Wild Rose n'est pas seulement le film qui aura révélé Jessie Buckley. Entre réalité (sociale) et rêve (musical), le film est une pépite qui charme et enchante. Parfaits pour l'été.



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 (c) Ecran Noir 96 - 19


  



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Midnight special


USA / 2015

16.03.2016
 



ALTON GO HOME





"Ils pensent que tu es une arme. "

Étonnant objet que ce Midnight special qui commence comme un thriller minimaliste et intime, incroyablement mystérieux et tendu, et qui s'achève comme un mélo insupportable mâtiné de science-fiction et de bons sentiments spielbergiens. Dans la première heure du film, Jeff Nichols tient et le film et le spectateur, happé par la sécheresse de ce récit étrange qui se révèle par petites touches. Il est question de l'enlèvement d'Alton, un enfant aux pouvoirs surnaturels, d'une étrange communauté aux croyances apocalyptiques, de données étatiques confidentielles... Le rythme est soutenu, limpide, sec, sans le moindre plan inutile. Il règne à l'écran une urgence rendue palpable par les scènes courtes, l'absence de détours, l'emballement immédiat de l'intrigue.

Le film fait alors l'effet d'une chasse à l'homme implacable, dangereuse et trouble, qui ne peut s'enraciner que dans des causes grandioses et terribles, et dont l'issue ne peut qu'être fatale. C'est là le plus grand risque avec ce type de films : créer un mystère si épais, si complexe, si fascinant, que sa résolution ne soit pas à la hauteur, et laisse un sentiment non seulement de déception, mais aussi d'escroquerie.

Or c'est exactement ce que fait Midnight special : trahir l'attente du spectateur en se transformant peu à peu en un objet banal (disparu, le mystère laisse place à une histoire somme toute peu singulière et surtout particulièrement tirée par les cheveux), voire bancal (entre invraisemblances, détails passés sous silence et personnages abandonnés en chemin), qui s'affadit de minute en minute, jusqu'à tourner au ridicule.

Comment un tel revirement est-il possible ? C'est probablement le scénario qui est le premier à blâmer : résolution simpliste, personnages à peine esquissés, succession de séquences tire-larmes... Mais même la mise en scène se fait plus pesante au fur et à mesure de la progression de l'intrigue, multipliant les plans sur les visages tristes ou préoccupés des deux adultes, avec une palme du surjeu pour Kirsten Dunst qui n'a absolument rien d'autre à faire que rouler des yeux, hocher la tête avec douceur et prendre un air mi-inquiet, mi-désespéré. On a tellement vu cette figure caricaturale du parent-prêt-à-tout-sacrifier-pour-sauver-son-enfant, interprétée avec la même outrance, et suggérant la même ligne émotionnelle, qu'elle nous sort tout bonnement par les yeux.

Tout occupé qu'il était à réaliser sa grande œuvre de science-fiction à gros budget, Jeff Nichols a perdu en cours de route ce qui faisait jusque-là l'essence de son cinéma : une extrême simplicité alliée à un immense talent de conteur. Midnight special était probablement destiné à être son E.T. (on peut aussi penser à Rencontres du 3e type du même Spielberg, ou à Starman de John Carpenter), et qui n'aurait pas envie de s'inscrire dans cette tradition ? Mais cette fois le réalisateur a tout simplement mis la barre trop haut, oubliant que pour marcher sur ces traces-là, il faut plus de cœur et de sincérité que d’esbroufe et de bons sentiments.
 
MpM

 
 
 
 

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