Senses est un film en cinq parties, comme "une série de cinéma". Et c'est à ne pas manquer pour deux raisons: le film est un brillant portrait du Japon et des femmes japonaises. Et cela permet de découvrir Ryusuke Hamaguchi, qui sera à Cannes avec son nouveau film, Asako.



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Daphne
Deadpool 2
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Senses



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La révolte des jouets
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A l'heure des souvenirs
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Une femme heureuse






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Traque à Boston (Patriots Day)


USA / 2016

08.03.2017
 



CINQUANTE NUANCES DE DEUIL





"Notre meilleure arme pour les battre, c'est l'amour."

Centré sur le double attentat qui a eu lieu lors du marathon de Boston en 2013, Traque à Boston est sans conteste l'un des films les plus aboutis de Peter Berg. Il était temps.

Mark Wahlberg, le sauveur

Quelques mois seulement après la sortie de Deepwater Horizon, autre film sur basé sur des faits réels, Peter Berg dévoile Traque à Boston, drame politique construit comme un thriller. Le film est d'autant plus attendu qu'il traite - avec un recul suffisamment impressionnant pour être noté - d'un acte terroriste commis sur le sol américain très récemment. Aidé par un happy ending (les méchants sont attrapés), Traque à Boston donne une vue quasi panoramique sur un événement ultra médiatisé et encore peu compris voire digéré.

Avec la force et l'originalité que l'on connait si bien chez nos amis Américains, Traque à Boston met en scène un policier (Mark Wahlberg) qui est on ne peut plus banal. Il adore son travail mais râle beaucoup, il est apprécié par ses supérieurs mais souvent charié par ses collègues, il est marié à une femme adorable et aimante et a quelques soucis avec son genou gauche. Bref, un flic dans la quarantaine comme on en voit souvent. Passionné, précis et compétent, c'est en partie à travers ses yeux que le spectateur vit ou revit cette tragédie nationale.

Par chance, Mark Wahlberg s'en sort à merveille ici. Eh oui, après son passage devant la caméra de Michael Bay (No Pain No Gain, Transformers 4), nous redoutions le pire avec ce film comportant une sacrée dose d'injures et d'armes. Mais Peter Berg a bien fait de le réengager. Dans Du Sang et des larmes, les deux hommes se complétaient déjà parfaitement. L'an dernier, dans Deepwater Horizon, c'était aussi le cas. Mais avec Traque à Boston, les deux viennent tout de même de mettre la barre encore plus haut.

Viril, taquin et sensible, Mark Wahlberg joue un flic comme on aime en voir : caricatural, drôle et attachant. Plus sincère qu'à l'accoutumée, celui que l'on a découvert lors d'une campagne publicitaire de Calvin Klein est ici à son meilleur niveau. Zéro chichi, zéro blablah, Mark Wahlberg joue le jeu et donne tout son sens au film. C'est un acteur américain brut, fait d'un bloc, avec un jeu plus ample qu'on ne le pense, et qui mise beaucoup sur sa gueule expressive.

Un film nécessaire

Qu'on se le dise, c'est une chance que Peter Berg réalise cette mise en image de l'attentat de Boston. Habitué des sujets sensibles et de la mise en scène de policiers, agents secrets et autres militaires, le réalisateur du très jouissif Hancock et de Battleship fait du très bon boulot. Sa caméra ne vacille pas, son cadrage ne dénote pas et ses acteurs ne s'oublient pas. Mais au-delà de l'excellente réalisation de Peter Berg, il faut bien admettre que Traque à Boston est un film nécessaire.

A un moment où les attaques terroristes semblent s’enchaîner en Europe, c'est avec une certaine appréhension que l'on a découvert ce très bel hommage aux personnes qui luttent contre ce type de crimes, à ceux qui les vivent et surtout ceux qui y survivent. Sans surprise, Traque à Boston veut que l'on se rappelle de ceux qui ont péri ce 15 avril 2013. Mais le film de Peter Berg n'oublie pas d'apporter une touche d'optimisme certes très américaine mais on ne peut plus essentielle.

Entre des scènes musclées, Peter Berg prend ainsi le temps de faire interagir le plus âprement possible ses acteurs. On est en guerre, les terroristes ont à nouveau frappé et il faut réagir. Mais au-delà de la capture qui est si importante pour le peuple américain, il y a aussi cette envie de comprendre. Et le film illustre parfaitement l'idée que même en essayant de les comprendre, certains crimes nous dépasseront toujours. Sans jamais virer dans la confrontation des modèles idéologiques, Traque à Boston ne se prive pas de montrer des terroristes sous influence et irresponsables (voire carrément débiles). Et à défaut de faire dans le didactisme de rigueur, Traque à Boston prône presque un message de tolérance vis-à-vis de ceux qui sont persuadés que les adeptes d'un mode de vie autre doivent périr.

Un must-see

Porté par un casting tout à fait impressionnant (J. K. Simmons, Kevin Bacon, John Goodman, Michelle Monaghan, Michael Beach, Melissa Benoist), Traque à Boston a le mérite de proposer des scènes de combat ultra réalistes et immersives. Plongés dans l'urgence, terroristes et forces de l'ordre tentent ainsi d'être le plus efficaces possible mais se loupent parfois.

Grâce à quelques moments comiques placés au cœur du drame, Peter Berg réussit également à nous faire sourire. Des vies ont été sacrifiées, d'autres sont en jeu, mais à la fin, cette histoire se finit bien. Et c'est là la force de Traque à Boston : nous montrer le chaos, nous faire voir et imaginer le pire, tout en nous convaincant qu'après les morts, des jours meilleurs sont à venir. A l'écran, cela se traduit par des plans d'ensemble de Boston, de sa population, de son réveil et de sa renaissance.

Les plus férus de ce type d'adaptation regretteront sans doute que les motivations des terroristes ne soient pas plus claires. Mais le produit final s'en sort très bien sans. Intense et dur, Traque à Boston se regarde et se recommande sans hésitation.
 
wyzman

 
 
 
 

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