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L'Adieu de Lulu Wang est à la fois un portrait de famille et un portrait de la Chine contemporaine qui refuse de reconnaître ses faiblesses. Un voyage initiatique sensible et touchant, porté par une mise en scène qui oscille entre le burlesque et le documentaire.



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 (c) Ecran Noir 96 - 20


  



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Spy


USA / 2015

17.06.2015
 



ESPIONNE MAIS PAS TROP






"Voilà ce qu'on fait: je passe à la machine Volte-Face, je change de visage!"

Encore un film d'espion drôle et satirique: Austin Powers, Johnny English, OSS 117, le culte Top secret des ZAZ, Max la menace, sans oublier le récent Kingsman Services Secrets, tout cela n'a rien de neuf. Mais de la part du réalisateur et de l'actrice de Mes meilleures amies et des Flingueuses (en attendant leur SOS Fantômes au féminin), on peut s'attendre à une variation pimpante.

Spy joue à peu près dans la même catégorie. Mais ici point de scènes au ralenti qui dénaturent le récit, Spy est une comédie sur l'espionnage qui se veut satirique mais véhicule aussi un message (pas vraiment top secret ultra confidentiel): ne jugez pas trop vite les personnes sur leur apparence (la pauvre assistante ronde que personne ne voit comme une James Bond en puissance). Mais surtout, grâce à sa popularité, son bagout, son sens inné de la farce, Melissa McCarthy s'amuse des clichés hollywoodiens, avec une perverse subversion et prouve qu'on peut ne pas être botoxée, filiforme, blonde et sexy pour être compétente et avoir le bon rôle. Délicieuse et terriblement drôle (comme d'habitude), elle est accompagnée de Jason Statham, à contre-emploi. De Cellular au Transporteur, en passant par le dernier Fast & Furious, l'acteur est un habitué des rôles de gros bras et/ou de méchants mais pas à ceux qui font rire (quoique certains de ses rôles sont si peu crédibles qu'on en rigole). Pour Spy Jason Statham s'est métamorphosé en agent stupide, imbu de lui-même et s'autorise à une autodérision qui frôle l'hilarité. C'est ainsi que Jason nous offre un échange mémorable avec Melissa dans une chambre d'hôtel délabrée de Paris: l'agent presque super-héros explique durant plusieurs minutes comment il s'est ranimé tout seul après avoir connu la mort ou encore comment il a survécu à une chute d'un building. Jude Law joue les parfaites doublures de James Bond.

Ajoutez à cela un paquet de situations délirantes (la rave party, le lendemain de soirée inattendue en fin de film, le correspondant italien légèrement trop pervers...) et vous obtenez un mix entre Very Bad Trip, Rush Hour et un Steve Martin. Certes, le film aurait gagné à mieux équilibrer la comédie et l'action, le second degré et le thriller (on se souvient de L'arme fatale ou True Lie qui avait accentué un genre sans renier l'autre), au risque de se transformer en simple comédie pastiche. Mais le plus intéressant chez Feig est ailleurs: il est l'homme qui inverse les genres (dans le sens gender). Les femmes y sont les mecs et inversement, les mecs n'ont jamais rien d'héroïques. Une fois de plus, il réhabilite le sexe dit faible pour désamorcer les préjugés d'un cinéma américain toujours très paresseux quand il s'agit de montrer autre chose qu'un stéréotype.
 
Cynthia

 
 
 
 

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