Alita Battle Angel, manga culte, production de James Cameron, réalisation de Robert Rodriguez. Avec sa dose d'action et son héroïne cyborg plus vraie que nature, le blockbuster va essayer de conjurer le mauvais sort fait aux adaptations hollywoodiennes des mangas japonais.



Alita: Battle Angel
All Inclusive
Comme un seul homme
Dans la terrible jungle
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L'illusion verte
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Long Way Home
Moi, maman, ma mère et moi
Ralph 2.0
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Vice



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Spider-Man: New Generation
Roma
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The Front Runner
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Spider-Man: Homecoming


USA / 2017

12.07.2017
 



LES FOLLES JOURNÉES DE PETER PARKER





« Tu ponds des œufs ? »

SpiderMan : Homecoming est une agréable surprise. Un divertissement revigorant, sans trop d’épate ni d’effets, qui permet au super-héros de retrouver une nouvelle jeunesse. A priori, on voyait mal le freluquet Tom Holland dans le costume (moulant) reprendre le flambeau. Pourtant, l’acteur est idoine pour cette saga qui repart (de nouveau) à zéro, apportant une fraîcheur et une sensibilité au personnage, sans tomber dans les tourments et la dépression de l’excellent Tobey Maguire.

Mais revenons aux origines, puisque l’on parle de Maguire.

Troisième série cinématographique depuis le début du millénaire pour le héros le plus populaire des Comics américains (si on prend en compte le nombre de produits dérivés vendus). Spider-Man est de nouveau « rebooté ». Après la brillante trilogie de Sam Raimi (2002-2007), qui a posé les bases de l’adaptation de comics au cinéma en plus d’être des cartons au box office, il y a eu le récent et décevant diptyque Amazing Spider-Man (2012-2014). Cette série a échoué à séduire car elle ne trouvait pas son style. On connaissait l’histoire, les intrigues et scènes d’actions étaient déjà vues, et malgré ses qualités d’acteur, Andrew Garfield semblait mal taillé pour le costume. Sam Raimi s’amusait à insérer quelques doses de son cinéma B dans des productions spectaculaires, maîtrisait l’entremêlement des récits – les parcours du trio d’amis, la lutte contre un ou plusieurs ennemis, les traumas des uns et des autres, et cherchait à donner une dimension humaine à un divertissement fédérateur, accompagné par une partition incroyable de Danny Elfman.

Après l’échec (relatif) des Amazing Spider-Man, simples produits estivaux sans âme et sans culte, Sony devait revoir sa copie. Pour garder la licence (c’est son seul super-héros en stock, « hors James Bond ») que Marvel voulait récupérer (notamment en utilisant Spider-Man dans ses diverses productions). Pour gagner un maximum de recettes (les Spider-Man sont toujours les trois plus grosses recettes de son histoire, The Amazing Spider-Man est la 5e).

Croisement ciné-génétique

Voici donc Spider-Man : Homecoming, co-brandé avec Marvel (musique du dessin animé incluse). On l’avait entre-aperçu dans Captain America : Civil War. Il était le nouveau venu. Le nouveau Spider-Man est né en second-rôle, dans une bande à part, celle des Disney-Marvel. Le voici à la « maison », chez Sony. Cette fois-ci, le second-rôle est tenu par une star Disney-Marvel, Iron Man. On est dans le fameux « cross-branding » devenu un classique en télé. Au cinéma, ce type de manipulation « génétique » a souvent été hasardeuse (Predator / Alien par exemple).

Ici, ce n’est pas le cas. La bonne idée est d’avoir abandonné l’idée de refaire les Spider-Man de Sam Raimi ou un super-héros classique des Avengers. Spider-Man est à part. En rajeunissant considérablement le personnage, les producteurs s’offrent un héros ado, loin des mâles virils (quoique peu baiseurs), cyniques (mais au grand cœur) et arrogants (éternels prétentieux) qui envahissent nos écrans du côté Marvel comme DC. <^> Non, ce Spider-Man en est encore à la branlette, porte des caleçons larges (la grosse incohérence du film : avec un costume si moulant, le pauvre Peter Parker ne doit pas être très à l’aise), passe ses messages avec ses tee-shirts graphiques, et a tout du teenager pas encore affirmé (sans un bouton d’acné, précisons-le).

