Damien Chazelle retrouve Ryan Gosling pour un biopic bipolaire: First Man est à la fois un drame intime et un ballet spatial. Immersif dans les étoiles et intériorisé sur terre, le film démontre une ambition cinématographique à l'écart du formatage hollywoodien.



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Suicide Squad


USA / 2015

03.08.2016
 



MÊME PAS FUN





– T'as buté combien de personnes ? – Ça se demande pas ça !

Bouffé par les exigences d'un grand studio comme Warner Bros ou pas, le nouveau film de David Ayer devrait en décevoir plus d'un. Probablement parce qu'il s'agit là de son plus mauvais film ! Explications.

Trop gros pour être vrai ?

Face à une menace mystérieuse, Amanda Waller réunit une bande de crapules dotés de dons particuliers. Armés, le gouvernement se sert de ces méchants nouvelle génération pour livrer à des endroits et/où des moments auxquels il n'a pas accès. Mais tout cela se passe bien jusqu'à ce qu'ils réalisent qu'ils sont utilisés comme de la chair à canon.

Tout était bien parti pour Suicide Squad. Le marketing avait fait son petit effet, le casting nous donnait sincèrement envie et la production semblait bonne. Puis l'embargo a été levé et les premières critiques américaines sont parues la veille de la sortie française. Et là, c'est le drame. On se moquait du sort réservé à Batman v Superman, mais cette fois, cela encore plus grave. Si le dernier film de Zack Snyder était voué à décevoir (trop de budget, de capes, d'attente), celui de David Ayer a bénéficié de beaucoup d'aide. Qu'il s'agisse des différents visuels, des montages alternatifs ou de scènes ajoutées, Suicide Squad devait être fun comme l'était Deadpool ou Les gardiens de la galaxie. Un fucking bad ass movie. Nous avons tous signé pour un film fun. Mais ce n'est pas ce que nous avons vu !

Parce que Zack Snyder est producteur exécutif sur le film, Suicide Squad n'a pu échapper à la palette de couleurs extrêmement sombre du réalisateur de Sucker Punch. Une contrainte à laquelle David Ayer (Fury, Sabotage) semble tout de même s'être accommodé. Malheureusement, à aucun moment la lumière ne semble véritablement entrer dans la vie de ces "bad guys". Car, dit en passant, ils ont beau être vilains, on ne les voit jamais faire quoi que ce soit de particulièrement méchant. Toute la cruauté de ce Suicide Squad vient en effet de Viola Davis. En Amanda Waller plus féroce que jamais, la première femme de couleur à recevoir l'Emmy Award de la meilleur actrice dans la catégorie dramatique trouve ici une extension de son personnage de How to Get Away with Murder sur grand écran. On comprend dès lors pourquoi les producteurs lui ont proposé le rôle mais pas pourquoi elle a accepté. Les motivations du personnage, particulièrement froid, ne sont jamais explicitées. Un manque impardonnable !

Des personnages en roue libre

A aucun moment les enjeux du film nous apparaissent clairement. Et c'est sans doute le plus gros reproche que l'on peut faire à ce script apparemment écrit en 6 semaines. Il nécessitait plus d'attention lorsque l'on voit comment certains personnages sont traités. Slipknot, le personnage incarné par Adam Beach, est d'ailleurs un parfait exemple. Présent sur les premières affiches, le personnage est tout simplement éliminé à la façon d'un personnage de couleur dans un film d'horreur. Pourquoi ? Eh bien parce qu'à un moment un réalisateur qui ne sait pas faire de film choral s'est retrouvé avec trop de personnages ! En parallèle, Katana et Killer Croc sont clairement sous-exploités. Que leur est-il arrivé ? D'où viennent ils ? Le genre de questions dont les réponses auraient pu nous intéresser et qui ne trouvent jamais leur place dans le scénario.

Passons maintenant aux personnages que l'on nous a survendus. A commencer par le Joker qui, il faut le dire, n'est pas du tout à la hauteur de nos attentes. Après la première photo de Jared Leto dans ce rôle mythique de la bande dessinée, nous ne voulions pas tirer la sonnette d'alarme. Nous aurons dû ! Mal employé, le personnage ne sert qu'à conclure le film et introduire ce que pourrait être une suite. Bien tenté mais c'est raté ! Il en va de même pour Rick Flag qui n'est finalement qu'un boy-scout de plus dans un univers de comics rempli de boy-scouts. Nous avons beau apprécier Joël Kinnaman, il a déjà fait mieux. Beaucoup mieux !

