Senses est un film en cinq parties, comme "une série de cinéma". Et c'est à ne pas manquer pour deux raisons: le film est un brillant portrait du Japon et des femmes japonaises. Et cela permet de découvrir Ryusuke Hamaguchi, qui sera à Cannes avec son nouveau film, Asako.



Cornelius, le meunier hurlant
Daphne
Deadpool 2
En guerre
Everybody knows
Gringo
La révolution silencieuse
Plaire, aimer et courir vite
Rampage - Hors de contrôle
Senses



Black Panther
La forme de l'eau
Call Me By Your Name
Les garçons sauvages
Ghostland
Mektoub, My Love: Canto Uno
Les Destinées d'Asher
Ready Player One
The Rider
La révolte des jouets
L'île aux chiens
Charade
La route sauvage



Le Labyrinthe: Le remède mortel
La Ch'tite Famille
La Belle et la Belle
Tomb Raider
Un raccourci dans le temps
Pacific Rim Uprising
La prière
Coby
Croc-Blanc
Madame Hyde
A l'heure des souvenirs
Don't worry he won't get far on foot
Pierre Lapin
La mort de Staline
Red Sparrow
Kings
Taxi 5
Allons enfants
Place publique
Game Night
Avengers : Infinity War
Comme des garçons
Nobody's watching
Transit
Une femme heureuse






 (c) Ecran Noir 96 - 18


  



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Coco


USA / 2017

29.11.2017
 



TOUS EN SCÈNE





« On lui dit ou pas qu’il n y a pas de petits coins dans le monde des ancêtres ? »

Le Pixar annuel ou Disney des fêtes va réchauffer les hivers. Et se singularise avec une histoire qui emprunte autant aux comédies macabres de Tim Burton – Beetlejuice et L’étrange Noël de Monsieur Jack – qu’aux mélos sirupeux et pleins de grands sentiments des années 1950.

Coco est fabuleusement coloré, parfois outrancièrement, mélangeant morts et vivants, et surtout différentes influences picturales : le réalisme de Frida Kahlo, le muralisme social de Diego Riviera, l’urbanisme industriel de l’ère Jules Verne, la mythologie aztèque et les Codex mésoaméricains, etc…

Cela lui donne un air baroque et bariolé, des allures de film fantastique qui vire parfois au queer. Dans cette ambiance Halloween, au gré des malédictions des personnages principaux (un gamin normal, un chien bête, un défunt misérable, une grand mère autoritaire…).

On peut au moins souligner l’originalité réelle de Coco dans l’univers Pixa. Si le scénario est très classique, le sujet, le cadre et la direction artistique détonnent. Chez Disney, on aurait quelques références. Mais pour Pixar, Coco est un intrus parmi les jouets, monstres, poissons, super-héros, voitures, robots, cerveau. Il a un vague cousinage avec Là-haut et Rebelle. Le rapprochement s’arrête là.

Le film porte évidemment deux messages : la force inaltérable de la famille et la vitalité inaliénable de la musique (et des arts en général). Une famille qui se déchire depuis quatre générations et une musique bannie depuis. La morale sera évidemment simpliste, une histoire de réconciliations : familiale et musicale.

Rendons grâce à la production de nous avoir éviter des airs symphoniques. Ici, on est plus proche du blues mexicain, de la bluette romantique, de la chansonnette a capella qui rentre dans les têtes.

On peut regretter que les auteurs n’aient pas osé aller plus loin dans la description des inégalités sociales (y compris au Royaume des morts) et de l’arrivisme cynique. Si le film déroule de manière convenue son histoire, entre squelettes, saltimbanques et matriarcat, il faut attendre le dernier tiers de Coco pour être réellement happés.

Dès la rencontre entre Miguel, le gamin qui veut devenir musicien, et Ernesto de la Cruz, la star défunte à cause d’une cloche géante, tout s’accélère : flash-backs qui donnent de la profondeur aux personnages et rebondissements et actions qui donnent du rythme au séquences. La trahison (du genre mortelle), ingrédient rare chez Disney, apporte une dose de piment à un final qui a été plagié (un comble vu l’histoire) sur celui d’Hairspray.

Mais rien ne manque pour le feu d’artifice conclusif : ni l’émotion, ni le happy end, ni les bons sentiments. Il faut dire que ce voyage chez les Morts (sympathiques et festifs) donne goût à la vie. Et rappelons-le : on n’en a qu’une.
 
vincy

 
 
 
 

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