Ainsi, comme Deadpool mixait le stand-up avec le comics, comme Logan croisait le western crépusculaire et les X-Men ou comme Ant-Man avait des allures de films des années 80, ce 6e Spider-Man des années 2000 a décidé de se faire une cure de jouvence en reprenant les codes des teen-comédies de John Hugues. Ainsi la course-poursuite à travers les jardins de pavillons de banlieue est un délicieux hommage de la course de Ferris Bueller pour rejoindre son foyer. Il y a quelques autres gags et pointes d’humour (la plus délectable est celle contre les blogueurs), liées notamment aux maladresses d’un gamin en croissance qui ne sait pas quoi faire de sa nouvelle « puissance » (et de son costume amélioré). Car Peter Parker est faillible, tête en l’air, impatient, secret bref pas vraiment idéal pour draguer et se faire des amis.

Etre un héros ou ne pas être

Finalement ce Spider-Man : Homecoming n’a rien d’un blockbuster traditionnel. Globalement, il y a peu de scènes où l’action étire le film. D’ailleurs, l’action n’est pas ce qu’on retient du film, malgré une belle séquence au Washington Monument (avec un clin d’œil à Sam Raimi) et une autre plutôt convaincante sur un ferry new yorkais.

Non, ce qui est habile, c’est d’avoir voulu raconter une histoire autour d’un ado qui cherche sa place dans le monde. Tenté par la célébrité rapidement acquise, le monde des adultes, la vanité de celui qui se sent différent, doué et invincible. Prêt à s’envoler en zappant sa jeunesse. Et il y a la réalité, l’envie d’être amoureux, de garder son pote, de rester un « nobody » pour s’amuser, profiter de la vie. Ce côté « décalé » s’illustre parfaitement avec la séquence du combat berlinois de Captain America : Civil War filmée avec le smartphone de Peter Parker/Spider-Man qui se fait sa « story » comme n’importe qui filmerait ses exploits. Il est à la fois un super-héros parmi les super-héros et un jeune homme « normal » ébahi par ce qu’il vit et voit.(by the way: cette séquence "réaliste" est sans aucun doute ce qu'on a fait de mieux en 15 ans chez Marvel).

Alors que de nombreux ados cherchent à se « vendre » en se promouvant sur les différents outils sociaux numériques, Spider-Man : Homecoming leur rappelle qu’il ne faut pas forcément brûler les étapes, au risque de passer à côté de son existence. Pour une fois la morale n’est ni appuyée ni vaine. L’autre subtilité est sans aucun doute de ne pas avoir fait de M.J. la première amoureuse de Peter Parker. Elle est là, en arrière-plan. Mais son cœur bat pour une autre. Deux jeunes filles métisses qui donnent là aussi un coup de peps à la franchise, s’affranchissant de l’inoubliable Kirsten Dunst.

Quant au vilain, il n’est pas vraiment méchant (Michael Keaton, ironiquement un ex-Batman, parfait pour le rôle). C’est juste un gars ingénieux qui prend sa revanche sur les élites avec un sale trafic d’armes. Il ne cherche pas à détruire le monde. Il n’est que cupide. Si la bataille finale est relativement ratée (trop plagiée sur de nombreuses autres prouesses vues ailleurs) et assez moche, elle a l’avantage d’être concise. Même son épilogue surprendra. La fin du film est d’ailleurs très loin des conventions du genre.

L’Amérique changerait-elle ? Nulle planète à sauver, nulle peine capitale, nulle vengeance, nulle héroïsation, Spider-Man : Homecoming veut transmettre une autre vision : plutôt que œil pour œil, dent pour dent, plutôt que de croire en un super-protecteur, le film préfère la justice et le pardon, l’humilité et l’apprentissage. Une comédie aventureuse qui fait passer l’initiation, ce rituel immuable à travers les peuples et les âges, comme vecteur progressiste. C’est d’ailleurs à travers la filiation Iron Man / Spider-Man que le film revient à quelque chose de consensuel. Une transmission père/fils, où le Parker rêve d’être Stark et où Stark espère être meilleur que son propre père. Toujours cette idée de progresser, avec un mélange d’expérience et d’erreurs. Même si au final, on sait bien qu’on finit par tuer le père.
 
vincy

 
 
 
 

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