Les étendues imaginaires de Slew Hua Yeo a reporté le Léopard d'or à Locarno en août dernier. Portrait de Singapour et de son arrière-cour (pas forcément reluisante), le film est une splendeur, à la fois surprenant et singulier.



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La Promesse de l'aube


France / 2016

20.12.2017
 



BIG BOYS DON'T CRY





- Tu dois terminer ce roman.

- Mais je suis malade ?

- Et alors ? Est-ce que Maupassant a arrêté d'écrire parce qu'il avait la syphilis ?


Trois ans après Le Dernier Diamant, Eric Barbier est de retour avec un nouveau film tourné aux quatre coins du monde : La Promesse de l'aube. Véritable drame historique, le film repose principalement sur les performances absolument stellaires de ses deux interprètes principaux. Explications.

Fabrique d'un écrivain

Romain Gary a vécu une vie extraordinaire. De la Pologne à Nice en passant par l'Afrique et Londres, il a eu mille vies et tenté de devenir un grand homme ainsi qu'un grand écrivain pour sa mère, Nina. Particulièrement attaché à celle-ci, cet amour maternel finira par être son fardeau pour la vie.

Dès les premières minutes du film, le spectateur découvre, confus et médusé, un Pierre Niney absolument impressionnant, parfaitement à l'aise dans la peau de cet auteur atteint du pire des maux : la sensation de ne pas avoir assez aimé sa mère de son vivant. Car c'est bien de cela que traite La Promesse de l'aube, la nécessité d'aimer ceux qui nous poussent à être meilleurs quand il sont encore parmi nous.

Les flashbacks aidant, les scénaristes Eric Barbier et Marie Eynard font de leur mieux pour rendre cet homme rongé par les remords sympathique et attachant. Et ils y parviendront mais à la toute fin du film. Entre-temps, il faut s'adapter à ce récit d'apprentissage énoncé par Pierre Niney, fait des péripéties qu'il a vécues avec sa mère. Mais une ombre plane constamment sur sa vie : ses origines juives.

Sois un bon fils et tais-toi

Maltraité en Pologne, diminué dans l'armée française, cet aspect de son identité le traque. Certains diront que ceci explique le lien fort qu'il entretient avec sa mère quand d'autres argueront que, comme souvent, un enfant qui grandit sans figure paternelle développe encore plus d'affection pour sa mère. Dans tous les cas, Romain Gary (alors encore connu sous le nom de Roman Kacew) est un homme hanté.

Et quand ce ne sont pas les épreuves infligées par les autres qui reviennent dans sa tête, Romain Gary se remémore les tirades de sa mère. Il s'en souvient si bien qu'à la moindre angoisse, celle-ci lui apparaît, plus vraie que nature. Mais ce qui pourrait passer pour une aide précieuse finit par vite être un calvaire. Eloigné de celle qui l'a élevé à cause de ses études puis de la guerre, il tente par tous les moyens de la rendre fière.

Suivent alors des séquences mi-comiques mi-tragiques où chacun fait preuve d'une répartie inouïe. Dépourvu d'homme à qui tenter de ressembler, Romain essayera toute sa jeunesse d'épater sa plus grande fan, celle qui lui fait porter des queues d'écureuils et se battre pour sauver l'honneur de n'importe quelle femme, le sien en particulier.

Duo de choc

Bien que l'on apprécie les apparitions de Didier Bourdon, Jean-Pierre Darroussin, Catherine McCormack ou encore Finnegan Oldfield, ce sont bien évidemment Pierre Niney et Charlotte Gainsbourg qui font tout l'intérêt du film. Parfaitement castés, les deux offrent des performances parmi les plus singulières et mémorables de leur carrière respective. Drôle et agaçante à la fois, Charlotte Gainsbourg est ici forte, vulnérable. Et ce malgré un accent extraordinairement faux.

Quant à Pierre Niney, il continue de prendre des risques tout en donnant brillamment vie à des figures historiques. Yves Saint Laurent en 2014, Philippe Cousteau en 2016 et Romain Gary cette année. A la différence près qu'ici, il est épaulé par deux autres acteurs qu'il faudra suivre de près et qui apportent chaleur et tendresse à la figure de Romain Gary : Pawel Puchalski (Romain enfant) et Nemo Schiffman (Romain adolescent).

Loin de briller en termes de mise en scène, La Promesse de l'aube vaut principalement le détour pour ses deux héros et leurs dialogues on ne peut plus pertinents. Si le film ne fait pas l'unanimité, cela aura sans doute beaucoup à voir avec sa grande littéralité et une reconstitution douteuse. Vous êtes prévenus.
 
wyzman

 
 
 
 

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