestation d'Angelina Jolie pour devenir la Lara Croft que l'on aurait toujours voulu (et dû) voir au cinéma. Fraîche et pleinement investie, l'actrice de 29 ans oscarisée pour son second rôle dans The Danish Girl incarne parfaitement la brunette de 21 ans. L'actrice crève l'écran et hérite d'une saga à la hauteur de son talent. Elle n'est d'ailleurs pas sans rappeler Jennifer Lawrence et ses Hunger Games.

A ses côtés, on notera bien évidement les performances de Dominic West, très bon en père absent, de Daniel Wu, second couteau très charmant et de Walton Goggins, l'antagoniste par excellence depuis qu'on l'a découvert dans The Shield et Justified. S'il est évident que le personnage incarné par Kristin Scott Thomas figurera au casting de la suite de Tomb Raider (si suite il y a), il convient de préciser que la musique Junkie XL est pleinement convaincante. Auteur de la bande originale de Mad Max: Fury Road et Deadpool, le DJ de 50 ans a encore une fois fait du très bon boulot.

Porté par une actrice au talent certain, Tomb Raider fait office d'excellent amuse-gueule en cas de trilogie. Pris à part, il n'est finalement qu'une sympathique mise sur grand écran d'une histoire déjà racontée sur une autre plateforme. Néanmoins, Warner Bros. peut souffler car nous sommes à bord pour la suite !
 
wyzman

 
 
 
 

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