Et comme une catastrophe n'arrive jamais seul, il y a ce vilain qui n'en est pas un. Enfin si. Enfin on ne sait pas ! L'Enchanteresse a beau être une menace pour la planète pendant la moitié du film, rien ne nous garantit qu'elle n'aurait pas pu devenir un atout essentiel pour l'équipe... Et nous ne le saurons jamais ! (Spoiler, désolé.) Car ce qu'il faut retenir de Suicide Squad, c'est qu'en un claquement de doigts, Amanda Waller parvient à réunir un groupe de gens avec des qualifications particulières pour effectuer une mission sauvetage qui ne sauve personne mais force toute la bande à se mettre davantage en danger. Niveau complexité du scénario, on a vu mieux.

Des maladresses certaines

Visiblement pensé comme un film faisant le lien entre Batman v Superman et Justice League, Suicide Squad s'essaye aux caméos. Et c'est encore raté ! Ceux-ci ne sont ni bien écrits ni travaillés mais simplement contractuels. Ben Affleck apparaît en Batman pour arrêter Le Joker et Harley Quinn. D'accord. Il tente de mettre la main sur Deadshot. Beaucoup moins d'accord. Le combat est inégal, Deadshot n'a jamais l'avantage et Batman s'approche du ridicule. Dommage. Puis vient l'apparition éclair d'Ezra Miller en Flash. Si les producteurs voulaient nous montrer son costume, voilà qui est fait. A priori, à poil, ça aurait été encore mieux.

Maintenant, il convient de se poser une question : si Suicide Squad se passe après la "mort" de Superman à la fin de Batman v Superman, pourquoi Barry Allen a-t-il déjà son costume de Flash offert par Bruce Wayne dans le trailer de Justice League ? La question mérite d'être posée et montre à quel point la production s'est tout simplement moquée de nous avec ce blockbuster au budget supérieur à 175 millions de dollars.

Vient enfin le douloureux moment d'évoquer les effets spéciaux… Avec autant d'argent et un studio aussi puissant que la Warner derrière, pourquoi les plans de l'Enchanteresse en plein complot sont ils à peine dignes d'un jeu vidéo distribué sur PS2 ? Si le reste des scènes d'action est correctement chorégraphié et numérisé, ce petit "détail" n'a pas manquer de nous agacer.

Un duo efficace

Bien évidemment, au moment d'évoquer l'un des atouts majeurs de Suicide Squad, impossible de passer à côté du duo Deadshot-Harley Quinn. A eux deux, ils concentrent la quasi-totalité des répliques (censées êtres) drôles et que l'on n'a pas déjà entendues dans les différents trailers. Vilains sans doute, ces deux personnages deviennent rapidement le centre d'intérêt du spectateur qui retrouve un Will Smith beaucoup plus humble et simple que par le passé. En face, Margot Robbie impressionne et éblouit carrément par l'interprétation de Harley Quinn qu'elle livre. Folle certes, elle n'en est pas moins terriblement attachante. A l'instar donc de ce Joker, un personnage qui, on le suppose, sera plus important dans Suicide Squad 2 mais déçoit ici. La faute au jeu de Jared Leto beaucoup trop féminin pour être crédible ou à la performance magistrale de feu Heath Ledger ? Nous vous laissons choisir.

Si la mise-en-scène de Suicide Squad n'a pas de quoi faire pâlir un Marvel, le film de David Ayer dispose d'une bande originale intéressante et sur laquelle on retrouve au hasard Rick Ross, Skrillex, Lil Wayne, Wiz Khalifa, Action Bronson, Twenty One Pilots, Kevin Gates, Eminem, Skylar Grey, etc. Mais elle aurait été encore plus intéressante si tout cela ne sentait pas la volonté de "faire cool". Car il est difficile de ne pas faire le rapprochement avec Les Gardiens de la Galaxie, alias LE film cool du studio Marvel qui dispose d'une bande originale déjà culte. A trop en faire, la Suicide Squad se crame encore les doigts.

En conclusion

Franchement brouillon, le scénario est une véritable déception. Si le visuel est globalement correct, nous restons loin de la claque fun attendue. Qui plus est, les personnages féminins (à l'exception de Harley Quinn) sont ou mal employés ou mal écrits, laissant ainsi le thème du héros torturé aux hommes - encore une fois. Déception certes, Suicide Squad demeure tout de même un blockbuster assez couillu comme les Américains savent en faire. Légèrement moins sombre que Batman v Superman, le dernier film de David Ayer aurait pu être bien meilleur. En tout cas il prouve une fois de plus que Marvel a un savoir-faire que DC Comics n'a pas (encore).
 
wyzman

 
 
 
 

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