90's, premier film du comédien Jonah Hill, est un portrait de jeunesse aussi délicat que touchant. Dans le lLos Angeles des skaters, où musique et skets dictent leurs lois, on suit une bande d'ados désœuvrés qui stoppent le temps sans cesser de rêver.



Cold Blood Legacy
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Liz et l'oiseau bleu
The Highwaymen
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007 Spectre (Spectre)


/ 2015

11.11.2015
 



PROTOCOLE FANTÔME





"Nous surveillons tout le monde".

Skyfall was the Limit. Shakespearien, tragique et politique, Skyfall a atteint des niveaux inattendus pour un blockbuster, régénérant une franchise vieille de cinq décennies. Spectre, quatrième épisode d’une saga relancée avec Daniel Craig et remontant aux origines cinématographiques de l’espion 007 (dur, tueur, moins dragueur, plus buveur, bref empli de noirceur), n’est pas de la même trempe. S’il prolonge la série avec une logique respectable, s’il nous offre quelques moments de nostalgie, comme on s’y attend désormais, ce 24e James Bond est un bon film, troué par de nombreux défauts. A vouloir faire trop douter l’agent sa Majesté, on en vient à douter de son envie de rester une icône, de poursuivre son rôle, de rester mythique, et donc éternel. Le voilà qui veut devenir mortel, voire profiter d’une retraite (bien méritée certes).
En cela le duo Sam Mendes-Daniel Craig ont parfaitement planifié leur coup. Ce pourrait être la fin. L’ultime James Bond, en tout cas pour eux. Car vu ce qu’il rapporte et les enjeux financiers qu’il porte, on va en prendre encore pour quelques épisodes.

James Bond ne suffit plus?

Spectre a un défaut majeur dans sa cuirasse dure à cuire. Son scénario semble calquer sur le dernier Mission:Impossible. De M:I 5 au MI6, il n’y a qu’un pas. Deux espions renégats, oeuvrant dans l’ombre, en compagnie d’une cellule clandestine, avec une taupe à l’intérieur de leurs services. Et derrière cela, une pieuvre mafieuse sophistiquée. C’est la naissance d’un ennemi que nous connaissons bien, le borgne au chat blanc. Mendes continue donc le récit de James Bond, juste avant Dr. No. Au passage, ses derniers ennemis, Bardem, Amalric, Mikkelsen, apparaissent (dès le générique) comme des pions de l’ultime méchant, Christoph Waltz, bien moins effrayant à force de jouer toujours de son registre ambiguë et cabotin qu’un Javier Bardem. C’est l’autre problème de Spectre. Le méchant n’est que sentimental et sadique. Et la James Bond Girl, Léa Seydoux, classe à souhait (et toujours habillée pour l’occasion, même en plein désert, le glam c’est inné), hérite d’un joli personnage malheureusement affreusement écrit. Il n’y a pas un gramme de cohérence dans ses réactions et elle ne peut jamais tisser la moindre relation intense avec un 007 (déjà peu libidineux avec l’âge et l’alcool). Reste son délicieux nom de Madeleine Swann, hommage proustien qui renvoie au thème du film : le passé et ses souvenirs.

Tuer ne fait plus jouir

L’autre sujet est plus orwellien : le contrôle des données informatiques et l’hyper surveillance globalisée. Mais comme à son habitude, Sam Mendes préfère les chemins de traverse. Le QG du méchant est le décor d’un duel. Pour son explosion, ce sera furtif et sûrement pas le final. Il aime les épilogues intimistes, les faces à faces de mâles à mâles. Pas question d’ouvrir le champagne avec la blonde dans ses bras. Là où Mendes, qui connaît bien son Manuel du James Bond, offre une variante plus intéressante (pour la suite) est ailleurs. James Bond, vestige du passé, de la guerre froide, n’a plus beaucoup de gadgets futuristes. Faute de savoir se servir correctement d’un ordinateur, le voici dépendant de Q, geek indispensable pour aider Ethan James Hunt Bond. Désormais 007 fait équipe avec Ben Whishaw et Naomie Harris aka Ms Moneypenny. Il ne peut plus lutter seul dans ce monde décidément très complexe.

On comprend alors que le héros doute. Entre un passé qui ressurgit, le deuil de M chérie, l’informatique qui semble plus fatal qu’un flingue, et un discours pacifiste qui le séduit, James Bond semble se dire que la vie à la Jamaïque ce n’est peut-être pas mal.

Ce serait dommage parce qu’après toutes ces considérations : le spectacle est encore au rendez-vous. L'impressionnant prologue à Mexico, avec explosion d’immeuble, carnaval dantesque, et ballet d’hélicoptère, mérite à lui seul le détour. Le caméo de Monica Bellucci (sous exploitée !), et toute la séquence romaine, rappelle que l’image n’a jamais été aussi belle avec Mendes, ici accompagné du chef op Hoyte Van Hoytema (Interstellar). Si on est moins convaincu par un final un peu trop classique, il reste des moments intenses (les Alpes autrichiennes dans leur ensemble davantage que la partie marocaine un peu trop fétichiste et irréelle).

On ne revit que deux fois

007 l’avait clamé dans Skyfall : il a un don pour la résurrection. En ouvrant le film le Jour des morts, déguisé en squelette aumilieu d’un gigantesque carnaval qui fait écho au vaudou d’Vivre et laisser mourir, il est fidèle à son credo. Il mourra un autre jour. Il a ce talent, cet art de la survie. Le réalisateur a su encore impressionner. Et l’acteur maîtrise parfaitement son personnage. De l’Aston Martin (again) à l’assassin brutal qui brise le charme dans un train vintage improbable, du cynisme de l’organisation Spectre aux manips politiques du gouvernement anglais, tous les ingrédients y sont pour faire plaisir aux fans et divertir le spectateur. Mais on reste insatisfait. Sans doute parce que l’orgasme avait été trop bon avec Skyfall. Cependant cette histoire de voyeurs, de liens du sang, de jalousie et de traumas d’enfance aurait peut-être gagnée à être mieux écrite.

Il restera l’idée que l’hélicoptère est dangereux et que si on a le permis de tuer, on aussi le droit de ne pas tuer. « Vous êtes un cerf volant qui danse dans un ouragan, Mr Bond » lui répète-t-on deux fois dans le film. On aurait plutôt dit un fantôme qui résiste au temps, et aux tempêtes. Nul ne doute, avec ou sans Craig, qui aura été un immense 007, que James Bond reviendra. Il est notre madeleine, celle qui nous rassure quand le monde devient fou : lui est toujours et encore là, immuable, comme dans notre enfance.
 
vincy

 
 
 
 

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