Premier film "américain" de Mélanie Laurent, Galveston est un mélo noir, où l'humanité l'emporte sur la violence, où la nature est dominante et où la justice est défaillante. Mérite le détour.



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L'échappée belle (The Leisure Seeker)


Italie / 2017

03.01.2018
 



TENDRES PASSIONS





«- Va au Diable !
- Ça tombe bien, on y va ensemble !
»

Paolo Virzi continue de scruter la folie ordinaire des hommes, et une fois de plus sous la forme d’un road-movie. Si L’échappée belle est moins convaincant que ses précédents films c’est peut-être aussi parce qu’il change de territoire, passant de son Italie à l’Amérique et ses vastes étendues. On comprend très vite ce qui l’a attiré dans ce projet, outre le fait de diriger deux monstres sacrés du cinéma, Helen Mirren et Donald Sutherland. Le cinéaste aime la liberté, l’anti-conformisme, les personnages qui se jouent des conventions pour tracer leur propre route, quitte à être hors des sentiers battus au grand désespoir de leur entourage, souvent terriblement conventionnel pour ne pas dire conservateur.

Et c’est ce qu’il y a d’intéressant dans L’échappée belle : tourné en pleine campagne électorale où Donald Trump affrontait Hillary Clinton, le réalisateur a inséré cette période passionnelle et politique dans son film, montrant une Amérique qui a oublié sa littérature et les séances diapos.

A contrario, le vieux couple s’offre une virée finale. L’épouse est atteinte d’un cancer généralisé, l’époux de la maladie d’Alzheimer. Ensemble, ils vont s’offrir un dernier voyage avant le grand voyage, se rappelant leur vie, et assumant leur choix égoïste. Ce duo érudit, attendrissant, humain révèle une époque révolue, celle où un professeur était une demi-divinité, où Hemingway était un culte, où les vacances en camping-car était l’occasion de découvrir l’Histoire d’un pays.

Dans ce couple, la femme porte la culotte. La vieillesse est peut-être un naufrage, mais le radeau, L’échappée belle, vieux camping-car comme on n’en fait plus, tient bon. Mais tenir un road-movie sur la longueur nécessite un scénario un peu singulier, ou au moins rythmé.

Escales prévisibles

Or, ici, le film enchaîne des étapes convenues, des rebondissements peu palpitants et se traîne parfois dans une mélancolie et une nostalgie sans folie.

Ce qui ne retire rien au ton caustique du film ni à la délicieuse ironie des dialogues. C’est même parfois franchement drôle. Et certaines séquences ne manquent pas de poésie. Dans cette recherche des souvenirs perdus, la liberté semble le seul médicament contre la souffrance et la déchéance. Le vieil homme et la mère séduisent surtout par l’amour qui transpire de leur relation ancestrale, fusionnelle, évidente.

Si Virzi a oublié, en traversant l’Atlantique, la couleur des sentiments excessifs, il a su porter un regard juste sur le 4e âge, si rarement filmé dans les films populaires. L’épilogue sera moins poignant qu’attendu parce qu’il est la conclusion logique de ce récit. Mais l’ensemble du final, à partir d’une crise de nerf anthologique d’une Helen Mirren « over the top », montre que le cinéaste excelle quand il s’agit de passer de la fracture (à travers un acte dingue) à la réconciliation (car l’humain l’emporte surtout par amour).

Ainsi, sans être trop correct, le film demeure révérencieux. Mais le réalisateur signe un film touchant sur le libre arbitre avec deux personnages dignes jusque dans leur cercueil sur roues.
 
vincy

 
 
 
 

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